Parlons d’histoire, et d’imprimerie. Gutenberg devait certes avoir été un homme très compétent, mais à ce jour, le premier livre dans l’histoire de l’homme à avoir été imprimé à l’aide de caractères mobiles métalliques n’est pas sa fameuse bible, contrairement à ce que l’on peut encore lire dans de récentes publications. Voici (pour cause de paresse) l’extrait d’un courrier envoyé ce jour à Monsieur Léon Mercadet, écrivain et journaliste :

(…) Je souhaitais vous exprimer le plaisir que j’ai eu à lire votre Culture Confiture, qui abonde en anecdotes historiques parfois dramatiques, souvent farfelues, toujours passionnantes. Toutefois, parmi le florilège de faits avérés, je suis tombée sur la phrase suivante (dans le chapitre « Plus de traces des premiers sillons ») :

« Nous connaissons le premier livre imprimé, en 1450, la Bible de Gutenberg. »

Bien que cela ne remette votre chapitre en cause, cette « vérité » énoncée ci-dessus et qui nous a été rabâchée depuis la petite école n’est plus. Publié en 2003, votre livre aurait pu prendre en compte un évènement historique datant de juin 2001. Il s’agit de l’inscription au programme de l'UNESCO « Memory of the World » (FR) de l’ouvrage suivant : Jikji Simche YojeolIdentification de l’esprit du Bouddha par la pratique du zen »), désormais reconnu comme étant le premier livre à avoir été imprimé à l’aide de caractères mobiles métalliques. Datant de juillet 1377, il précède de 73 années la fameuse Bible de l’ingénieux Gutenberg.

JikjiRapporté de Corée par le Chargé d’Affaires à l’Ambassade de France de Séoul en 1887, M. Collin de Plancy, également fervent collectionneur, cet ouvrage fut présenté à l’Exposition Universelle de Paris en 1900 avant de tomber dans l’oubli pendant 72 longues années. C’est alors qu’il est exhumé des archives poussiéreuses de la Bibliothèque Nationale de France pour être à nouveau dévoilé au public dans le cadre de l’exposition « Livre. » Il a depuis été expertisé et réhabilité, dans la plus grande indifférence générale. Toutefois, j’ose espérer que le chapitre « histoire de l’imprimerie » de nos livres scolaires sera prochainement mis à jour en tenant compte de cette récente et passionnante découverte, que nous devons au travail de Madame Byeng-sen Park et dont je recommande le livre, Histoire de l’imprimerie coréenne (des origines à 1910) fort bien documenté.

Peut-être cette anecdote mériterait-elle un chapitre à elle seule dans une future édition de Culture Confiture ?