Parmi les quelques centaines de termes anglais qui se sont infiltrés dans la langue coréenne depuis la fin de la guerre et le début de « l’occupation » américaine, quelques mots bien français s’y sont égarés (probablement importés par le biais de l'anglais d'ailleurs), gardant pour la plupart leur définition d’origine. Une fois habituée à la prononciation des coréens (qui ont tendance à doubler les syllabes pour en faciliter l’articulation – ex. crayon prononcé cou-ray-on), l’oreille attentive surprend alors des vocables familiers tels que :

  • Chandelier ;
  • Vacances (prononcé avec un B à la place du V) ;
  • Pain (qui ressemble plus à un coup de feu du style « Pang » avec son P doublé fortement accentué).

D’autres mots n’ont pas eu la chance de conserver leur intégrité académique et ont vu leur signification se ternir de sous-entendus grivois, tels que :

  • Madame qui désigne en Corée la patronne d’un établissement aux hôtesses plus que serviables ; Employé avec un nom de famille, le titre de la respectable Madame se place en première position dans l’intitulé (comme en français) tandis que son doppelgänger suit l’ordre inverse. (Ouf, l’honneur de Madame Choi reste sauf).
  • Salon qui va de pair avec Madame puisqu’il désigne ledit établissement peu recommandable.

Parmi les rares termes ayant pris du galon, boutique poursuit une belle carrière au pays du matin calme, où elle expose exclusivement des vêtements de créateurs (eux-mêmes souvent propriétaires de ces boutiques exclusives).

- Merci à Mademoiselle Kim d'avoir inspiré ce billet ! -