25 février 2007
Lapin-garou et an 2012
La Corée dans l’actualité, c’est d’abord l’impression d’un nouvel aveu de la Corée du Nord qui, en s’intéressant à l’importation et à l’élevage de lapins géants d’Allemagne, semble confirmer une nouvelle fois l’existence d’un réel problème de famine touchant ses 23 millions d’habitants (que la malnutrition a rendu d’autant plus vulnérables à la rougeole, qui sévit depuis novembre 2006). Avec 7kg de viande comestible par animal, le lapin géant serait a priori LE remède-miracle, mais qui dit méga-civet dit aussi gros appétit : l’animal se nourrirait d’un kilo de graines et de légumes par jour. Ce qui fait dire à Ohmynews que quelques millions de ces bestioles pourraient finir par consommer quotidiennement plus de riz et de pommes de terre que toute la population nord-coréenne réunie…
Pendant ce temps-là, le sud-coréen moyen vit en plein futur sans le savoir. C’est du moins l’avis de Benjamin Joffe qui confie à MétroFrance que « le technophile parisien de l'an 2012 est (…) à peu de choses près un mix du Séoulite et du Tokyoïte d'aujourd'hui. » En effet, le Séoulite d'aujourd'hui profite de services dont le parisien rêve encore, notamment la couverture du métro par les réseaux télécom, ou encore, la réception et la visualisation de ses émissions TV favorites sur l’écran haute résolution de son portable. Un petit tour dans les transports confirme le nouveau statut de cet accessoire indispensable (pardonnez l’oxymore), devenu le meilleur ami des coréens qui ne s’en séparent pour ainsi dire jamais.
Sinon, en vrac :
- Kim Jong-il s’en prend aux voitures nippones qui osent tomber en panne et bloquer les routes de son beau pays (au vue des autoroutes vides, on est en droit de se demander comment un seul véhicule peut causer tant de désagréments au « grand leader ».)
- Un premier pas vers le désarment nucléaire de la Corée du Nord ? (ou encore une nouvelle promesse creuse pour parer au plus pressé ?)
- A Berlin, Park Chan-wook n’est pas reparti les mains vides puisque son film (I’m a cyborg but that’s OK) a été récompensé du prix Alfred Bauer.
- Gmail est désormais ouvert à tous les coréens sans invitation (tentative de Google pour récupérer les utilisateurs de son grand concurrent Naver ?)
22 février 2007
Seonsik, la potion magique des coréens
Inconnu des dictionnaires, le terme 선식 (sunsik ou seonsik) est pourtant bien coréen et fait référence à un mélange savamment dosé de graines, de végétaux séchés et de graminées, réduits en une fine poudre destinée à être consommée diluée dans un grand verre de lait ou d’eau assaisonné au miel liquide. Conscients de la popularité grandissante des produits libellés well-being (un anglicisme dont les coréens sont friands), les grands supermarchés consacrent tout un rayon à cette boisson dont les bienfaits sont évoqués avec grandiloquence par les vendeuses, généreuses en échantillon. A priori peu engageant, le breuvage – dont couleur varie selon les ingrédients – ne manque cependant pas de goût. Ceux qui ont du mal avec le bol de riz et la soupe dès le matin apprécieront l’alternative.
La santé étant une "affaire" sérieuse en Corée, il faut toutefois y mettre le prix. A titre d’exemple, pour 2,5kg du mélange Seonsik du matin (아침선식) de la marque Mother Love (엄마사랑), comptez 38 000 WON (soit environ 31 EUR). Mais à ce prix-là, vous en aurez pour votre argent. Voyez un peu les ingrédients : riz non mondé, riz glutineux, orge, haricot noir, maïs, sorgho, blé, châtaigne, igname sauvage, chou, oignon, armoise, algue, épinard, courge, champignon, aiguille de pin, cacahuète, sésame noir, graines de tournesol, graines de courge et plein d’autres choses encore que mon dictionnaire n’a pas cru bon répertorier. De quoi démarrer la journée du bon pied. Et quoi de mieux pour accompagner cet élixir énergétique que le seonsik cookie, une barre céréalière essentiellement à base de haricots noirs (aux propriétés digestives reconnues) et ne contenant bien entendu pas un gramme de sucre. Là encore, il va falloir débourser 20 000 WON (16 EUR) pour la boîte de 600g. Mais tout le monde le sait : la santé n’a pas de prix…
19 février 2007
My Korean Kitchen

Découvert au hasard d’une heureuse recherche googlelienne, My Korean Kitchen est un blog anglophone dédié à la cuisine coréenne (avec en prime, de petits bouillons de culture, indissociables de la gastronomie). Tenu par Sue - une jeune coréenne dont le mari (américain ? australien nous précise-t-elle) n’est autre que le relecteur/correcteur - depuis mars 2006 (à se demander comment il se fait que je ne sois pas tombée sur ce carnet culinaire-clandestin plus tôt), il détaille les recettes présentées étape par étape avec photos à l’appui et traite également de différents produits (alimentaires ou ménagers) typiquement coréens tel ce gril à barbecue, testés et approuvés (ou non) par l’auteur en personne. Bref, une alternative nettement plus accessible que le néanmoins excellent Namool, pour s’initier aux plaisirs de la cuisine coréenne ET fusion en toute simplicité. Quant à la première recette que Madame Choi va tester, elle est déjà toute choisie…
16 février 2007
Nouvel an lunaire
Ce dimanche 18 février très précisément, les coréens fêteront ce que nous autres appelons le nouvel an « chinois ». Pour ceux qui l’auraient oublié, les pâtissiers se font un plaisir de nous rappeler que l’année du cochon est bel et bien arrivée et déclinent l’heureux porcelet en version glacé, meringué, fourré, chocolaté…
설날 (Seollal) est avec 추석 (Chuseok) une célébration essentielle aux yeux des coréens qui à cette occasion se réunissent en famille pour une cérémonie matinale consistant à se prosterner devant les aînés et à recevoir à son tour l’hommage des cadets. Les enveloppes garnies sont le cadeau de rigueur ce jour-là. Une table d’offrande – comparable à celle de 추석 – est également dressée. Les mets sont ensuite consommées lors du repas qui réuni toute la famille autour d’un grand festin dont le menu inclus l’incontournable 떡국 (soupe de pâte de gâteau de riz garnie de raviolis, de bœuf haché et d’œufs), symbole de maturité ou de l’année passée que l’on « mange » et qui nous fait donc vieillir d’un an.
Pour comprendre l’importance du calendrier lunaire en Corée, il faut se souvenir de la tradition agricole du pays, qui s’en est longtemps remis aux cycles lunaires pour optimiser ses cultures. En effet, le calendrier lunaire, décomposé en 24 segments (절기) répartis tout au long de l’année (« petit froid », « grand froid », début du printemps, réveil des insectes, équinoxe vernal et ainsi de suite), a l’avantage de « coller » au climat et permet ainsi de faire des prévisions relativement fiables (nos météorologues pourraient d’ailleurs s’en inspirer…)
15 février 2007
L’enveloppe garnie
Spécialité du pays du matin calme, l’enveloppe garnie ne se mange pas mais s’offre et se reçoit en diverses occasions. En l’absence de listes de mariage ou de naissance – concepts inconnus dans cette contrée – l’enveloppe garnie est LE cadeau à offrir lorsque l’on est invité à célébrer en grandes pompes l’union sacrée entre deux être ou encore, le premier anniversaire d’un petit d’homme. L’enveloppe garnie s’échange également à Seollal (nouvel an lunaire), où elle témoigne de la gratitude des aînés envers les cadets venus leur rendre hommage.
Son aspect étant identique d’une enveloppe à l’autre, elle ne se distingue que par l’épaisseur de son contenu, diplomatiquement tenu secret. Elle évite ainsi l’embarras du cadeau impropre, raté ou encore ostensiblement bon marché. Elle fait également l’impasse sur la traditionnelle carte de vœux dont le remplissage s’avère toujours un exercice stylistique de haute voltige où l’on risque à chaque mot de s’échouer sur l’écueil des insignifiants blablas à l’eau-de-rose. Bref, l’enveloppe garnie présente de nombreux avantages à ne pas négliger lorsque l’on est en quête d’un cadeau utile est surtout, qui fasse plaisir à tous les coups (qui que soit le bénéficiaire).
13 février 2007
Oyez, amoureuses d’aujourd’hui (et surtout de demain) !
Mesdemoiselles, mesdames, ne vous attendez pas à recevoir un petit quelque chose de votre chéri ce 14 février. En Corée, le jour de la Saint-Valentin, ce sont les hommes qui se font gâter par leur bien-aimée. Et à cette occasion, le chocolat est un impératif. Vous l’avez sans doute remarqué : les étals des supermarchés débordent de gourmandises en hommage au dieu de l’amour, à offrir tel quel ou à personnaliser. On se croirait à Pâques, avec des cœurs en guise de lapins…
Pour se faire dorloter à notre tour, il va nous falloir attendre encore un mois, jusqu’au 14 mars. Ce jour-là porte le doux nom de white day (il est vrai que « be my Boniface » le fait moyen) et offre l’opportunité à ces messieurs d’extérioriser leur doux sentiment. (Il faut reconnaître que ce système présente l'avantage de diminuer considérablement les risques de se prendre un rateau, la fille s'étant déclarée la première un mois plus tôt.)
Quant aux oubliés de Cupidon, ils pourront se consoler mutuellement le 14 avril – rebaptisé black day pour l’occasion – autour d’un bon 짜장면 (d’où le nom…)
10 février 2007
« Demandez le programme ! »
Festivaliers du 57ème Berlinale (qui se tient cette année du 8 au 18 février), amateurs de cinéma coréen, le pays du matin calme s’invite en Europe avec pas moins de huit films au programme et dont voici la liste et les horaires. Vous constaterez en allant sur le site officiel que toutes les séances du
dernier film de PARK Chan-wook (qui a d’ailleurs fait le voyage avec ses deux têtes d’affiche, LIM Soo-jung et JUNG Ji-hoon) affichent déjà complet. I’m a Cyborg but that’s OK est en compétition avec Hyazgar (Desert Dream) du réalisateur sino-coréen ZHANG Lu, une production franco-coréenne. Parmi les autres films coréens du festival, Like a Virgin de LEE Hae-joon et LEE Hae-young, Ice bar de YEO In-gwang, Woman on the Beach de HONG Sangsoo, Dasepo Naughtly Girls de E. J-yong, No regret de LEESONG Hee-il et Ad Lib Night de LEE Yoon-ki. Bonnes séances...
Pendant ce temps-là, nous autres profiteront des dernières sorties françaises à Séoul, à savoir Paris, je t’aime et Fauteuils d’Orchestre (qui donne en Coréen « Les Amoureux de Paris »).
08 février 2007
Fleurs d’encre
Contrairement à l’idée que l’on peut se faire des œuvres à l’encre de chine, représentant souvent des scènes figées monochromatiques, les tableaux de Lee Dong Hun dégagent un parfum d’inachevé, de fragile souffle en suspens. Et si l’encre semble encore se mouvoir dans les replis de ces délicats pétales, c’est que l’artiste ne lui a pas laissé le loisir de se fixer. En effet, sitôt peinte, la toile est photographiée dans l’espoir de saisir un aperçu des nuances infinies de la sépia en mouvement.
Du 7 au 13 février, Lee Dong Hun, originaire de Pusan, vous accueille en personne dans l’intimité d’une petite galerie d’Insadong. Si son français est un peu rouillé (il a étudié cinq années dans notre beau pays), il sera néanmoins ravi de tailler une bavette en anglais coréen.
Gallery I
Tél. 02-733-3695




