Bien que tous les médias de la planète (ou presque) aient déjà couvert l’évènement, Madame Choi ne pouvait pas ne pas parler ici de cette semaine riche en temps forts. Non, il ne s’agit pas de la Paris fashion week mais de la rencontre entre le président sud-coréen Roh Moo-hyun et le leader nord-coréen Kim Jong-il. Pendant trois jours, les journalistes ont observé, analysé, disséqué le moindre geste, la moindre parole de l’un ou l’autre des dirigeants afin d’y lire les signes que tous attendent : une réconciliation prochaine. Bien que le chemin soit encore long, l’espoir est pourtant de mise, malgré le pessimisme des investisseurs qui se reflètent dans la pusillanimité des marchés boursiers. On avait de quoi être septique : la première réunion au sommet entre Nord et Sud en 2000 (Kim Dae-jung était alors président de la Corée du Sud) n’ayant pas vraiment fait avancé le smilblick.
sommetMalgré un accueil chaleureux et fleuri de la part des nord-coréens (impossible de s’imaginer Kim Jong-Il reçu avec les mêmes égards à Séoul), le soir du 2 octobre dernier, on ne parlait qu’avec inquiétude de l’attitude distante de l’hôte de ce sommet envers son homologue sud-coréen, de quatre ans son cadet (oui, en Corée c’est important de connaître l’âge de son interlocuteur pour savoir quelle conduite adopter à son égard). Mais le lendemain, après la remise des cadeaux que Roh avait apportés (parmi lesquels un paravent de nacre, un plat en céramique richement décoré, du précieux thé, et quelques centaines de DVDs de films sud-coréens, notamment ceux mettant en scène Lee Young-ae que l’on croit l’une des actrices préférées du leader), l’atmosphère paraissait nettement plus détendue, Kim Jong-il s’autorisant même un peu d’humour devant les journalistes. Il alla jusqu’à s’enquérir du bon déroulement du séjour de Roh : « le divertissement d’hier soir vous a plu ? (il s’agissait en l’occurrence du spectacle de masse intitulé Arirang) ; « vous resterez bien un jour de plus chez nous ! » Mais les deux moments clés que l’histoire retiendra surtout furent :

  • la traversée symbolique de la ligne de démarcation entre les deux Corées par le président Roh et son épouse, à pied ;
  • la ratification d’un texte qui devrait déboucher sur des échanges économiques accrus et surtout, la signature d’un vrai traité de paix qui mettrait enfin un terme à un conflit vieux de plus de cinquante ans.

Il était grand temps. Continuons à croiser les doigts…