Après plusieurs jours d’un froid plutôt vif pour la saison, les oiseaux étaient sur le départ le weekend dernier, l’occasion pour Madame Choi de parler d’une autre sorte de migration, celle des papas, ou plutôt des 기러기 아빠 comme on les appelle ici (et qui signifie mot pour mot « papa oie sauvage »). A l’instar des futures mères fugueuses, cette espèce de papas migrateurs est en voie de prolifération. Toujours avec ce même objectif de mettre toutes les chances du côté de leur progéniture, les mamans coréennes sont de plus en plus nombreuses à s’exiler au loin (aux Etats-Unis, par exemple) avec leur enfant pour que ce dernier suive l’éducation qui le rendra plus compétitif lorsque l’heure de faire ses premières armes sur le marché du travail aura sonnée.

Forcément, une telle éducation a un coût. (C’est la raison principale qui dissuade les parents coréens de faire plus d’un rejeton.) De part son rôle de chef de famille, c’est au papa que revient la lourde responsabilité de subvenir aux besoins de sa descendance en restant au pays afin de travailler. Le voilà donc contraint de « migrer » au gré de ses congés pour retrouver sa petite famille, bien installée à l’autre bout du monde. Le papa coréen fait décidément bien des sacrifices pour assurer un avenir radieux à son chérubin. Ce dernier lui en sera-t-il reconnaissant ? Rien n’est moins certain…