26 avril 2009
Kilsangsa – un temple en ville
Les cerisiers ont beau avoir perdu leurs fleurs, les arbres n’en sont pas moins colorés pour autant avec leurs guirlandes de lanternes bariolées, invitation à fêter le festival des Lanternes de Lotus qui précède d’une semaine l’anniversaire du Bouddha, jour férié national célébré cette année le 2 mai. Clou du spectacle, la parade des lanternes qui aura lieu ce soir (à partir de 19H et jusqu’à 21H30) et qui illuminera de ces 100 000 luminaires l’avenue de Jongno. Ceux qui préfèrent éviter la foule peuvent toujours se rendre dans l’un des autres temples de la capitale, comme celui de Kilsang, au cœur du quartier résidentiel des ambassadeurs, à proximité du palais Gyeongbok. Visite guidée avec bébé Choi :
Première constatation, le bâtiment principal n’a pas vraiment l’air d’un temple, mais plutôt l’allure d’une maison traditionnelle, et pour cause : il s’agissait autrefois d’un restaurant du nom de Daeweongak (대원각), très populaire auprès des personnalités politiques et des différents présidents qui se sont succédés à la maison bleue (nom de la résidence du chef de l’état coréen, située de l’autre côté du même palais Gyeongbok) jusque dans les années 80. C’est en 1987 que la propriétaire du lieu, Madame Kim Yeong-han, fit part de son souhait de faire don de son bien aux moines bouddhistes. Son vœu sera exaucé dix ans plus tard, le 14 décembre 1997 très exactement, date du premier service bouddhiste célébré dans cette ancienne brasserie convertie.
Surtout, ne pas oublier de se déchausser avant d’entrer saluer Bouddha.
En douze ans, le lieu s’est enrichi de plusieurs nouveaux bâtiments (salle de conférence, bibliothèque, second temple, et même une « annexe » en région parisienne…) mais sa particularité reste son esprit d’accueil, car Kilsangsa se veut un endroit ouvert à tous et où chacun puisse y trouver un peu de sérénité, sans avoir à se convertir au bouddhisme. Nombreux sont donc ceux qui viennent simplement s’y promener, y pique-niquer, y boire une tasse de thé dans le petit salon prévu à cet effet...
Site Internet :
Adresse en France :
KIL SANG SA Maison de Méditation
Association Bouddhique Coréenne
32 rue du Petit Bois
77200 Torcy
Tél. : 01 60 17 39 59
20 avril 2009
Des fleurs ou des garçons ?
Depuis quelques mois déjà, les gradins des compétitions sportives (ou autre) se remplissent régulièrement d’étranges slogans (« 꽃보다 xxx ») ; les magazines de mode ne parlent plus que du style preppy ; les coiffeurs ne connaissent plus que la coupe à la « Gu Jun-pyo » ; les boulangeries voient leur vente de petits gâteaux à l’effigie du même Gu Jun-pyo s’envoler tandis que les jeunes couples se ruent vers les destinations ensoleillées de la Nouvelle Calédonie pour un pèlerinage romantique (via Upi Bay, Kanumera Bay, Oro Bay, ou encore l’Île des Pins). Mais de quoi parle donc Madame Choi ? De ces quatre garçons (dans le vent) qui ont envahi le petit écran en même temps que le cœur des millions de jeunes coréennes qui ont suivi leurs aventures (amoureuses) depuis janvier, dans la série 꽃보다남자 (« Boys over Flowers ») produite par KBS. Dès les premiers épisodes, les fans répondent présents et l’audimat explose – prouvant une fois de plus que les histoires de Cendrillon feront encore et toujours recettes auprès des adolescentes. Le concept nous vient du Japon où le manga du même nom, composé de quelques 37 volumes (!) était déjà un best-seller avant de devenir une série télévisée.
L’histoire, elle, est toujours la même (pourquoi changer une équipe qui gagne ?). A la base du succès de cette franchise, quatre lycéens aux allures de playboys surnommés les F4. Madame Choi a d’abord cru naïvement qu’il s’agissait peut-être là d’une allusion aux Fantastic Four. Que nenni ! F4 veut tout simplement dire « Flower Four », une expression qui peut faire sourire, mais il faut savoir qu’en Corée (et peut-être aussi au Japon ?), on octroie bien souvent au joli garçon le surnom de 꽃미남 (« beau comme une fleur », ou comme un cœur dirons-nous plutôt en français.) Mais ces F4 possèdent bien d’autres atouts que leur seul apparence : tous héritiers de puissants chaebols, ils sont riches à ne plus savoir que faire de leur argent de poche, qu’ils dépensent en vêtements griffés (car ils sont bien entendu dispensés de porter l’uniforme du lycée, celui-ci appartenant au groupe Shinhwa dont Gu Jun-pyo, chef de notre petite bande d'apprentis gentlemans, n’est autre que le successeur.) Leur passe-temps favori : bizuter les nouveaux élèves par le biais de sous-fifres entièrement acquis à leur cause. C’est là qu’intervient notre Cendrillon, Jan-di, jeune fille de modestes origines et justicière des opprimés, qui, par un heureux concours de circonstances, va être admise dans le prestigieux lycée. L’arrivée de cette « roturière » ne passe pas inaperçue. S’attirant d’abord les foudres des F4, elle va peu à peu susciter l’intérêt de Jun-pyo (le prince charmant de l’histoire), déconcerté par cette fille qui semble insensible à ses charmes (bien enfouis sous son caractère de cochon.) Ayant toujours obtenu ce qu’il voulait, il se met donc en tête de la conquérir…
Depuis la diffusion des 25 épisodes qui composent la série, les parodies se multiplient tandis que les publicitaires font les yeux doux à nos jeunes acteurs, devenus stars du jour au lendemain. (Deux d’entre eux ont d’ailleurs été récompensés lors des derniers Baeksang Arts Awards.) Le tournage ne fut pourtant pas de tout repos et connu son lot de drames : accident de voiture causé par des fans hystériques, suicide de l’une des actrices… des incidents peu banals qui ont alimenté les chroniques de la presse people et des émissions de divertissement qui en ont fait leurs choux gras. La médaille n’en semble pas ternie pour autant et l’on risque fort de devoir subir des rediffusions jusqu’à l’année prochaine. Autant donc se laisser porter par la vague et se préparer à épater ses amis coréens lors de la prochaine soirée noraebang, en s’égosillant sur le générique de cette série déjà culte :
[MV] T-Max - Paradise (Boys Over Flowers OST)
envoyé par Rinoa_Selphie
13 avril 2009
Décryptage d’importants petits caractères
A la suite des quelques scandales alimentaires qui ont éclaté l’année passée concernant essentiellement des produits exportés de Chine pouvant contenir de la mélamine (Zen Kimchi en a fait une liste), il semblerait que l’on soit tous devenu plus regardant quant à la provenance des aliments que l’on ingurgite. Voilà donc Madame Choi qui, machinalement, se met à inspecter les produits de son caddie sous toutes les coutures, à la recherche du mot magique : 국산 (ou encore 국내산), label clé qui orne les produits domestiques (car le made in Korea reste une valeur sûre).
Difficile cependant de fuir le 중국산 (« provenance : Chine »), petite inscription qui s’insinue bien souvent, et de façon insidieuse, dans la liste des ingrédients de nos fameuses dosettes. Certains fabricants n’ont d’ailleurs aucun scrupule à libeller leurs boîtes « Korean Ginseng Tea » alors que l’ingrédient principal – qui n’entre, il est vrai, qu’à hauteur de 3 à 10% (dans le meilleur des cas) dans la composition des fameux granulés – est importé de l’empire du milieu…
Quant au 수입산 (« produit importé »), il nous laisse perplexe et dans le flou le plus total quand à l’origine de la chose que l’on sait importée, oui, mais d’où ? Mystère…
Au restaurant, les menus reflètent le grand duel 미국산 vs 한우, qui oppose le bœuf américain (dont les coréens se méfient mais qui possède l’avantage du prix) et le Hanu, bœuf né, élevé et abattu en Corée. On ne sait pas à quoi ce dernier est nourri mais sa viande est un vrai produit de luxe que l’on réserve aux tables d’offrandes et aux invités de marque.





