En cette 10ème journée du 10ème mois de l’année 2010, j’ai décidé de faire, pour la première fois sur ce blog, un top 10. Pas très original, certes. Des tops 10 sur la Corée, on en trouve à la pelle sur Internet. Néanmoins, je tiens à rappeler à toutes fins utiles que ce blog étant celui de Madame Choi, vous ne risquez pas d’y trouver le sempiternel « les filles coréennes, trop belles ! » Je pourrais, pour faire bonne mesure, le remplacer adéquatement par « les garçons coréens, trop beaux ! » (Après tout, j’ai bien craqué pour l’un d’entre eux.) Mais bon, est-il vraiment nécessaire de préciser que non, les garçons coréens ne sont pas tous beaux ? Et puis, si j’ai décidé qu’il n’y aurait pas de place pour eux dans ce top, c’est aussi parce que celui-ci est rempli de choses encore mieux !! A commencer par…

10. Les poissons ! Je trouve ici des maquereaux deux voire trois fois plus grands qu’en France. Les eaux du Pacifique réussiraient-elles mieux à la faune marine locale ? Autre poisson très charnu que j’ai découvert il y a peu : le samchi ou Scomberomorus niphonius de son nom scientifique (on l’appellerait en anglais le « maquereau espagnol japonais, » sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre…) Moi qui ne cuisine jamais de poisson en France, je n’hésite pas ici à parcourir le rayon poissonnerie. Une fois que j’ai fait mon choix, j’explique ce que je souhaite faire de la bête (la frire en général) et voilà qu’on me l’a découpe, nettoie, assaisonne bien comme y faut…
Puisqu’on parle de nourriture, j’accorde un bon point aux fruits, dodus et sucrés et qui déçoivent très rarement (contrairement à ceux que l’on trouve en France, pays obsédé par la chaîne du froid, adepte de la cueillette précoce et des produits pas mûrs et trop acides.)

9. Le naebok ou sous-vêtement coréen à manches et jambes longues et  qui est en réalité bien plus qu’un sous-vêtement. C’est l’habit passe-partout des enfants qui leur sert de pyjamas, de jogging, de tenue de jeu… A quoi cela sert-il de tirer nos bambinos à quatre épingles si c’est pour qu’ils aillent user leurs jolies culottes courtes sur les balançoires et toboggans ? Moi je dis, longue vie au naebok !

8. L’ambiance pyjama party des les halls d’immeubles à la nuit tombée. Bon. Le terme « party » est peut-être un peu fort, mais c’est assurément très « pyjama. » On se ballade en chaussons et en bermuda ou jogging (non, pas en naebok quand même – enfin, je parle pour les adultes, hein). D’aucuns fument leur dernière cigarette de la journée. D’autres font le tri de leurs ordures ménagères, promènent le chien, ou berce bébé qui a le sommeil difficile. Plus personne ne fait attention à son apparence et c’est amusant de pouvoir constater que le monsieur du 9ème a le mollet bien poilu.

7. La salle de bain coréenne. Toute carrelée, entièrement étanche, elle est équipée d’un siphon d’évacuation, façon douche italienne, qui rend donc son nettoyage d’une facilité déconcertante. Armé du pommeau de douche, c’est parti pour un arrosage intensif des murs, du sol, de la cuvette des toilettes…

6. Le symbolisme ambiant, essentiellement issu de croyances superstitieuses ou chamanistes. Si l’on creuse un peu, on finit toujours par trouver un symbole caché (ou évident) derrière toute chose, que ce soit dans la forme du ravioli du nouvel an ou la couleur du naebok (encore lui !) offert aux parents avec l’argent de son premier salaire. C’est assez fascinant, la façon dont les coréens s’en accommodent au quotidien. Prenons par exemple le nane, cette plante de la famille des orchidées qui se retrouve systématique dans les bureaux des administrations et des entreprises. De part ses feuilles, poussant droit, chacune dans une direction mais sans jamais se croiser, la plante incarnerait les vertus – très appréciées – de l’intégrité et de la droiture. Lorsque l’on sait la corruption qu’il peut exister dans certains milieux, la profusion de nanes dans certains lieux très fréquentés (public ou clientèle) peut prêter à sourire.

5. Le moyushil, une pièce (propre et au calme) spécialement réservé aux mamans qui allaitent et que l’on trouve aux endroits stratégiques (aéroports, parcs, grands magasins…) On peut aussi y changer bébé et le coucher pour sa sieste en toute sérénité. Très appréciable.

4. La langue coréenne, à commencer par son alphabet, le hangeul. Parce que visuellement, c’est quand même bien joli. Et puis le coréen, c’est amusant à apprendre, surtout lorsqu’on commence à décortiquer les expressions, locutions, dictons etc. En ce moment, je me régale de tous ces mots-valises que j’entends dans la bouche des jeunes et qui sont souvent de savants jeux de mots. (J’ai beaucoup rigolé à 생파  qui veut a priori dire « poireau cru » mais qui est en réalité la contraction de… 생일 파티 !) 

3. Le hyodo. Traduit en français par « piété filial, » ce concept semble fermement ancré dans le cœur des coréens. Bien qu’il me soit encore difficile d’en sonder la profondeur, ce sentiment de devoir vis-à-vis des parents est – comme tout sentiment ardent – mieux exprimé par des gestes et des actions. Les plus bels preuves de hyodo dont j’ai pu témoignées étaient télévisées. Dans cette émission consacrée à la réunion entre parents ayant été d’une façon ou d’une autre séparés de leurs enfants et ces derniers, devenus grands, j’ai notamment vu ce jeune homme s’agenouiller à terre (preuve ultime de respect) devant sa vieille mère qui l’avait tout bonnement abandonné lorsqu’il était gamin. Décidément, il n’y a pas plus beau que le hyodo (dit-elle en essuyant une larmounette.)

2. L’éducation, l’affaire de tous ! En France, faire une sortie avec ses enfants est une épreuve pour les parents. Au moindre caprice de leur progéniture, les voici crucifiés du regard par la foule des spectateurs affligés. En Corée, dans cette même situation, je m’attire des sourires de sympathie tandis que l’on demande à mon fils de ne pas « rendre la vie difficile » pour sa maman ! De même, Monsieur Choi ne va pas hésiter à remonter les bretelles du garçon qui traverse la rue en courant devant sa voiture. En l’absence des parents (où sont-ils d’ailleurs ?), il faut bien que quelqu’un fasse le travail ! Et si l’on en croit les titres que la langue coréenne attribue aux adultes, nous en avons l’autorité car nous sommes toutes et tous les tantes (이모 ou아줌마) ou les oncles (아저씨) des petits enfants coréens.

1. Le hanbok, ou le costume traditionnel coréen (pour femme, je précise, car je n’ai pas essayé le costume masculin.) Avec sa jupe ample que l’on serre non pas autour de la taille mais au-dessus de la poitrine (sous les aisselles si vous voulez), elle gomme toute silhouette ! Très pratique lorsqu’on a des petits « excès » à dissimuler et que l’on n’a pas le temps de faire un régime. Hop. On enfile un hanbok et d’un coup, on retrouve toute la grâce et l’élégance d’un as de pique. Et, cerise sur la gâteau : c’est bien plus confortable qu’un kimono ou une qipao ! On peut même faire de la balançoire avec. Je trouve bien dommage qu’on ne le sorte plus que 2 fois par an. Aussi, après le hangeul day, je propose l’instauration d’un hanbok day avec obligation de le porter toute la journée !