Bien qu’il existe des conventions routières relativement uniformes entre les pays, il est parfois certaines règles locales, officielles et officieuses, qui nécessitent mise en lumière pour éviter des désagréments, quelque soit votre mode de transport à Séoul. Oui, même si vous n’êtes qu’un simple piéton.

Pour peu que vous chérissiez un peu votre existence, gardez toujours à l'esprit cette première règle : vous, simple piéton, n’aurez jamais, JAMAIS, la priorité. Le petit bonhomme est vert ? Ne vous aventurez pas sur la chaussée sans avoir jeté un dernier coup d'oeil à gauche, puis à droite (on n’est jamais trop prudent).

Pourquoi tant de précautions ? Voyez-vous, le code de la route à Séoul, c’est un peu comme le code et les règles des pirates aux Caraïbes : They’re more like guidelines anyway. Les chauffeurs de taxi ont d’ailleurs pour la plupart convenu qu’ils ne s’appliquaient pas à leur profession. Les chauffeurs de bus, qui n’aiment pas être en reste, suivent allègrement leur exemple. Après tout, un feu rouge, c’est presque un feu orange. Et un feu orange, c’est encore un petit peu vert.

Avez-vous remarquez comme les grandes avenues à Séoul sont bien belles et bien larges ? Les automobilistes du coin ont donc tendance à les prendre pour des minis circuits de F1. Une fois au volant de leur véhicule, les voici donc transformés en apprentis Schumacher. C’est la course jusqu’au prochain feu rouge (qui est à 100 mètres mais qu’importe, on accélère quand même ; avec un peu de chance, il tournera au vert. Sinon, tant pis pour les piétons.)

Si vous avez l’intention de conduire à Séoul, et pour éviter de vous frustrer inutilement, rappelez-vous que :

  1. La voie de droite est souvent considérée comme une voie de parking ;
  2. Le bus aura toujours priorité sur l’auto ;
  3. Les livreurs en scooters, qui se déplacent dans une dimension parallèle, surgissent habituellement de nulle part.

Mais ceux dont il faut le plus se méfier sont les taxis vides. Ceux-là n’hésiteront pas à piler juste devant vous sans aucun avertissement pour racoler les potentiels clients (généralement aux arrêts de bus).

En règle générale, on communique rarement ses intentions aux autres automobilistes. Le clignotant est inutile car souvent, l’action (de changement de voie par exemple) vient bien avant le signalement de l’intention (de changer de voie). Si vous dévoilez trop tôt votre intention de tourner, vous risquez fort de ne jamais pouvoir le faire, car on s’empressera d’appuyer sur le champignon pour vous empêcher de vous insérer devant. N’oubliez pas qu’il s’agit d’une course !

Si le clignotant est boudé, c’est en faveur des feux de détresse, qui ne servent pas du tout à signaler une quelconque détresse mais à

  1. Avertir d’une marche arrière en cours ;
  2. Célébrer sa victoire d’avoir réussi à doubler celui qui n’avait aucunement l’intention de vous laisser vous incruster.

Car bien entendu, la courtoisie au volant est une notion inconnue des automobilistes séoulites. Ne comptez pas non plus sur les lignes blanches pour vous dire que, de toute façon, lui est dans sa voie et moi dans la mienne donc je suis en sécurité. Ces traits blancs sur la route n’ont qu’une fonction décorative par ici.

Puisqu’une image vaut, dit-on, mille mots, voici Motor Mania, un dessin-animé de 1950 qui illustre à merveille mon témoignage :

 

 

Conduire à Séoul ne vous tente guère ? Rabattez-vous donc sur les transports en commun. (Sage décision.) Le métro est sans doute le moyen le plus sûr, le plus propre, et le plus rapide pour se déplacer en ville. Les bus bénéficient parfois de voies réservées (que les taxis n’ont aucun scrupule à envahir) mais aux heures de pointe, personne n’est à l’abri d’une prise en otage par embouteillage. Plus de place assise dans le bus ? Je vous conseille d’agripper une barre au plus vite. Votre vie en dépend.

Sur ces quelques conseils, que je vous invite à compléter avec vos propres expériences, permettez-moi de vous rappeler que la circulation à Séoul est une jungle où règne la loi du plus fort rapide.