21 octobre 2009
Riz de saison !
Nous sommes en octobre et le riz récolté cette année arrive enfin sur nos marchés. Il porte fièrement la mention de 햅쌀 (haepssal) par opposition au 묵은쌀 (mugeunssal) qui désigne du « vieux » riz (de la récolte passée.)
Côté primeurs, parmi les 제철과일 (jaecheol gwa-il), ou « fruits de saison, » privilégiez les 햇과일 (haetgwa-il) ou « fruits nouveaux », tels que les 감 (gam), comme on appelle ici le kaki.
Et pour finir, voici une locution et un proverbe mettant en scène… du riz justement :
쌀 독에 앉은 쥐 (comme une) « souris assise sur une jarre de riz. »
Expression qui illustre une situation pleinement satisfaisante.
쌀독에서 인심 난다 « De la jarre de riz jaillit la bonté. »
Difficile en effet de faire preuve de générosité lorsque les réserves de riz sont épuisées.
07 septembre 2009
Meuh, ouaf et autres (chan)sons – Onomatopées 01 (les animaux)
Ce billet de Fred fut certes court, mais néanmoins très inspirant. Pour ma part, le bruit le plus intriguant du lexique onomatopéique coréen est celui du cochon qui, ici, fait 꿀꿀 (« koul koul. ») Si si. Et en y réfléchissant bien, je mettrais même la grenouille ex aequo, avec son 개골 개골 (« gaigol gaigol. ») Pour que vous puissiez à votre tour faire votre choix, en voici quelques autres :
Canard : 꾁꾁 (kwaek kwaek)
Cheval : 히히힝 (hi hi hing)
Chèvre : 매매 (mêê mêê)
Chat : 야옹 (ya-ong)
Chien : 멍멍 (meong meong)
Coq : 꼬끼오 (koki-oh)
Poule : 꼭꼭꼭 (kok kok kok)
Poussin : 삐약 삐약 (pi-yak pi-yak)
Moineau : 짹짹 (dzaek dzaek)
Vache : 음메 (um-mêê)
Lion/Tigre : 어흥 (eo-hung)
13 avril 2009
Décryptage d’importants petits caractères
A la suite des quelques scandales alimentaires qui ont éclaté l’année passée concernant essentiellement des produits exportés de Chine pouvant contenir de la mélamine (Zen Kimchi en a fait une liste), il semblerait que l’on soit tous devenu plus regardant quant à la provenance des aliments que l’on ingurgite. Voilà donc Madame Choi qui, machinalement, se met à inspecter les produits de son caddie sous toutes les coutures, à la recherche du mot magique : 국산 (ou encore 국내산), label clé qui orne les produits domestiques (car le made in Korea reste une valeur sûre).
Difficile cependant de fuir le 중국산 (« provenance : Chine »), petite inscription qui s’insinue bien souvent, et de façon insidieuse, dans la liste des ingrédients de nos fameuses dosettes. Certains fabricants n’ont d’ailleurs aucun scrupule à libeller leurs boîtes « Korean Ginseng Tea » alors que l’ingrédient principal – qui n’entre, il est vrai, qu’à hauteur de 3 à 10% (dans le meilleur des cas) dans la composition des fameux granulés – est importé de l’empire du milieu…
Quant au 수입산 (« produit importé »), il nous laisse perplexe et dans le flou le plus total quand à l’origine de la chose que l’on sait importée, oui, mais d’où ? Mystère…
Au restaurant, les menus reflètent le grand duel 미국산 vs 한우, qui oppose le bœuf américain (dont les coréens se méfient mais qui possède l’avantage du prix) et le Hanu, bœuf né, élevé et abattu en Corée. On ne sait pas à quoi ce dernier est nourri mais sa viande est un vrai produit de luxe que l’on réserve aux tables d’offrandes et aux invités de marque.
06 février 2009
Que la vie est dure...
Nous venons d’entrer dans l’année du bœuf, l’occasion pour les retardataires (comme Mme Choi) de se décider à prendre quelques bonnes résolutions, à commencer (en ce qui me concerne) par rayer de son vocabulaire l’expression suivante :
힘들다 (« C’est difficile / pénible. »)
Si l’on écoute les coréens, on a parfois l’impression que la vie n’est qu’une suite d’épreuves toutes plus ardues les unes que les autres, tant cette phrase revient souvent dans les conversions, et parfois dans les circonstances les plus improbables. Je me souviens de mon étonnement lorsqu’une belle-cousine m’a murmuré à l’oreille, le jour de mon mariage : « C’est pénible, n’est-ce-pas ? » Prise au dépourvue par cette interrogation dument accompagnée d’un sourire compatissant, j’ai du mettre quelques instants avant de lui répondre « Oh non, c’est amusant au contraire ! » Jamais il ne m’était venu à l’esprit de considérer cet évènement comme physiquement éprouvant ! J’ai un temps pensé que cette expression devait avoir quelques effets thérapeutiques qui, par la verbalisation, soulageraient en partie l’adversité. Aussi ai-je un jour décidé de tenter l’expérience. Bien mal m’en prit. A peine les mots fatidiques prononcés, ce n’est pas un sentiment de soulagement qui m’envahit mais une cuisante culpabilité : comparée à tant d’autres, ma vie est plutôt facile ; de quoi me plains-je ?! Depuis, j’ai appris à m’en servir de façon plus judicieuse. Ainsi, lorsque Monsieur Choi propose nonchalamment d’aller dîner chez ses parents, je sors cet argument imparable : « hors de question ! C’est trop pénible pour ta maman ! »
고생많다 / 고생하다 (« Se donner du mal ; faire beaucoup d’efforts. »)
Contrairement à la première phrase qui s’utilise souvent à la première personne, cette deuxième expression a toujours pour sujet quelqu’un d’autre que soi et s’emploie souvent au passé. On reconnaît ainsi le travail de la personne, la peine qu’elle s’est donnée… Mon dictionnaire référence même l’expression suivante : 고생끝에 낙이 온다 (« A la fin des épreuves arrive le bonheur. ») Ce qui équivaut à notre beau temps après la pluie. Une fois l’ai-je entendu employée à l’impératif (고생해라), et j’avoue n’avoir pas tout de suite compris que la personne ne me souhaitait pas plus de peines mais qu’au contraire, elle comprenait l’épreuve que j’étais alors en train de traverser et qu’elle me demandait simplement de tenir quelques jours encore, la fin du tunnel n’étant pas loin. (Remerciements à Monsieur Choi pour avoir clarifié ce qui aurait pu devenir un malentendu.)
수고하세요 ! (« Bon travail ! »)
Voilà une locution qui me plaît ! La traduction littérale serait plutôt « donnez-vous de la peine ! » mais le français prête à confusion car il sous-entend que l’autre ne fait pas assez d’efforts. Or ce que les coréens signifient par là est bien à l’opposé : on reconnait et apprécie à sa juste valeur le dur travail fournit et l’on souhaite encourager la personne. En Corée, c’est ainsi que l’on salue la femme de ménage chaque fois qu’on la croise en plein labeur (rassurez-vous : elle ne le prendra pas mal). Utilisée au passée (수고하셨어요), la phrase prend même la dimension d’un remerciement : « merci pour vos efforts. » A employer donc sans compter cette année…
27 juillet 2008
Back to basics (suite)
Allez, terminons-en avec notre alphabet ganadara coréen et voyons un peu les quelques lettres qui nous restent, à savoir les consommes accentuées :

Si l’on récapitule, nous avons 9 consonnes simples + 5 consonnes accentuées + 10 voyelles simples = 24 lettres ! Le compte est bon ! Enfin presque.
En effet, prenons les voyelles par exemple ; on peut les combiner pour en faire des voyelles composées et créer ainsi de nouveaux sons. Ainsi, un ㅓ (o ouvert) et un ㅣ(i) donnent un ㅔ (prononcé « ê »), quand au ㅗ (o) et au ㅣ(i), ils ne donnent pas un « oi » français mais un « ué ». (Maintenant, vous savez comment prononcer « Madame Choi » ; les « choï » et autre « choix » ne seront plus excusés !)

Et pour finir, voici la liste des quelques consommes qui peuvent être doublées :

Pour la liste exhaustive de toutes les combinaisons possibles à partir de ces 24 lettres, je vous conseille de consulter cette page qui, ma foi, n’est pas mal du tout.
Petite révision : les lettres se déchiffrent de gauche à droite et puis de haut en bas. Lorsqu’on se trouve face à une syllabe de deux lettres, cela reste assez simple :

Rajoutons à ces syllabes une troisième lettre (qui viendra se placer en dessous) :

Là où les choses peuvent se compliquer (juste un tout petit petit peu), c’est lorsqu’on se trouve face à une syllabe de 4 lettres. Pas de panique ! On décortique de la même façon, en prenant chaque lettre en partant du haut à gauche pour arriver à la dernière lettre en bas à droite :
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Sauf que non ! Pour savoir quelles consonnes prononcer, il suffit de se rappeler des quelques règles suivantes :
- Lorsqu’on se retrouve avec un mot d’une seule syllabe avec deux consonnes en 받침 (consonne finale d’une syllabe), on n’énonce que la deuxième consonne pour faciliter la prononciation. Ainsi, 닭 (poulet) se lira « tak » (on accentue le ㄱ (g) qui devient alors un k.)
- Lorsque les deux consonnes finales d’une syllabe sont suivies d’une syllabe commençant par une consonne prononcée, on se retrouve avec trois consonnes à lire de suite. Cela fait un peu beaucoup alors que fait-on dans ces cas-là ? On ignore tout simplement la première consonne du 받침. Ainsi, 맑다 se lira « makda » et non « malkda. »
- Lorsque les deux consonnes finales d’une syllabe sont suivies par une syllabe commençant par ㅇ (la consonne que l’on ne prononce pas) puis d’une voyelle, on prononce toutes les deux consonnes en faisant la liaison. Ainsi, 맑아요 se lira « malgayo. »
Pour la liste exhaustive de toutes les consonnes composées que l'on peut trouver en 받침, je vous renvoie à la wikiversité.
25 mars 2008
Back to basics
Il parait que l’on peut apprendre à lire le hangeul (l’abc coréen) en 15 minutes chrono. Madame Choi ne garantit rien. En revanche, elle offre à ceux qui ne sont pas familiers avec cet alphabet quelques clés pour commencer à déchiffrer ces amas de ronds, de carrés et de traits rectilignes.
Bon à savoir :
- Autrefois, le hangeul s’écrivait de haut en bas mais la grande majorité des publications se lisent désormais de gauche à droite ;
- Aujourd’hui, le coréen compte 14 consonnes et 10 voyelles (contre 28 lettres à l’origine).
Les consonnes simples :
ㄱ G (« gare »)
ㄴ N
ㄷ D
ㄹ L ou R roulé
ㅁ M
ㅂ B
ㅅ S (ou SH si la voyelle qui suit est un i)
ㅇ ne se prononce pas si c’est la première lettre, sinon NG (« ding dong »)
ㅈ J (« Jamel », « DJ »…)
Les voyelles simples :
ㅏ A
ㅑ YA (« Yahoo ! »)
ㅓ EO (« or »)
ㅕ YEO (comme dans la boisson « Yop ! »)
ㅗ O
ㅛ YO (« jodler »)
ㅜ OU
ㅠ YOU (comme l’anglais « you »)
ㅡ U (plus précisément, il s’agit d’un U que l’on prononce avec la bouche étirée comme si l’on voulait prononcer un I à la place !)
ㅣ I
Nous n’avons pas encore vu toutes les lettres et pourtant, vous êtes déjà capables de lire les quelques mots suivants :
나비 (papillon)
다리미 (fer à repasser)
모자 (chapeau)
무 (radis)
바나나 (banane)
보라 (violet)
사자 (lion)
소고기 (viande de bœuf)
오이 (concombre)
Facile, non ?! Attendez de voir les consonnes accentuées et les voyelles composées…
EDIT :
Nota bene
- Une « syllabe » se compose au minimum de 2 lettres, et au maximum, de 4 lettres ;
- En fonction de la voyelle (selon qu'elle soit verticale ou horizontale), les lettres se superposent ou se juxtaposent, comme ceci :
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- Et comme cela pour les syllabes de trois lettres :
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- Quant aux syllabes de 4 lettres, elles ressemblent plutôt à cela :

- Toute syllabe commence par une consonne. Ainsi, le mot « concombre » (오이) dont seuls le o et le i sont audibles voit pourtant ses deux voyelles précédées de la consonne muette ㅇ (prononcée « i-eung »).
25 novembre 2007
Vive le vent…
A force de vouloir lire tous les blogs d’expatriés que l’on découvre chaque jour, on se réveille un beau matin sous les flocons, sans avoir eu le temps de faire ses adieux à l’automne. Adieu donc, 단풍 (1) flamboyants et 은행나무 (2) lumineux ; bonjour 첫눈 (3), 콧물 (4) et 눈싸움 (5) !
(1) 단풍 = feuille d’érable mais le terme désigne généralement tous les feuillages mordorés de l’automne, particulièrement coloré en Corée ;
(2) 은행나무 = le gingko, un bel arbre aux feuilles pétales dorées…
(3) 첫눈 = la première neige, qui est tombée lundi sur Séoul ;
(4) 콧물 = littéralement, l’eau du nez ou comme l’on dit par chez nous, la goutte au nez – une des joies de l’hiver ;
(5) 눈싸움 = bataille de boules de neige ! (Mais vu comme la première neige a vite fondu, ce ne sera pas pour tout de suite.)
05 septembre 2007
고소한 맛, ce goût mystérieux
Quand on leur demande leur avis, les dictionnaires s’avèrent très peu inspirés lorsqu’il s’agit d’expliquer ce terme, pourtant des plus courants dans la langue coréenne. Le Dictionnaire Coréen-Français de la Société Coréenne de Langue et Littérature françaises de 1978 nous le traduit simplement par « savoureux. » Le Si-sa Elite Little Korean-English dictionnary de 1997 n’est pas plus explicite et ne propose que tasty et savory. Mais la palme du hors sujet revient sans conteste au dictionnaire en ligne Zkorean qui zappe tout bonnement le cœur du problème. Avec si peu d'indices, on comprend que les coréens aient tant de mal à nous expliquer précisément de quelle odeur il s'agit. Heureusement que naver nous met sur une piste en précisant que le goût 고소한 s’apparente à celui d’une noix.
Ainsi, 고소하다 ne s’applique pas à n’importe quelle saveur et les coréens ne n’emploient que pour désigner ce parfum bien particulier et très apprécié en cuisine. C’est aussi un argument de vente redoutable qui fait acheter à Madame Choi tout et n’importe quoi (c’est d’ailleurs à cause de cela qu’elle a fait l’acquisition d’une baguette au 찹쌀 (riz gluant) quasi immangeable tellement elle est… gluante). A titre d’exemple, voici quelques aliments auxquels sied le mystérieux adjectif :
- le sésame et ses dérivés (huile, graines et tout ce qui en est parfumé, comme ce 들깨 Milk tea) ;
- le popcorn ;
- la cacahuète et ses dérivés (beurre de cacahuète & Co.) – en fait, on pourrait citer tous les oléagineux ;
- les chips ;
- le lait de soja ;
- le fromage ;
- le pain ;
- le beurre.
Alors, est-ce que vous commencez à vous faire une petite idée de la saveur que le qualificatif 고소한 désigne ? Madame Choi aurait aimé employer l’adjectif beurré mais il n’existe pas avec ce sens-là. Il faudra donc se contenter des approximatifs goût de beurre ou goût de noisette, souvent évoqués en parlant de fromages tels que le cantal, le comté ou encore, le reblochon, de très 고소한 produits laitiers, à n’en pas douter.
Au fait, saviez-vous qu’en coréen, le contraire du salé (짠맛) n’est pas le sucré mais le fade (싱거운맛)? Et que le contraire de l’acide (새콤한맛) n’est pas l’amer (쓴맛) mais le sucré (단맛) justement ? Quoi de plus logique, n’est-ce-pas ?
03 avril 2007
Oh la belle …jaune !
Oh les belles…fleurs blanches ? Eh oui, le printemps bourgeonne et de nombreux arbres et buissons sont déjà en fleurs. Pour épater votre petit monde, quelques noms à retenir :
- 목련 (à prononcer mongnyonne) : cet arbre aux grosses fleurs blanches n’est autre que le magnolia qui est le premier à s'épanouir mais aussi, le premier à flétrir ;
- 개나리 (kainari) : difficile de ne pas les remarquer, ces buissons de forsythia jaune pimpant !
- 진달래 (jindal-lai) : les azalées aussi, s’en donnent à cœur joie.
- 벗꽃 (peotkot) : les occidentaux y font souvent allusion en employant le terme japonais sakura ; il s’agit bien entendu de la floraison des cerisiers…
26 septembre 2006
Exclamons-nous
De tous les termes exclamatifs illustrant la surprise, les suivants sont certainement parmi les récurrents et, si employés à bon escient, pourront contribuer à vous faire passer pour un(e) presque-vrai(e) coréen(ne) :
- 이런, diminutif de la phrase 세상에 이런 일이 (« qu’une telle chose (puisse exister) en ce monde…»), sous-entendant par là que le fait est de prodigieuse nature ;
- 세상에, diminutif d’une phrase similaire 세상에 이럴수가 (« une telle chose en ce monde »), on n’en revient pas.
Dans un registre moins neutre, on peut exprimer son incrédulité teintée d’un certain désaccord avec le percutant 참 ! qui peut être accompagné des suppléments suivants :
- 기가막혀 (« ça m’en bouche un coin ! »)*
- 어이가없네 (« c'est pas vrai... / j'hallucine. »)*
- 말도안돼 (« c’est n’importe quoi. »)* - sans doute le plus populaire des trois.
Deni de garanties : Madame Choi précise que toutes ces expressions sont familières et qu'elles doivent donc être prononcées en adéquate compagnie, au risque de passer pour un mufle sans une once de savoir-vivre.
* Les traductions ne sont pas littérales mais reflètent une tentative de coller au plus près à l'esprit de l'expression coréenne. Toute (meilleure) proposition bienvenue...



