Madame Choi

La Corée au quotidien...

05 août 2009

엄마 안티카페 – Forum Anti-Maman, la goutte d’eau…?

Madame Choi s’est souvent demandé, en croisant dans les rues de son quartier des écoliers rentrant de leurs cours du soir à pas d’heure, si tout ce temps passé à étudier contribuerait un jour au bonheur de cette nouvelle génération perfusée d’esprit de compétition.

Loin d’éprouver de la gratitude envers leurs parents prêts à faire de nombreux sacrifices pour assurer la meilleure éducation à leurs enfants, ceux-ci semblent plutôt nourrir un ressentiment grandissant, comme l’illustre ce forum anti-maman, créé sur Internet par une adolescente, et qui a dernièrement fait couler beaucoup d’encre. En effet, peu de temps après sa création, le forum s’est rapidement rempli de nombreux messages d’élèves venus dénoncer ce joug matriarcal dont ils ne peuvent se soustraire. Certes, épancher son fiel peut parfois s’avérer thérapeutique, mais l’agressivité des commentaires fut telle qu’elle suscita bientôt de nombreuses réactions de la part des internautes, venus soit exprimer leur sympathie ou bien critiquer ce manque de déférence vis-à-vis de l’autorité parentale.

Si le forum en question est aujourd’hui fermé, il a au moins eu le mérite d’engranger un vrai débat sur les raisons de la détérioration des rapports familiaux dans la société actuelle, et la part de responsabilité de cette fièvre de l’éducation dont semblent atteinte la grande majorité des mères de famille coréennes. Un internaute remarquait d’ailleurs assez justement que l’éducation d’aujourd’hui, « c'est la guerre par procuration entre les mamans. »

D’après ce billet de Kim Hyejin


A ceux qui souhaiteraient se faire une idée du profil type de la maman coréenne, je suggère la lecture du blog de Chiyo, Stuff Korean Moms Like, à prendre au second degré (enfin, je crois !)

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20 avril 2009

Des fleurs ou des garçons ?

Depuis quelques mois déjà, les gradins des compétitions sportives (ou autre) se remplissent régulièrement d’étranges slogans (« 꽃보다 xxx ») ; les magazines de mode ne parlent plus que du style preppy ; les coiffeurs ne connaissent plus que la coupe à la « Gu Jun-pyo » ; les boulangeries voient leur vente de petits gâteaux à l’effigie du même Gu Jun-pyo s’envoler tandis que les jeunes couples se ruent vers les destinations ensoleillées de la Nouvelle Calédonie pour un pèlerinage romantique (via Upi Bay, Kanumera Bay, Oro Bay, ou encore l’Île des Pins). Mais de quoi parle donc Madame Choi ? De ces quatre garçons (dans le vent) qui ont envahi le petit écran en même temps que le cœur des millions de jeunes coréennes qui ont suivi leurs aventures (amoureuses) depuis janvier, dans la série 꽃보다남자Boys over Flowers ») produite par KBS. Dès les premiers épisodes, les fans répondent présents et l’audimat explose – prouvant une fois de plus que les histoires de Cendrillon feront encore et toujours recettes auprès des adolescentes. Le concept nous vient du Japon où le manga du même nom, composé de quelques 37 volumes (!) était déjà un best-seller avant de devenir une série télévisée.

boysoverflowersL’histoire, elle, est toujours la même (pourquoi changer une équipe qui gagne ?). A la base du succès de cette franchise, quatre lycéens aux allures de playboys surnommés les F4. Madame Choi a d’abord cru naïvement qu’il s’agissait peut-être là d’une allusion aux Fantastic Four. Que nenni ! F4 veut tout simplement dire « Flower Four », une expression qui peut faire sourire, mais il faut savoir qu’en Corée (et peut-être aussi au Japon ?), on octroie bien souvent au joli garçon le surnom de 꽃미남  (« beau comme une fleur », ou comme un cœur dirons-nous plutôt en français.) Mais ces F4 possèdent bien d’autres atouts que leur seul apparence : tous héritiers de puissants chaebols, ils sont riches à ne plus savoir que faire de leur argent de poche, qu’ils dépensent en vêtements griffés (car ils sont bien entendu dispensés de porter l’uniforme du lycée, celui-ci appartenant au groupe Shinhwa dont Gu Jun-pyo, chef de notre petite bande d'apprentis gentlemans, n’est autre que le successeur.) Leur passe-temps favori : bizuter les nouveaux élèves par le biais de sous-fifres entièrement acquis à leur cause. C’est là qu’intervient notre Cendrillon, Jan-di, jeune fille de modestes origines et justicière des opprimés, qui, par un heureux concours de circonstances, va être admise dans le prestigieux lycée. L’arrivée de cette « roturière » ne passe pas inaperçue. S’attirant d’abord les foudres des F4, elle va peu à peu susciter l’intérêt de Jun-pyo (le prince charmant de l’histoire), déconcerté par cette fille qui semble insensible à ses charmes (bien enfouis sous son caractère de cochon.) Ayant toujours obtenu ce qu’il voulait, il se met donc en tête de la conquérir…

Depuis la diffusion des 25 épisodes qui composent la série, les parodies se multiplient tandis que les publicitaires font les yeux doux à nos jeunes acteurs, devenus stars du jour au lendemain. (Deux d’entre eux ont d’ailleurs été récompensés lors des derniers Baeksang Arts Awards.) Le tournage ne fut pourtant pas de tout repos et connu son lot de drames : accident de voiture causé par des fans hystériques, suicide de l’une des actrices… des incidents peu banals qui ont alimenté les chroniques de la presse people et des émissions de divertissement qui en ont fait leurs choux gras.  La médaille n’en semble pas ternie pour autant et l’on risque fort de devoir subir des rediffusions jusqu’à l’année prochaine. Autant donc se laisser porter par la vague et se préparer à épater ses amis coréens lors de la prochaine soirée noraebang, en s’égosillant sur le générique de cette série déjà culte :


[MV] T-Max - Paradise (Boys Over Flowers OST)
envoyé par Rinoa_Selphie

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15 octobre 2008

Internet, ce cinquième pouvoir…

Choi_jinsilLe décès de l’actrice Choi Jin-sil le 2 octobre dernier a plongé les coréens dans la stupeur et mit en exergue un phénomène qui prend en Corée des proportions terrifiantes : le cyber-harcèlement. Cas d’école : l’infortunée Dog Poop Girl (개똥녀) qui, sans aller jusqu’au suicide (bien qu’elle l’envisagea un temps), fut néanmoins victime d’un cyber-lynchage sans précédent. Qu’avait-elle donc fait pour mériter cela ? L’incident remonte à 2005. Dans une rame de métro à Séoul, son chien a la mauvaise idée de faire soudain ses besoins par terre. Les passagers l’invitent à nettoyer, ce qu’elle refuse de faire. On lui offre même un mouchoir qu’elle utilise pour essuyer le petit derrière de son toutou, ignorant les requêtes indignées des témoins de la scène. Malheureusement pour elle, une photo est prise à son insu. En l’espace de quelques heures, le cliché fait le tour du web coréen et il suffira de quelques jours pour que l’identité de la jeune fille soit dévoilée. Les internautes se lâchent. On ne peut qu’imaginer l’enfer qu’elle vécu pendant les semaines qui suivirent ce qui au départ ne devait être qu’un fait divers parmi d’autres et qui devint scandale par le biais d’Internet. Elle ira d’ailleurs jusqu’à abandonner ses études car on l’a reconnaissait sur le campus.

Le scandale qui éclata à propos de Choi Jin-sil fut d’une toute autre nature. L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque l’acteur Ahn Jae-hwan fut retrouvé mort dans sa voiture. L’enquête conclut au suicide par empoisonnement au monoxyde de carbone. Jeune mariée d’à peine quelques mois, sa femme, la comédienne Jeong Seon-hee est dévastée. Choi Jin-sil, une proche amie, partage sa peine. Et puis soudain, les médias se font l’écho des problèmes financiers de Ahn, qui l’aurait conduit à commettre cet acte malheureux. Des rumeurs commencent à circuler sur le net, accusant Choi d’avoir elle-même prêté de l’argent à l’acteur. Sans même l’ombre d’une preuve, la communauté des internautes se met en une campagne contre l’actrice qui, au bout de plusieurs semaines très éprouvantes, que l’on suppose faites de nombreuses nuits blanches, ne trouva d’autre moyen pour faire cesser ce harcèlement que de s’ôter la vie.

Choi Jin-sil était une véritable de star du petit écran (où elle apparaissait régulièrement dans des spots publicitaires), même si sa carrière compte également de nombreux long-métrages. On la savait talentueuse mais c’est dans la série My Rosy Life (2005) qu’elle émeut la Corée entière, avec un rôle tragique et une performance sans fausse note. Pourtant, sa vie fut loin d'être rose, au contraire. Pas de cuillère en argent dans sa bouche à la naissance. La famille est pauvre et Choi rêve de devenir star pour échapper à cette vie de misère et de privations. Côté cœur, elle épousera Jo Seong-min, sans doute le plus populaire joueur de baseball de l’époque, une union que les médias qualifient de « mariage du siècle » tant ces deux-là semblaient tout avoir pour être heureux. Mais le mariage ne dure pas. Enceinte de 8 mois de son deuxième enfant, Choi se retrouve à l’hôpital, couverte de bleues, après avoir, dit-on, fait part à son mari de ses soupçons sur une éventuelle liaison qu’il entretiendrait (soupçons qui furent confirmés par la suite.) Quelques mois après le divorce, Jo se remariait, causant un tollé général. Depuis, Choi, qui obtint la garde des deux enfants, se concentrait sur sa carrière.

En réaction contre les causes de son décès, le gouvernement coréen semble vouloir mettre en place un moyen de contrôler les messages publiés sur Internet par ses utilisateurs. Ce projet est-il réaliste ? Et surtout, ne va-t-il pas à l’encontre du principe démocratique selon lequel tout le monde a le droit de s’exprimer librement ?

L’une des premières conséquences de cette veille zélée : une critique dans un reportage télévisé des « cyber-cafés » destinés à recueillir les commentaires acerbes, violents ou menaçants d’élèves (anonymes) qui ont une dent contre l’un (ou plusieurs) de leurs professeurs, avec parfois photo à l’appui (prise bien entendu à l’insu de l’intéressé par l’intermédiaire d’un téléphone portable discret.) Les professeurs se montrèrent pour le moins choqués et inquiets de lire des accusations qu’ils considéraient sans fondement.

Alors, liberté du verbe, oui, mais à quel prix ? Phobie, dépression, suicide… ce sont là des souffrances bien réelles que certains « martyres » se voient obligés d’endurer pour que le reste d’entre nous puissions continuer à profiter d’une plume affranchie de toute censure certes, mais parfois aussi dénuée de bon sens et de réflexion. Et si la liberté d’expression était un peu comme l’eau ? Le fait qu’elle soit courante nous donne-t-il le droit d’en user sans réserve ?

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28 septembre 2008

Parking vert

Coree2008_055Restons dans le vert cette semaine avec une dernière initiative, à petite échelle, certes, mais l’effort reste louable. Il est une rue dans mon quartier qui, au premier coup d’œil, attire l’attention sans que l’on sache trop pourquoi. A l’entrée, un panneau dit « (Roulez) Au Pas » et précise en-dessous : « Rue où l’on marche ensemble avec ses voisins. » A terre, d’imposantes lettrines blanches annonce la couleur : « Village du Parking Vert ». C’est là que l’on comprend enfin ce que cette rue a de particulier : l’absence de voiture. Celles-ci sont bien cachées, consciencieusement garées dans les cours de chaque résidence.

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A titre de comparaison, voici à quoi ressemble une rue adjacente :

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23 septembre 2008

Voitures au repos

Si l’on applaudit l’effort mondial de lundi, journée sans voiture, il faut savoir que ce n’est pas la seule initiative en place en Corée pour économiser l’énergie. C’est en promenant bébé Choi que Madame Choi a remarqué de jolies vignettes colorées sur le pare-brise de certains véhicules. Au bout d’un moment, on commence à détecter un code couleur : toutes les vignettes intitulées « lundi » sont en jaunes, celles de « mardi » sont en rouge, « mercredi » s’affiche en bleu et ainsi de suite pour chaque jour ouvré de la semaine. Il faut alors zoomé sur la petite inscription en blanc pour comprendre enfin de quoi il retourne :

vignettes01

제 차는 목요일에 쉬어요.
Ma voiture se repose le jeudi (par exemple)

Le propriétaire du véhicule s’engage donc à ne pas circuler en ville avec sa voiture le jeudi, privilégiant ce jour-là les transports en commun. Quel bénéfice pour lui ? Une réduction d’impôts (toujours bon à prendre n’est-ce-pas.)

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30 juillet 2008

Secrets de beauté

D’après cette nouvelle marque franco-coréenne de cosmétiques (merci à Odile pour le lien), « depuis le Moyen-âge, les femmes [coréennes] suivent des rituels de soins ultra-sophistiqués, se transmettent de génération en génération moult recettes de masques, d’onguents (…) ». Que les coréennes prennent particulièrement soin de leur peau n’a rien d’un scoop lorsque l’on sait combien elles sont attachées à leurs produits de beauté, qu’elles consomment sans compter.

Ces efforts sont-ils payants ? J’avoue m’extasier souvent devant la peau lisse et le teint « de pêche » de certaines grand-mères qui semblent avoir découvert le secret non pas de la longévité mais de l’éternelle jeunesse, et je ne peux m’empêcher de soupçonner l’existence, derrière ces visages rajeunissants, de mystérieux rituels de beauté.

Au bout de deux courtes années en Corée, Madame Choi ne prétend pas aujourd'hui détenir la clé du mystère. Néanmoins, quelques visites aux bains publiques en compagnie de belle-sœur Choi lui permettent de lever un coin du voile. Et puisque la tendance est aux produits bio « fait-maisons », voici (pour vous chères lectrices) quelques recettes qu’elle a pu noter comme ça, au vol :

  • le gommage gourmand : du « yaourt » liquide mélangé à de la vergeoise brune, à se frotter doucement sur la figure et éventuellement sur le corps (surtout, bien se rincer après pour éviter de coller) ;

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  • l’exfoliant shrek : thé matcha + poudre de riz complet (que l’on peut remplacer par de la poudre de haricot mungo jaune) + miel + yaourt à la fraise (pour profiter de l’effet peeling des akènes du fruit) – on obtient une belle pâte verte à s’étaler sur la figure et sur le corps pour faire d’une pierre deux coups (masque + gommage) ;

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  • la lotion astringente : se frotter la figure avec l’eau de trempage du riz (pas plus d'1 minute, surtout si l'on a la peau sensible parce que mine de rien, ça décape).

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20 mars 2008

Les 6 clés de la réussite made in Korea

Faute d’avoir eu le temps de le commenter plus tôt, le sondage (mené par le quotidien Kyunghyang Shinmun) dont il est ici question date un peu (novembre de l’année dernière) mais je doute qu’en l’espace de 4 mois, l’état des mentalités dont il est le reflet ait beaucoup changé. Interrogés sur les « qualités » essentielles à toute réussite sociale, la majorité des coréens a répondu en premier lieu :

  1. le prestige de l’université d’où l’on est diplômé, ce qui réaffirme le règne tout puissant des trois grandes Ivy League Schools coréennes à savoir Seoul National University, Korea University et Yonsei University, connus aussi sous le sigle SKY ; malheureusement pour les lycéens qui aspirent à y entrer, les places sont chères…

  2. en seconde position arrive – dans la suite logique de la première réponse – les « connexions » aussi qualifiées de « réseau » que l’on se construit au fil des rencontres, les liens les plus étroits étant souvent ceux créés durant les années scolaires ou universitaires, comme l’illustre l’usage très courant des termes 후배 et 선배 qui désignent respectivement les camarades d’école plus jeunes et plus âgés. Si l’on n’est pas entièrement convaincu, il suffit d’observer d’un peu plus près le profil des ministres dont Lee Myung-bak a choisi de s’entourer et qui sont majoritairement des anciens élèves de 고려대, d’où est également diplômé le président coréen ;

  3. le troisième facteur nécessaire à la réussite serait… l’argent ! Il est vrai qu’en Corée, une éducation de qualité requiert un porte-monnaie bien garni. Autrement dit, les parents doivent déjà avoir une bonne situation pour que les enfants puissent espérer réussir dans la vie ; une règle bien injuste envers tous ceux qui ne sont pas nés avec « une cuillère d’argent dans la bouche »…

  4. d’où le quatrième point qui met en exergue la situation des parents ; lorsque l’on annonce à ceux-ci que l’on souhaite leur présenter quelqu’un, ne rétorquent-ils pas systématiquement « et ses parents, que font-ils ? » ? En tout cas, cela semble être souvent le cas en Corée.

  5. Pour espérer avoir du succès dans sa carrière, quelle qu’elle soit, il faut également être non pas intelligent, créatif ou passionné mais… agréable à regarder ! L’importance que l’on accorde ici au physique explique pourquoi les coréens faut autant appel à la chirurgie esthétique, comme le résume cet article.

  6. Enfin, last but not least, le don pour l’esbroufe est également considéré comme indispensable à toute aspiration ambitieuse. En revanche, l’honnêteté – une vertu plutôt populaire partout ailleurs dans le monde – ne récolte qu’un maigre 1,97%.

En résumé, les chances pour un coréen autodidacte, moche et pauvre, de réussir dans la vie sont quasiment nulles. Ce constat affolant pourrait presque disculper mademoiselle Shin dont les actions semblent pour ainsi dire justifiées par les pressions d’une société qui s’obstine à octroyer toujours plus d’importance au superflu, et se complait dans le cercle vicieux qui tient impitoyablement à l’écart tous ceux qui n’entrent pas dans le moule de sa conception de la perfection.

(Source : The Star)

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25 octobre 2007

기러기 아빠 – un bien drôle d'oiseau

Après plusieurs jours d’un froid plutôt vif pour la saison, les oiseaux étaient sur le départ le weekend dernier, l’occasion pour Madame Choi de parler d’une autre sorte de migration, celle des papas, ou plutôt des 기러기 아빠 comme on les appelle ici (et qui signifie mot pour mot « papa oie sauvage »). A l’instar des futures mères fugueuses, cette espèce de papas migrateurs est en voie de prolifération. Toujours avec ce même objectif de mettre toutes les chances du côté de leur progéniture, les mamans coréennes sont de plus en plus nombreuses à s’exiler au loin (aux Etats-Unis, par exemple) avec leur enfant pour que ce dernier suive l’éducation qui le rendra plus compétitif lorsque l’heure de faire ses premières armes sur le marché du travail aura sonnée.

Forcément, une telle éducation a un coût. (C’est la raison principale qui dissuade les parents coréens de faire plus d’un rejeton.) De part son rôle de chef de famille, c’est au papa que revient la lourde responsabilité de subvenir aux besoins de sa descendance en restant au pays afin de travailler. Le voilà donc contraint de « migrer » au gré de ses congés pour retrouver sa petite famille, bien installée à l’autre bout du monde. Le papa coréen fait décidément bien des sacrifices pour assurer un avenir radieux à son chérubin. Ce dernier lui en sera-t-il reconnaissant ? Rien n’est moins certain…

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01 septembre 2007

Papotera bien qui papotera la dernière

bellesEn zappant sur KBS le lundi soir, on tombe sur cet ovni d’émission télévisée mettant en scène une vingtaine de jeunes étrangères, habillées et maquillées bien comme il faut, et donnant la réplique à des invités qui ne sont autres que des célébrités (mâles s'il-vous-plaît) du showbiz. Portant le sympathique nom de 미녀들의 수다 (« le papotage des belles »), peut-être en clin d’œil au non moins sympathique long-métrage 킬러들의 수다 (« le papotage des tueurs »), l’émission consiste à débattre autour d’un thème culturel afin de confronter les habitudes et traditions étrangères à celles de la Corée. En fil rouge, un sondage auprès d’une centaine de personnes et dont les résultats se dévoilent au cours de l’émission. D’une vingtaine de demoiselles, ce talk show accueille désormais près d'une cinquantaine de papoteuses venus des quatre coins du monde SAUF… de la France (c’est-y pas malheureux, ça*.) En revanche, on peut y faire la connaissance de deux francophones, une camerounaise et une québécoise qui ont toutes les deux été interviewées pour l’émission radio Seoulscope (les écouter ici et ).

Ce papotage semble avoir rapidement trouvé son public puisque sa popularité a profité à quelques unes de ses « vétéranes » qui ont depuis quittées ce tremplin pour se lancer à la conquête du petit écran. On reconnaîtra notamment la britannique Eva, la canadienne Lu-vada et la japonaise Saori dans plusieurs spots publicitaires ainsi que sur les plateaux d’émissions de variétés, ce qui les élèvent désormais au statut de 탤런트 (« talent », à prononcer tai-leun-tte). En attendant d’éventuelles retrouvailles dans 10 ans, on leur souhaite pleins de bonnes choses.


* A toutes les françaises de Corée qui souhaitent remplir la place désespérément vide de la France sur ce plateau, Madame Choi conseille de remplir le questionnaire d’introduction des papoteuses et de l’envoyer directement à KBS pour réparer au plus vite ce grand tort. D’ailleurs, elle va donner l’exemple et s’y coller la première (non qu’elle croit avoir une chance, sauf peut-être pour la version 아주마들의 수다) :

국적 (pays)

프랑스

직업 (occupation)

주부

취미/ 특기 (passe-temps / talent)

글쓰기

한국 거주기간 (temps passé en Corée)

1년 정도

왜 한국에 오게 되었나? (pourquoi êtes-vous venue en Corée)

신랑 따라서 왔어요

가장 좋아하는 한국 연예인 (vos artistes coréens préférés)

개그맨 이영자
탤런트 김원희

가장 좋아하는 한국 음식은? (votre nourriture coréenne favorite)

순대 ; 약밥 ; 회덮밥 ; 삼겹살

평소 즐겨보는 한국 TV프로그램은? (l’émission TV qui vous divertit habituellement)

무한도전

한국에서 가장 즐겨가는 곳은?/ 이유는? (l’endroit en Corée qui vous plaît/divertit le plus et pourquoi)

광장시장등 시장구경하기 맛있는것과 신기한것도 많기 때문에

한국에서 아름답다고 생각하는 곳은? (le bel endroit en Corée selon vous)

조용하고 자연미가 조화된 정원이 있는 창덕궁

한국에서의 경험 중 가장 재미있었던 경험은? (de toutes vos expériences en Corée, la plus amusante)

미장원에서 염색할때 귀에다 머리에 씌우는것과 같은 귀마개를 씌웠을때

고국의 친구들에게 한국을 소개한다면 뭐라고 하겠는가? (comment présenteriez-vous la Corée à vos compatriotes ?)

한국사람을 만나보고 치해져 보세요.
왜냐하면 이많고 열정적이고 즐거운 시간을 보낼수 있으니까요!

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27 mars 2007

De la fugue des femmes enceintes

Les mots du vocabulaire courant des coréens peuvent parfois être révélateurs de phénomènes de société pour le moins intéressants. Prenons par exemple le terme 원정 출산. Il peut se traduire mot à mot par « accouchement au loin » et désigne notamment le pregnancy tourism ou tourisme de grossesse auquel s’adonnent de plus en plus de coréennes enceintes. On évoque ici l’exemption de service militaire (dans le cas d’un garçon) comme principale raison, mais ce n'est pas la seule : si la destination privilégiée reste bien entendu les Etats-Unis, c’est aussi parce que la fameuse carte verte permettra à l’enfant d’y poursuivre ses études voire de s’y installer un jour…

tourismegrossesseUne recherche sur naver nous innonde de liens vers ces agences de tourisme particulières, qui vont donc proposer aux futures mamans un package incluant le voyage A/R vers la terre promise ou l’île de Guam, territoire U.S. à quelques heures de vol seulement de Séoul, l’hébergement en condominium ou en résidence de luxe, le séjour en clinique spécialisée, des visites guidées (histoire de prendre quelques photos souvenirs), et jusqu’à la prise en charge des procédures administratives nécessaires pour acquérir le fameux SSN (Social Security Number) et le passeport américain. Le coût de ces prestations est bien sûr à la hauteur des ambitions (et du portefeuille) des plus hautes élites du pays, même si la tendance semble suggérer une popularisation du phénomène. Assez mal vu par les coréens (car illustrant clairement un manque de confiance envers la société qui, pour ces parents migrateurs, semble incapable d’assurer l’avenir de leur enfant), il n’est pourtant pas l’apanage de la Corée. Hong Kong par exemple fait face à un problème similaire avec 30 % des bébés naissant sur l’île de mères non-résidentes. Même pourcentage que celui des cliniques de Los Angeles où 30 % des nourrissons sont d’origine coréenne…

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