Madame Choi

La Corée au quotidien...

20 mars 2008

Les 6 clés de la réussite made in Korea

Faute d’avoir eu le temps de le commenter plus tôt, le sondage (mené par le quotidien Kyunghyang Shinmun) dont il est ici question date un peu (novembre de l’année dernière) mais je doute qu’en l’espace de 4 mois, l’état des mentalités dont il est le reflet ait beaucoup changé. Interrogés sur les « qualités » essentielles à toute réussite sociale, la majorité des coréens a répondu en premier lieu :

  1. le prestige de l’université d’où l’on est diplômé, ce qui réaffirme le règne tout puissant des trois grandes Ivy League Schools coréennes à savoir Seoul National University, Korea University et Yonsei University, connus aussi sous le sigle SKY ; malheureusement pour les lycéens qui aspirent à y entrer, les places sont chères…

  2. en seconde position arrive – dans la suite logique de la première réponse – les « connexions » aussi qualifiées de « réseau » que l’on se construit au fil des rencontres, les liens les plus étroits étant souvent ceux créés durant les années scolaires ou universitaires, comme l’illustre l’usage très courant des termes 후배 et 선배 qui désignent respectivement les camarades d’école plus jeunes et plus âgés. Si l’on n’est pas entièrement convaincu, il suffit d’observer d’un peu plus près le profil des ministres dont Lee Myung-bak a choisi de s’entourer et qui sont majoritairement des anciens élèves de 고려대, d’où est également diplômé le président coréen ;

  3. le troisième facteur nécessaire à la réussite serait… l’argent ! Il est vrai qu’en Corée, une éducation de qualité requiert un porte-monnaie bien garni. Autrement dit, les parents doivent déjà avoir une bonne situation pour que les enfants puissent espérer réussir dans la vie ; une règle bien injuste envers tous ceux qui ne sont pas nés avec « une cuillère d’argent dans la bouche »…

  4. d’où le quatrième point qui met en exergue la situation des parents ; lorsque l’on annonce à ceux-ci que l’on souhaite leur présenter quelqu’un, ne rétorquent-ils pas systématiquement « et ses parents, que font-ils ? » ? En tout cas, cela semble être souvent le cas en Corée.

  5. Pour espérer avoir du succès dans sa carrière, quelle qu’elle soit, il faut également être non pas intelligent, créatif ou passionné mais… agréable à regarder ! L’importance que l’on accorde ici au physique explique pourquoi les coréens faut autant appel à la chirurgie esthétique, comme le résume cet article.

  6. Enfin, last but not least, le don pour l’esbroufe est également considéré comme indispensable à toute aspiration ambitieuse. En revanche, l’honnêteté – une vertu plutôt populaire partout ailleurs dans le monde – ne récolte qu’un maigre 1,97%.

En résumé, les chances pour un coréen autodidacte, moche et pauvre, de réussir dans la vie sont quasiment nulles. Ce constat affolant pourrait presque disculper mademoiselle Shin dont les actions semblent pour ainsi dire justifiées par les pressions d’une société qui s’obstine à octroyer toujours plus d’importance au superflu, et se complait dans le cercle vicieux qui tient impitoyablement à l’écart tous ceux qui n’entrent pas dans le moule de sa conception de la perfection.

(Source : The Star)

Posté par madamechoi à 23:32 - Société (vaste programme) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

기러기 아빠 – un bien drôle d'oiseau

Après plusieurs jours d’un froid plutôt vif pour la saison, les oiseaux étaient sur le départ le weekend dernier, l’occasion pour Madame Choi de parler d’une autre sorte de migration, celle des papas, ou plutôt des 기러기 아빠 comme on les appelle ici (et qui signifie mot pour mot « papa oie sauvage »). A l’instar des futures mères fugueuses, cette espèce de papas migrateurs est en voie de prolifération. Toujours avec ce même objectif de mettre toutes les chances du côté de leur progéniture, les mamans coréennes sont de plus en plus nombreuses à s’exiler au loin (aux Etats-Unis, par exemple) avec leur enfant pour que ce dernier suive l’éducation qui le rendra plus compétitif lorsque l’heure de faire ses premières armes sur le marché du travail aura sonnée.

Forcément, une telle éducation a un coût. (C’est la raison principale qui dissuade les parents coréens de faire plus d’un rejeton.) De part son rôle de chef de famille, c’est au papa que revient la lourde responsabilité de subvenir aux besoins de sa descendance en restant au pays afin de travailler. Le voilà donc contraint de « migrer » au gré de ses congés pour retrouver sa petite famille, bien installée à l’autre bout du monde. Le papa coréen fait décidément bien des sacrifices pour assurer un avenir radieux à son chérubin. Ce dernier lui en sera-t-il reconnaissant ? Rien n’est moins certain…

Posté par madamechoi à 16:50 - Société (vaste programme) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 septembre 2007

Papotera bien qui papotera la dernière

bellesEn zappant sur KBS le lundi soir, on tombe sur cet ovni d’émission télévisée mettant en scène une vingtaine de jeunes étrangères, habillées et maquillées bien comme il faut, et donnant la réplique à des invités qui ne sont autres que des célébrités (mâles s'il-vous-plaît) du showbiz. Portant le sympathique nom de 미녀들의 수다 (« le papotage des belles »), peut-être en clin d’œil au non moins sympathique long-métrage 킬러들의 수다 (« le papotage des tueurs »), l’émission consiste à débattre autour d’un thème culturel afin de confronter les habitudes et traditions étrangères à celles de la Corée. En fil rouge, un sondage auprès d’une centaine de personnes et dont les résultats se dévoilent au cours de l’émission. D’une vingtaine de demoiselles, ce talk show accueille désormais près d'une cinquantaine de papoteuses venus des quatre coins du monde SAUF… de la France (c’est-y pas malheureux, ça*.) En revanche, on peut y faire la connaissance de deux francophones, une camerounaise et une québécoise qui ont toutes les deux été interviewées pour l’émission radio Seoulscope (les écouter ici et ).

Ce papotage semble avoir rapidement trouvé son public puisque sa popularité a profité à quelques unes de ses « vétéranes » qui ont depuis quittées ce tremplin pour se lancer à la conquête du petit écran. On reconnaîtra notamment la britannique Eva, la canadienne Lu-vada et la japonaise Saori dans plusieurs spots publicitaires ainsi que sur les plateaux d’émissions de variétés, ce qui les élèvent désormais au statut de 탤런트 (« talent », à prononcer tai-leun-tte). En attendant d’éventuelles retrouvailles dans 10 ans, on leur souhaite pleins de bonnes choses.


* A toutes les françaises de Corée qui souhaitent remplir la place désespérément vide de la France sur ce plateau, Madame Choi conseille de remplir le questionnaire d’introduction des papoteuses et de l’envoyer directement à KBS pour réparer au plus vite ce grand tort. D’ailleurs, elle va donner l’exemple et s’y coller la première (non qu’elle croit avoir une chance, sauf peut-être pour la version 아주마들의 수다) :

국적 (pays)

프랑스

직업 (occupation)

주부

취미/ 특기 (passe-temps / talent)

글쓰기

한국 거주기간 (temps passé en Corée)

1년 정도

왜 한국에 오게 되었나? (pourquoi êtes-vous venue en Corée)

신랑 따라서 왔어요

가장 좋아하는 한국 연예인 (vos artistes coréens préférés)

개그맨 이영자
탤런트 김원희

가장 좋아하는 한국 음식은? (votre nourriture coréenne favorite)

순대 ; 약밥 ; 회덮밥 ; 삼겹살

평소 즐겨보는 한국 TV프로그램은? (l’émission TV qui vous divertit habituellement)

무한도전

한국에서 가장 즐겨가는 곳은?/ 이유는? (l’endroit en Corée qui vous plaît/divertit le plus et pourquoi)

광장시장등 시장구경하기 맛있는것과 신기한것도 많기 때문에

한국에서 아름답다고 생각하는 곳은? (le bel endroit en Corée selon vous)

조용하고 자연미가 조화된 정원이 있는 창덕궁

한국에서의 경험 중 가장 재미있었던 경험은? (de toutes vos expériences en Corée, la plus amusante)

미장원에서 염색할때 귀에다 머리에 씌우는것과 같은 귀마개를 씌웠을때

고국의 친구들에게 한국을 소개한다면 뭐라고 하겠는가? (comment présenteriez-vous la Corée à vos compatriotes ?)

한국사람을 만나보고 치해져 보세요.
왜냐하면 이많고 열정적이고 즐거운 시간을 보낼수 있으니까요!

Posté par madamechoi à 18:07 - Société (vaste programme) - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2007

De la fugue des femmes enceintes

Les mots du vocabulaire courant des coréens peuvent parfois être révélateurs de phénomènes de société pour le moins intéressants. Prenons par exemple le terme 원정 출산. Il peut se traduire mot à mot par « accouchement au loin » et désigne notamment le pregnancy tourism ou tourisme de grossesse auquel s’adonnent de plus en plus de coréennes enceintes. On évoque ici l’exemption de service militaire (dans le cas d’un garçon) comme principale raison, mais ce n'est pas la seule : si la destination privilégiée reste bien entendu les Etats-Unis, c’est aussi parce que la fameuse carte verte permettra à l’enfant d’y poursuivre ses études voire de s’y installer un jour…

tourismegrossesseUne recherche sur naver nous innonde de liens vers ces agences de tourisme particulières, qui vont donc proposer aux futures mamans un package incluant le voyage A/R vers la terre promise ou l’île de Guam, territoire U.S. à quelques heures de vol seulement de Séoul, l’hébergement en condominium ou en résidence de luxe, le séjour en clinique spécialisée, des visites guidées (histoire de prendre quelques photos souvenirs), et jusqu’à la prise en charge des procédures administratives nécessaires pour acquérir le fameux SSN (Social Security Number) et le passeport américain. Le coût de ces prestations est bien sûr à la hauteur des ambitions (et du portefeuille) des plus hautes élites du pays, même si la tendance semble suggérer une popularisation du phénomène. Assez mal vu par les coréens (car illustrant clairement un manque de confiance envers la société qui, pour ces parents migrateurs, semble incapable d’assurer l’avenir de leur enfant), il n’est pourtant pas l’apanage de la Corée. Hong Kong par exemple fait face à un problème similaire avec 30 % des bébés naissant sur l’île de mères non-résidentes. Même pourcentage que celui des cliniques de Los Angeles où 30 % des nourrissons sont d’origine coréenne…

Posté par madamechoi à 15:34 - Société (vaste programme) - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2007

정 – la sympathie dans les gènes

Pour sa première émission, « Rank Korea » (diffusé sur Arirang TV) a choisi d’entrer directement dans le vif du sujet en abordant un thème cher et propre à la culture coréenne et dont la traduction et l’explication s’avèrent souvent ardues car sans véritable équivalent en occident. Cette notion est celle du (情) auquel les coréens font référence pour exprimer ce sentiment de solidarité fraternelle qu’ils ressentent envers leur prochain, à condition bien entendu que certains préalables soient réunis. A titre d’exemple, on retrouve ce même 정 dans les termes 심정 (cœur), 동정 (compassion) et 애정 (bonté).

Questionnés sur le sujet, les internautes de naver se sont prononcés et les résultats des votes se sont traduits par ce classement des 5 situations (plus ou moins dans le désordre) favorables à l’expérience du 정 :

  • La cuite collective. Les coréens tiennent décidemment à leur soju, anti-inhibiteur par excellence qui sert également de ciment relationnel et incidemment, de tremplin professionnel. Bref, un vrai concentré de 정 en bouteille qui permet de se faire des amis pour la vie en l’espace d’une soirée (pourvu qu’on tienne un peu l’alcool).
  • Le frottage de dos par un(e) inconnu(e). On a rarement le bras assez long pour se nettoyer comme il faut entre les omoplates, d’où l’intérêt de se rendre dans les bains et sauna publics où les mains serviables ne manquent pas. Certes, on n’a pas élevé les cochons ensemble mais dans un lieu où le 정 suinte des murs, ça n’a vraiment pas d’importance.
  • La vente des bijoux de famille. Suite à la dévaluation du Won par l’IMF en 1997, les coréens ont été exhortés par le gouvernement à vendre leur or afin que le pays puisse racheter du dollar. Poussé par ce sentiment de 정 national, le peuple s'est bien volontairement exécuté. Invitée à se prononcer sur le sujet, Ida Daussy n’a pas omis de souligner que les français avaient fait de même pour sauver leur pays au début du siècle dernier.
  • Debout les jeunes ! C’est devenu un réflex de se lever et de céder sa place dans les transports aux personnes âgées, lorsque les sièges qui leur sont réservés sont déjà occupés. De même, on offre ses genoux pour permette à une personne chargée et debout de se soulager de son fardeau le temps du trajet (mais non, on ne veut pas vous voler votre sac, enfin !)
  • C’est le nôtre. Et pas le mien. En parlant notamment de leur pays ou de leur famille, les coréens emploient systématiquement le terme 우리 qui signifie notre, car mes parents sont aussi un peu les tiens puisque nous sommes tous coréens. Cette habitude de s’identifier ainsi à une entité plus vaste, englobant les voisins, les collègues, et finalement, tous les membres de cette grande communauté nationale est sans doute le trait le plus caractéristique du 정 coréen, assurément introuvable ailleurs dans le monde (ils devraient d’ailleurs penser à breveter le procédé).

Si malgré tous ces exemples, la nature du 정 vous élude encore, soyez rassurés ; c’est tout à fait normal. Après tout, n’est pas coréen qui veut !

Posté par madamechoi à 15:58 - Société (vaste programme) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 février 2007

Seonsik, la potion magique des coréens

Inconnu des dictionnaires, le terme 선식 (sunsik ou seonsik) est pourtant bien coréen et fait référence à un mélange savamment dosé de graines, de végétaux séchés et de graminées, réduits en une fine poudre destinée à être consommée diluée dans un grand verre de lait ou d’eau assaisonné au miel liquide. Conscients de la popularité grandissante des produits libellés well-being (un anglicisme dont les coréens sont friands), les grands supermarchés consacrent tout un rayon à cette boisson dont les bienfaits sont évoqués avec grandiloquence par les vendeuses, généreuses en échantillon. A priori peu engageant, le breuvage – dont couleur varie selon les ingrédients – ne manque cependant pas de goût. Ceux qui ont du mal avec le bol de riz et la soupe dès le matin apprécieront l’alternative.

La santé étant une "affaire" sérieuse en Corée, il faut toutefois y mettre le prix. A titre d’exemple, pour 2,5kg du mélange Seonsik du matin (아침선식) de la marque Mother Love (엄마사랑), comptez 38 000 WON (soit environ 31 EUR). Mais à ce prix-là, vous en aurez pour votre argent. Voyez un peu les ingrédients : riz non mondé, riz glutineux, orge, haricot noir, maïs, sorgho, blé, châtaigne, igname sauvage, chou, oignon, armoise, algue, épinard, courge, champignon, aiguille de pin, cacahuète, sésame noir, graines de tournesol, graines de courge et plein d’autres choses encore que mon dictionnaire n’a pas cru bon répertorier. De quoi démarrer la journée du bon pied. Et quoi de mieux pour accompagner cet élixir énergétique que le seonsik cookie, une barre céréalière essentiellement à base de haricots noirs (aux propriétés digestives reconnues) et ne contenant bien entendu pas un gramme de sucre. Là encore, il va falloir débourser 20 000 WON (16 EUR) pour la boîte de 600g. Mais tout le monde le sait : la santé n’a pas de prix…

Seonsik

Posté par madamechoi à 17:25 - Société (vaste programme) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2007

La « Bokko Dance »

Le « phénomène funtwo » (accès à une célébrité virtuelle mondiale par le biais d’Internet) continue de faire des émules. Ainsi, malgré la fin de l’été 2005, les irritants Ma Ya Hi des Moldaves O-Zone ne se sont pas tus mais ont été repris de plus belles dans d’innombrables parodies, dont celle d’un certain Gary Brolsma qui, depuis, a assumé avec humour son vedettariat et récidive avec le new numa.

Tandis qu’européens et américains ont choisi de porter aux nues cette (damnée) Numa Numa Dance, les japonais eux préfèrent se trémousser au rythme de la Haruhi Suzumiya Dance, une chorégraphie tirée d’une animation du même nom. Et qu’en est-il des coréens ? Ils ont leur propre Bokko Dance, une chorégraphie veillotte remise au goût du jour par la jeune chanteuse Bae Seul Ki et qui donne ceci :

Un mouvement de bras vous a échappé ? Pas de panique. Voici un tutorial qui devrait vous permettre de devenir rapidement la nouvelle star des clubs de Séoul :

Billet inspiré par cet article de Boing Boing.

Posté par madamechoi à 06:49 - Société (vaste programme) - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 décembre 2006

Rencontre de quatrième type

On sait qu’ils existent, notamment au Japon où la robotique ménagère est en plein boom, mais se retrouver face à face avec un spécimen opérationnel et autonome, c’est comme se retrouver au carrefour de la fiction et du réel.
robotDéambulant parmi les voyageurs du hall de la gare de Séoul, ces nouvelles hôtesses au teint pâle et au timbre numérique se font difficilement discrètes. Equipées de LED à la place des yeux, d’un micro au niveau du cou, d’un écran tactile en guise de poitrine, d’une imprimante intégrée et de toute une collection de gadgets que mon minable niveau de coréen n’a pas su identifier (car Madame Choi a interagi avec la chose !), ces petites merveilles à roulettes sont dotées d’un comportement assez intuitif, ralentissant et s’arrêtant à l’approche de passants potentiellement intéressés par leurs services (plan de la gare et de ses boutiques pour les voyageurs perdus, impression de billets de train etc.) Si elles semblent capables de détecter les mouvements à hauteur d’yeux, elles sont toutefois aveugles quand il s’agit d’obstacles bas et inertes. Mais qu’à cela ne tienne. Leur gestion des collisions prévoit une marche-arrière suivie d’un petit demi-tour. Et hop, ça repart ! Ces prototypes sont toutefois encore en test et quelques défauts restent à corriger, certains s’obstinant à vouloir communiquer avec un banc… Le fabricant ? Une société coréenne du nom de (tenez-vous bien)… Robotech ! [ Penser d'ailleurs à leur demander si les « bras » sont purement esthétiques ou s’ils ont une fonctionnalité quelconque. ]

Posté par madamechoi à 01:46 - Société (vaste programme) - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 novembre 2006

Du comique des dramas

Prononcé à l’américaine (drwa ma), le drama est un terme qui s’est incrusté dans la langue coréenne pour désigner les séries télévisées. A forte tendance romantico-mélodramatique, certaines séries toutefois ne manquent pas d’humour, à l’image de cette comédie romantique, 포도밭 그사나이Le garçon du vignoble »), minisérie de 16 épisodes (format relativement courant), diffusée cet été en Corée, et qui est une excellente illustration des caractéristiques propres à tous les dramas dont voici les principaux ingrédients :

  • deux protagonistes faits l’un pour l’autre mais que tout sépare (en l’occurrence, une jeune citadine ambitieuse et un garçon de la campagne) ;
  • des obstacles, souvent incarnés par des parents intransigeants et/ou des ex ou potentiels partenaires (dans ce cas précis, un jeune médecin à la carrière prometteuse et une ancienne petite amie devenue chercheuse mais toujours amoureuse) ;
  • des situations romantiques à foison (une chasse au cochon fugueur, une nuit sous la tente, une visite aux lucioles etc.)
  • deux fois plus de prises de tête, de malentendus et de je-t’aime-moi-non-plus ;
  • no kiss, même pas un petit bécot sur la joue (il faut attendre le 16ème et dernier épisode pour cela) ;
  • un épisode final par conséquent ultra-concentré pour dénouer d’un coup tous les fils de l’intrigue (deux bisous plus tard et c’est déjà le mariage !)

Bref, du pur bonheur pour les fleurs bleues comme Madame Choi, élevée malgré elle aux grotesques patins d’Hélène, les garçons & Co (avait-on alors le choix ?). Pourtant, malgré un scénario et des dialogues softissimes, la série est tout de même interdite aux moins de 15 ans !

podo02Le pitch en quelques mots : un grand oncle propriétaire d’un champ de vignes et sans descendance décide de léguer sa terre à sa petite nièce, Ji-hyun (YOON Eun Hye), à condition qu’elle vienne se consacrer à l’élevage du raisin pendant un an. Au début fort réticente, la jeune fille qui vient comme par hasard de perdre son travail finit par changer d’avis en apprenant la valeur immobilière du terrain. S’imaginant y passer un an de vacances, elle va vite déchanter en s’apercevant, une fois sur place, de la difficulté de la tâche. Les incessantes réprimandes de son tuteur, le jeune Taek-ki, (OH Man Suk) rendent son quotidien infernal. Ravalant sa fierté, il lui faut apprendre à obéir et abandonner à contrecœur ses tenues de midinettes et ses chaussures à talons contre des bottes en caoutchouc et des tenues de travail qui sont loin de flatter la silhouette. Malgré les pleurnicheries de l’une (qu’il faut supporter pendant moult épisodes), et les rustreries de l’autre, les personnages deviennent vite attachants. L’accent chantant de Jeollado (province du Sud) aidant, ce petit tableau champêtre qui fleure bon l’été est une vraie bouffée d’air frais qui se distingue par sa gaité candide des autres dramas aux histoires tortueuses et tourmentées.

Le visage de l’actrice vous est familier ? Elle n’était autre que membre du populaire (en son temps) girls band Baby V.O.X et débuta à la télévision dans la série Princess Hours. Quant à son partenaire, également issu de la scène, il fit ses armes au théâtre dans la pièce Yi (qui inspira le fameux King and The Clown) pour lequel il reçu la récompense de Best New Stage Actor en 2001, et la comédie musicale Hedwig, qui lui valu une autre récompense en 2005, celui de Best Musical Actor. Si ça donne pas envie, ça… !

PS : pour découvrir de nouveaux dramas, ce lien vous donnera quelques pistes.

Posté par madamechoi à 05:43 - Société (vaste programme) - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2006

Un pays en guerre

Avec ses touristes, son économie florissante et ses fêtards nocturnes, il est facile d’oublier que la guerre de Corée est à ce jour toujours en suspens. En effet, ce n’est pas un traité de paix qui a été signé en 1953 mais un simple cessez-le-feu. Si l’on y regarde de plus près, certains signes trahissent cet état de fait, telles que :

  • un service militaire de 24 mois obligatoire pour tous les hommes (il était autrefois de trois ans) ;
  • une présence militaire américaine pour le moins ostentatoire (au nombre de 30 000, les militaires américains occupent notamment la base de Yongsan, une véritable « Americatown » en plein cœur de Séoul, que la ville souhaite se réapproprier) ;
  • 15% du budget de l’Etat investi dans la défense (chiffres de 2003) ;
  • des avions de chasse qui écument le ciel du pays à n’importe quelle heure du jour et de la nuit ;
  • d’inquiétantes sirènes (entendues pour la première fois pas plus tard qu’aujourd’hui !) qui ne sont pas sans rappeler celles de Paris, actionnées tous les premiers mercredis de chaque mois ;
  • des masques à gaz disponibles dans les stations de métro (en prévision d’attaques chimiques ou bioterroristes ?) ;
  • des barbelés le long des plages proches des côtes du nord ;

Mais malgré tout, la vie continue de plus belle et l’on replonge aussitôt dans son confortable train-train, jusqu’à en oublier nos belliqueux voisins.

Posté par madamechoi à 16:50 - Société (vaste programme) - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3   Page suivante »