Madame Choi

La Corée au quotidien...

18 février 2009

Boom, quand notre pont fait boom…

En réalité, ce n’est pas un pont, mais la chose est bien destinée à exploser afin de ralentir l’avancée des troupes nord-coréennes si jamais il leur prenait l’envie d’envahir leur voisin du sud. Et qu’elles arriveraient jusque là… En revanche, rassurez-vous mesdames. La construction n’est pas blindée d’explosifs, m’affirme Monsieur Choi. L’armée sud-coréenne est suffisamment bien équipée pour pouvoir faire exploser ce tas de béton à distance (un tank par exemple ?) Espérons maintenant que ça ne servira jamais…

Bravo à ceux qui ont trouvé l'utilité de cette construction insolite et merci à tous pour vos commentaires !

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07 mai 2008

Des françaises en Corée du Nord ?

Le Figaro puis le Chosun Ilbo se sont fait l’écho de cette information dont la France ne sait apparemment que faire. C’est le Japon qui, dans le cadre de sa campagne pour libérer plusieurs otages japonais détenus en Corée du Nord depuis plus de 30 ans, aurait recueillis des témoignages concordant faisant état de l’existence d’au moins trois françaises retenues contre leur gré dans une certaine « résidence des invitées ». Kim Jong-il y aurait semble-t-il « invité », dans les années 70, des dizaines de personnes de nationalités différentes, au gré des besoins de ses services secrets, dit-on. Si les témoignages des quelques otages libérés récemment sont un tant soit peu fondés, il serait plus que grand temps de s’intéresser à leur sort.

Et si quelqu’un pouvait se charger d’inculquer quelques notions de savoir-vivre à ce « cher leader » de Kim-Jong-il qui, de toute évidence, semble avoir du mal à saisir la subtile différence entre invitation et séquestration…

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07 octobre 2007

Bientôt une ?

Bien que tous les médias de la planète (ou presque) aient déjà couvert l’évènement, Madame Choi ne pouvait pas ne pas parler ici de cette semaine riche en temps forts. Non, il ne s’agit pas de la Paris fashion week mais de la rencontre entre le président sud-coréen Roh Moo-hyun et le leader nord-coréen Kim Jong-il. Pendant trois jours, les journalistes ont observé, analysé, disséqué le moindre geste, la moindre parole de l’un ou l’autre des dirigeants afin d’y lire les signes que tous attendent : une réconciliation prochaine. Bien que le chemin soit encore long, l’espoir est pourtant de mise, malgré le pessimisme des investisseurs qui se reflètent dans la pusillanimité des marchés boursiers. On avait de quoi être septique : la première réunion au sommet entre Nord et Sud en 2000 (Kim Dae-jung était alors président de la Corée du Sud) n’ayant pas vraiment fait avancé le smilblick.
sommetMalgré un accueil chaleureux et fleuri de la part des nord-coréens (impossible de s’imaginer Kim Jong-Il reçu avec les mêmes égards à Séoul), le soir du 2 octobre dernier, on ne parlait qu’avec inquiétude de l’attitude distante de l’hôte de ce sommet envers son homologue sud-coréen, de quatre ans son cadet (oui, en Corée c’est important de connaître l’âge de son interlocuteur pour savoir quelle conduite adopter à son égard). Mais le lendemain, après la remise des cadeaux que Roh avait apportés (parmi lesquels un paravent de nacre, un plat en céramique richement décoré, du précieux thé, et quelques centaines de DVDs de films sud-coréens, notamment ceux mettant en scène Lee Young-ae que l’on croit l’une des actrices préférées du leader), l’atmosphère paraissait nettement plus détendue, Kim Jong-il s’autorisant même un peu d’humour devant les journalistes. Il alla jusqu’à s’enquérir du bon déroulement du séjour de Roh : « le divertissement d’hier soir vous a plu ? (il s’agissait en l’occurrence du spectacle de masse intitulé Arirang) ; « vous resterez bien un jour de plus chez nous ! » Mais les deux moments clés que l’histoire retiendra surtout furent :

  • la traversée symbolique de la ligne de démarcation entre les deux Corées par le président Roh et son épouse, à pied ;
  • la ratification d’un texte qui devrait déboucher sur des échanges économiques accrus et surtout, la signature d’un vrai traité de paix qui mettrait enfin un terme à un conflit vieux de plus de cinquante ans.

Il était grand temps. Continuons à croiser les doigts…

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25 juillet 2007

Chronique d’un voyage en enfer

Je remercie Odile d’avoir attiré mon attention sur cet article troublant. Vivre un cauchemar sans le savoir… le malheureux Shin Dong Hyok avoue parfois souhaiter ne s’être jamais réveillé. C’est dire à quel point il vient de loin. Au fur et à mesure des défections, les témoignages de transfuges en provenance du Nord contribuent à affiner la vision que l’on peut avoir de cet état si médiatique et tellement secret à la fois. Les doutes se dissipent. Les soupçons se confirment : l’empire de Kim Jong-Il semble s’être coincé dans une faille temporelle où certaines pratiques de torture que l’on qualifierait par chez nous de moyenâgeuses sont affreusement contemporaines. Tandis que son allié voisin – la Chine – s’est depuis plusieurs années résolument engagé sur le chemin de la mondialisation sans état d’âme, la Corée du Nord parait se retrancher chaque année un peu plus derrière ses barbelés, trop fière pour avouer ses crimes (mais pas assez pour refuser l’aide humanitaire du Sud.)

aquariumspyongyangCeux qui souhaitent se faire une idée plus précise de la vie quotidienne des coréens au-delà du 38° parallèle à 60 Km au nord de Séoul, trouveront le livre de Kang Chol-Hwan très instructif. Né en Corée du Nord d’une famille aisée d’ex-résidents au Japon venue s’installer dans ce paradis communiste, il raconte sa jeunesse heureuse à Pyongyang, jusqu’au jour de la « disparition » de son grand-père. Les choses rapidement se gâtent. Chol-Hwan n’a pas 10 ans lorsqu’il est envoyé avec sa petite sœur, sa grand-mère et son père dans le camp de Yodok y faire l’expérience de la faim, de la violence, de la délation et de la mort. Pendant que Madame Choi traversait tant bien que mal sa crise d’adolescence, Chol-Hwan était de corvée funéraire, obligé de transporter et d’enterrer les morts du jour, non sans les avoir dépouillés de leur vêtements et chaussures, denrées précieuses à Yodok où il manque de tout. Lorsque enfin, il en sort, Chol-Hwan a 19 ans. Débute alors un nouveau voyage, celui qui mène quelques rares chanceux à la liberté pour laquelle nombreux vont jusqu’à payer de leur vie. Avec le recul et un regard critique qui s’est depuis aiguisé, l’auteur souligne les anomalies de ce système répressif corrompu jusqu’à la moelle :

« Ce régime qui ne cesse de dénoncer le capitalisme a développé un type de société où l’argent est roi, plus encore que dans une société capitaliste. »

Autrement dit, grâce aux devises étrangères qui leur parviennent, du Japon essentiellement (où résident leurs proches), les nord-coréens « riches » peuvent espérer mener une vie correcte. Les autres doivent se contenter d’un quotidien chaque jour plus pénible et misérable. On est bien loin de toute idéologie communautaire…

Les Aquariums de Pyongyang

Kang Chol-Hwan
Robert Laffont (2000)

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25 février 2007

Lapin-garou et an 2012

La Corée dans l’actualité, c’est d’abord l’impression d’un nouvel aveu de la Corée du Nord qui, en s’intéressant à l’importation et à l’élevage de lapins géants d’Allemagne, semble confirmer une nouvelle fois l’existence d’un réel problème de famine touchant ses 23 millions d’habitants (que la malnutrition a rendu d’autant plus vulnérables à la rougeole, qui sévit depuis novembre 2006). Avec 7kg de viande comestible par animal, le lapin géant serait a priori LE remède-miracle, mais qui dit méga-civet dit aussi gros appétit : l’animal se nourrirait d’un kilo de graines et de légumes par jour. Ce qui fait dire à Ohmynews que quelques millions de ces bestioles pourraient finir par consommer quotidiennement plus de riz et de pommes de terre que toute la population nord-coréenne réunie…

metroseoulPendant ce temps-là, le sud-coréen moyen vit en plein futur sans le savoir. C’est du moins l’avis de Benjamin Joffe qui confie à MétroFrance que « le technophile parisien de l'an 2012 est (…) à peu de choses près un mix du Séoulite et du Tokyoïte d'aujourd'hui. » En effet, le Séoulite d'aujourd'hui profite de services dont le parisien rêve encore, notamment la couverture du métro par les réseaux télécom, ou encore, la réception et la visualisation de ses émissions TV favorites sur l’écran haute résolution de son portable. Un petit tour dans les transports confirme le nouveau statut de cet accessoire indispensable (pardonnez l’oxymore), devenu le meilleur ami des coréens qui ne s’en séparent pour ainsi dire jamais.

Sinon, en vrac :

  • Kim Jong-il s’en prend aux voitures nippones qui osent tomber en panne et bloquer les routes de son beau pays (au vue des autoroutes vides, on est en droit de se demander comment un seul véhicule peut causer tant de désagréments au « grand leader ».)

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06 janvier 2007

L'année 2006 de la Corée

Parmi les grands moments de l’actualité 2006, la Corée a d’abord brillé par son absence au festival international de Cannes, qui avait accueilli l’année précédence pas moins de trois réalisateurs sud-coréens, Hong Sangsoo, Kim Jee-woon et Kim Ki-duk.

Puis vint la Coupe du Monde et ce piège de groupe G, qui donna aux rues de Séoul et aux présentateurs télévisés l’occasion de se parer de couleurs écarlates pendant quelques brèves semaines.

Peu de temps après survint la crise des missiles de juillet, suivi à quelques jours près d’un typhon ravageur qui mit à nouveau Pyongyang au cœur des débats diplomatiques internationaux. L’essai nucléaire deux mois plus tard n’a pas arrangé les choses et les sanctions ne se sont pas fait attendre. 

Côté bonnes nouvelles, Shinzo Abe, le nouveau premier ministre japonais, s’est mis en devoir de réparer les dommages causés aux rapports de bon voisinage par son prédécesseur Koizumi en faisant de Pékin et de bankimoonSéoul ses deux premières destinations à l’étranger, devant les Etats-Unis. Quant à Ban Ki-moon, ministre des affaires étrangères, il a été nommé (comme prévu) au poste de secrétaire général de l’ONU, succédant au très médiatique Kofi Annan.

Pour terminer l’année en beauté, une bonne nouvelle pour les poissons de Pusan qui vont sous peu pouvoir se faire soigner dans un nouvel hôpital aquatique. Les contribuables, principaux « actionnaires », ne semblent pas vouloir contester cette initiative du gouvernement sud-coréen.

Et maintenant, reste à deviner ce que nous réserve 2007. Parmi les prédictions faciles, certainement un mini baby-boom, conséquence directe d’une astrologie chinoise pour le moins optimiste.

Mais 2007 sera aussi un premier pas vers les étoiles pour le premier ou la première sud-coréen(ne) à voyager dans l’espace. Les deux candidats ont été sélectionnés le mois dernier pour un vol spatial à destination de ISS, prévu pour avril 2008. Début de l’entraînement dès le mois de mars…

Pour le reste, surprise !

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16 octobre 2006

Un pays en guerre

Avec ses touristes, son économie florissante et ses fêtards nocturnes, il est facile d’oublier que la guerre de Corée est à ce jour toujours en suspens. En effet, ce n’est pas un traité de paix qui a été signé en 1953 mais un simple cessez-le-feu. Si l’on y regarde de plus près, certains signes trahissent cet état de fait, telles que :

  • un service militaire de 24 mois obligatoire pour tous les hommes (il était autrefois de trois ans) ;
  • une présence militaire américaine pour le moins ostentatoire (au nombre de 30 000, les militaires américains occupent notamment la base de Yongsan, une véritable « Americatown » en plein cœur de Séoul, que la ville souhaite se réapproprier) ;
  • 15% du budget de l’Etat investi dans la défense (chiffres de 2003) ;
  • des avions de chasse qui écument le ciel du pays à n’importe quelle heure du jour et de la nuit ;
  • d’inquiétantes sirènes (entendues pour la première fois pas plus tard qu’aujourd’hui !) qui ne sont pas sans rappeler celles de Paris, actionnées tous les premiers mercredis de chaque mois ;
  • des masques à gaz disponibles dans les stations de métro (en prévision d’attaques chimiques ou bioterroristes ?) ;
  • des barbelés le long des plages proches des côtes du nord ;

Mais malgré tout, la vie continue de plus belle et l’on replonge aussitôt dans son confortable train-train, jusqu’à en oublier nos belliqueux voisins.

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05 juillet 2006

Le temps des... missiles

La Corée du Nord, seul pays au monde à narguer de sa superbe les puissants Etats-Unis (et leurs alliés par la même occasion), n’en font décidément qu’à leur tête. Pas moins de 6 missiles ont été tirés ce matin, dans le cadre de soi-disant essais. Cela n’est pas sans rappeler les essais nucléaires conduits dans le Pacifique par le Président Jacques Chirac au début de son premier mandant, en 1995, et les protestations de l’opinion publique internationale qui s’en était alors grandement émue. Seulement voilà, la France n’est pas la Corée du Nord. Pour avoir une idée de l’isolement dans lequel se trouve actuellement cette république populaire établie dès 1945, il faut se rappeler des quarante ans d’occupation japonaise qui ont pris fin avec la Seconde Guerre Mondiale et la défaite du Japon contre les alliés. L’indépendance de la Corée avait alors été proclamée. Malheureusement, une coutume arriérée selon laquelle les vainqueurs ont droit de faire main basse sur le butincoreedunord de guerre – en l’occurrence, la péninsule coréenne – fait que celle-ci se retrouve partagée au 38° parallèle entre les soviétiques et les américains. Sous couvert de protectorat, la Corée ne devient ni plus ni moins qu’une colonie moderne. C’est à ce moment là que l’ONU manqua à ses devoirs en laissant les américains commettre l’irréparable (et je cite un article du Wikipédia à ce sujet, fort bien écrit) :

« Les États-Unis […] suppriment les comités de libération nationale, et maintiennent les fonctionnaires japonais et coréens de l'administration impériale japonaise, tout en confiant le maintien de l'ordre à la police japonaise. Contrairement à la Corée du Nord, la Corée du Sud n'a ainsi pas conduit d'épuration des collaborateurs pro-japonais de la nouvelle administration sud-coréenne. »

Autrement dit, c’est comme si le Régime de Vichy secondé par les allemands se serait retrouvé à gouverner la France après la Libération et que les résistants se seraient barricadés au Nord de la Seine ! Une aberration qui laisse comme un goût d’amertume dans la bouche des sud-coréens, de plus en plus nombreux à regretter une situation aujourd’hui irrévocable. Et pour couronner le tout, les livres scolaires japonais passent cette colonisation sous silence, effleurant à peine le sujet et sous-entendant que leur pays serait venu apporter la civilisation au peuple coréen. Aussi impensable que l’occultation des camps de concentrations dans nos leçons d’histoire, par exemple. Et pourtant…

Posté par madamechoi à 17:25 - Un peu d'Histoire - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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