03 septembre 2009
Watching (over) you
05 août 2009
엄마 안티카페 – Forum Anti-Maman, la goutte d’eau…?
Madame Choi s’est souvent demandé, en croisant dans les rues de son quartier des écoliers rentrant de leurs cours du soir à pas d’heure, si tout ce temps passé à étudier contribuerait un jour au bonheur de cette nouvelle génération perfusée d’esprit de compétition.
Loin d’éprouver de la gratitude envers leurs parents prêts à faire de nombreux sacrifices pour assurer la meilleure éducation à leurs enfants, ceux-ci semblent plutôt nourrir un ressentiment grandissant, comme l’illustre ce forum anti-maman, créé sur Internet par une adolescente, et qui a dernièrement fait couler beaucoup d’encre. En effet, peu de temps après sa création, le forum s’est rapidement rempli de nombreux messages d’élèves venus dénoncer ce joug matriarcal dont ils ne peuvent se soustraire. Certes, épancher son fiel peut parfois s’avérer thérapeutique, mais l’agressivité des commentaires fut telle qu’elle suscita bientôt de nombreuses réactions de la part des internautes, venus soit exprimer leur sympathie ou bien critiquer ce manque de déférence vis-à-vis de l’autorité parentale.
Si le forum en question est aujourd’hui fermé, il a au moins eu le mérite d’engranger un vrai débat sur les raisons de la détérioration des rapports familiaux dans la société actuelle, et la part de responsabilité de cette fièvre de l’éducation dont semblent atteinte la grande majorité des mères de famille coréennes. Un internaute remarquait d’ailleurs assez justement que l’éducation d’aujourd’hui, « c'est la guerre par procuration entre les mamans. »
D’après ce billet de Kim Hyejin
A ceux qui souhaiteraient se faire une idée du profil type de la maman coréenne, je suggère la lecture du blog de Chiyo, Stuff Korean Moms Like, à prendre au second degré (enfin, je crois !)
15 octobre 2008
Internet, ce cinquième pouvoir…
Le décès de l’actrice Choi Jin-sil le 2 octobre dernier a plongé les coréens dans la stupeur et mit en exergue un phénomène qui prend en Corée des proportions terrifiantes : le cyber-harcèlement. Cas d’école : l’infortunée Dog Poop Girl (개똥녀) qui, sans aller jusqu’au suicide (bien qu’elle l’envisagea un temps), fut néanmoins victime d’un cyber-lynchage sans précédent. Qu’avait-elle donc fait pour mériter cela ? L’incident remonte à 2005. Dans une rame de métro à Séoul, son chien a la mauvaise idée de faire soudain ses besoins par terre. Les passagers l’invitent à nettoyer, ce qu’elle refuse de faire. On lui offre même un mouchoir qu’elle utilise pour essuyer le petit derrière de son toutou, ignorant les requêtes indignées des témoins de la scène. Malheureusement pour elle, une photo est prise à son insu. En l’espace de quelques heures, le cliché fait le tour du web coréen et il suffira de quelques jours pour que l’identité de la jeune fille soit dévoilée. Les internautes se lâchent. On ne peut qu’imaginer l’enfer qu’elle vécu pendant les semaines qui suivirent ce qui au départ ne devait être qu’un fait divers parmi d’autres et qui devint scandale par le biais d’Internet. Elle ira d’ailleurs jusqu’à abandonner ses études car on l’a reconnaissait sur le campus.
Le scandale qui éclata à propos de Choi Jin-sil fut d’une toute autre nature. L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque l’acteur Ahn Jae-hwan fut retrouvé mort dans sa voiture. L’enquête conclut au suicide par empoisonnement au monoxyde de carbone. Jeune mariée d’à peine quelques mois, sa femme, la comédienne Jeong Seon-hee est dévastée. Choi Jin-sil, une proche amie, partage sa peine. Et puis soudain, les médias se font l’écho des problèmes financiers de Ahn, qui l’aurait conduit à commettre cet acte malheureux. Des rumeurs commencent à circuler sur le net, accusant Choi d’avoir elle-même prêté de l’argent à l’acteur. Sans même l’ombre d’une preuve, la communauté des internautes se met en une campagne contre l’actrice qui, au bout de plusieurs semaines très éprouvantes, que l’on suppose faites de nombreuses nuits blanches, ne trouva d’autre moyen pour faire cesser ce harcèlement que de s’ôter la vie.
Choi Jin-sil était une véritable de star du petit écran (où elle apparaissait régulièrement dans des spots publicitaires), même si sa carrière compte également de nombreux long-métrages. On la savait talentueuse mais c’est dans la série My Rosy Life (2005) qu’elle émeut la Corée entière, avec un rôle tragique et une performance sans fausse note. Pourtant, sa vie fut loin d'être rose, au contraire. Pas de cuillère en argent dans sa bouche à la naissance. La famille est pauvre et Choi rêve de devenir star pour échapper à cette vie de misère et de privations. Côté cœur, elle épousera Jo Seong-min, sans doute le plus populaire joueur de baseball de l’époque, une union que les médias qualifient de « mariage du siècle » tant ces deux-là semblaient tout avoir pour être heureux. Mais le mariage ne dure pas. Enceinte de 8 mois de son deuxième enfant, Choi se retrouve à l’hôpital, couverte de bleues, après avoir, dit-on, fait part à son mari de ses soupçons sur une éventuelle liaison qu’il entretiendrait (soupçons qui furent confirmés par la suite.) Quelques mois après le divorce, Jo se remariait, causant un tollé général. Depuis, Choi, qui obtint la garde des deux enfants, se concentrait sur sa carrière.
En réaction contre les causes de son décès, le gouvernement coréen semble vouloir mettre en place un moyen de contrôler les messages publiés sur Internet par ses utilisateurs. Ce projet est-il réaliste ? Et surtout, ne va-t-il pas à l’encontre du principe démocratique selon lequel tout le monde a le droit de s’exprimer librement ?
L’une des premières conséquences de cette veille zélée : une critique dans un reportage télévisé des « cyber-cafés » destinés à recueillir les commentaires acerbes, violents ou menaçants d’élèves (anonymes) qui ont une dent contre l’un (ou plusieurs) de leurs professeurs, avec parfois photo à l’appui (prise bien entendu à l’insu de l’intéressé par l’intermédiaire d’un téléphone portable discret.) Les professeurs se montrèrent pour le moins choqués et inquiets de lire des accusations qu’ils considéraient sans fondement.
Alors, liberté du verbe, oui, mais à quel prix ? Phobie, dépression, suicide… ce sont là des souffrances bien réelles que certains « martyres » se voient obligés d’endurer pour que le reste d’entre nous puissions continuer à profiter d’une plume affranchie de toute censure certes, mais parfois aussi dénuée de bon sens et de réflexion. Et si la liberté d’expression était un peu comme l’eau ? Le fait qu’elle soit courante nous donne-t-il le droit d’en user sans réserve ?
27 janvier 2008
UCC World
Parmi les nouvelles du jour, on annonce que YouTube Korea vient « d’ouvrir ses portes » ! Mais la Corée, grande fan de User Created Content, en avait-elle vraiment besoin ? Les sites hébergeant des vidéos
créées ou remixées par les utilisateurs sont déjà légions. Citons par exemple PixCow, Looky, Tagstory, Pullbang, Diodeo ou encore, Seebox. YTK va peut-être essayé de sortir du lot en jouant sa carte internationale pour éventuellement servir de tremplin entre la communauté des utilisateurs coréens et celle des étrangers, qui ont rarement l’occasion de se côtoyer sur Internet.
09 juin 2007
Jingle bells
Hier se déroulait au Sejong Center la cérémonie annuelle des Grand Bell Awards (대종상), l’équivalent de nos césars ou des oscars américains, mais pour le cinéma coréen. Grand favori de la compétition, The Host n’est finalement reparti qu’avec 2 récompenses, celles du meilleur réalisateur et du meilleur montage, en égalité avec Family Ties qui s’est vu octroyé l’ultime « cloche », celle du meilleur film ainsi que celle du meilleur scénario. La surprise de taille (haha) vient de 200-Pound Beauty, trois fois récompensé (meilleure actrice, meilleure photo, meilleure musique). [Le détail des résultats ici.] Profitons de cette news cinéma pour féliciter, avec un peu de retard certes, la comédienne Jeon Do-youn pour sa palme cannoise.
Dans la catégorie « exclusivités coréennes », voici la page d’accueil Google destinée aux internautes coréens avec de petits gifs animés très sympas et surtout, pratiques (pour lancer Gtalk, ouvrir Gmail ou Picasa, gérer son calendrier, ses notes, etc. en un seul clic). Pour la version française, on remercie TechnOblogging (et merci aussi à tOiN0U pour la news).
Et sinon, que penser de cette PS3 de 80Go que Sony compte réservée exclusivement au marché coréen ? L’explication (haut-débit généralisé) nous rappelle qu’il ne faut pas considérer notre connexion à 100Mo de privilégiés comme acquise.
14 avril 2007
Le web coréen à votre service
Exit google et ses résultats inégaux. Pour qu’une recherche en coréen aboutisse, préférez les grands portails et moteurs de recherche nationaux tels que Daum, Nate, Yahoo Korea ou encore Naver dont la notoriété n’est plus à faire. Les résultats s'affichent préalablement classés par catégories : Liens sponsors, blogs, actualités, images, vidéos, dictionnaire, etc. La rubrique 지식 (지식iN sur Naver, 열린지식 sur Nate et 신지식 sur Daum) est particulièrement intéressante : ces bases de données répertorient les questions posées par les internautes et auxquelles répondent d’autres internautes. D’après ce bloggeur (que l’on cite ici), la raison du succès de ces grands portails qui ne craignent rien des moteurs étrangers serait due au fait que le pays et ses habitants soient très « homogènes ». (On ne pouvait pas trouver plus politiquement correct comme formulation.)
A la recherche d’une carte ou d’un itinéraire ? Naver (encore lui) propose un service complet pour les usagers du métro ainsi que pour les automobilistes ou les adeptes du bus (à condition de pouvoir préciser en coréen le lieu de départ et la destination). Seul le métro vous intéresse ? Rendez-vous directement ici ou là pour un service en anglais (menu English en haut à droite). Malheureusement avec ce dernier lien, l’orthographe des stations est parfois fantaisiste et, comme de nombreux sites coréens, il n’est pas compatible avec le navigateur Firefox. Parmi la concurrence, Congnamul présente des fonctionnalités similaires : pour un plan de quartier, cliquez sur 검색, pour un itinéraire en voiture, sur 길찾기 et pour un itinéraire en transports en commun, sur 대중교통.
25 février 2007
Lapin-garou et an 2012
La Corée dans l’actualité, c’est d’abord l’impression d’un nouvel aveu de la Corée du Nord qui, en s’intéressant à l’importation et à l’élevage de lapins géants d’Allemagne, semble confirmer une nouvelle fois l’existence d’un réel problème de famine touchant ses 23 millions d’habitants (que la malnutrition a rendu d’autant plus vulnérables à la rougeole, qui sévit depuis novembre 2006). Avec 7kg de viande comestible par animal, le lapin géant serait a priori LE remède-miracle, mais qui dit méga-civet dit aussi gros appétit : l’animal se nourrirait d’un kilo de graines et de légumes par jour. Ce qui fait dire à Ohmynews que quelques millions de ces bestioles pourraient finir par consommer quotidiennement plus de riz et de pommes de terre que toute la population nord-coréenne réunie…
Pendant ce temps-là, le sud-coréen moyen vit en plein futur sans le savoir. C’est du moins l’avis de Benjamin Joffe qui confie à MétroFrance que « le technophile parisien de l'an 2012 est (…) à peu de choses près un mix du Séoulite et du Tokyoïte d'aujourd'hui. » En effet, le Séoulite d'aujourd'hui profite de services dont le parisien rêve encore, notamment la couverture du métro par les réseaux télécom, ou encore, la réception et la visualisation de ses émissions TV favorites sur l’écran haute résolution de son portable. Un petit tour dans les transports confirme le nouveau statut de cet accessoire indispensable (pardonnez l’oxymore), devenu le meilleur ami des coréens qui ne s’en séparent pour ainsi dire jamais.
Sinon, en vrac :
- Kim Jong-il s’en prend aux voitures nippones qui osent tomber en panne et bloquer les routes de son beau pays (au vue des autoroutes vides, on est en droit de se demander comment un seul véhicule peut causer tant de désagréments au « grand leader ».)
- Un premier pas vers le désarment nucléaire de la Corée du Nord ? (ou encore une nouvelle promesse creuse pour parer au plus pressé ?)
- A Berlin, Park Chan-wook n’est pas reparti les mains vides puisque son film (I’m a cyborg but that’s OK) a été récompensé du prix Alfred Bauer.
- Gmail est désormais ouvert à tous les coréens sans invitation (tentative de Google pour récupérer les utilisateurs de son grand concurrent Naver ?)
24 septembre 2006
Du wiki en veux-tu en voici
Grâce à ce merveilleux moteur open source intercommunautaire, les wikis (sites encyclopédiques auxquels n’importe qui peut contribuer) se multiplient, couvrant les sujets les plus variés. Sur le thème qui nous intéresse (la Corée) et sans vouloir encourager des infidélités au grand Wiki-je-sais-tout, deux wikis, rédigés en anglais, semblent se concurrencer : Galbijim, d’une part, dont les contributeurs travaillent actuellement sur un projet de livre collectif (ce qui expliquerait pourquoi le Featured article n’a pas changé depuis 2 mois), et Wikia Korea d’autre part, qui semble opter pour une approche plus terre-à-terre des situations auxquelles tout expatrié en Corée sera un jour ou l’autre confronté, avec des articles tels que Comment trouver un travail autre qu’enseignant ou encore Comment créer sa page Cyworld. Les expatriés français en Corée étant légions, la question qu’on est en droit de se poser : à quand un "wiki Corée" dans la langue de Molière ?
En attendant, on peut toujours aller compléter cette page sur Visoterra ou encore celle-ci sur Wikitravel, ou bien proposer d’héberger un bloggeur de passage dans notre péninsule (pas encore représentée) grâce au wiki dédié à la squatte planétaire Can I crash?
13 septembre 2006
Sous les feux de la rampe (virtuelle)
Une certaine vidéo musicale, postée sur Youtube depuis décembre 2005, est en train de battre tous les records d’audience et de popularité. Vue plus de 8,6 millions de fois, elle a rendu son interprète, un mystérieux funtwo, plus que célèbre grâce à sa version rock du Canon de Pachelbel en D Majeur, elle-même inspirée d’un arrangement pour guitare électrique écrit l’année dernière par un artiste Taïwanais, Jerry Chang. Funtwo, à l’instar de nombres guitaristes amateurs, s’est enregistré en train de jouer le morceau, assis sur son lit, une casquette dissimulant son visage (« pour qu’on prête attention à mon doigté et non à mon apparence » dit-il modestement), avant de poster sa vidéo sur Mule. De là, un fan décide de faire partager ce prodige aux youtubers, avec le succès que l’on connaît.
Pourquoi en parler maintenant ? Parce que l’identité de funtwo, qui restait un mystère pour tout le monde, n’a été révélée que récemment,
dans un article dithyrambique du New York Times où l’on apprend qu’il s’agit d’un coréen, LIM Jeong Hyun, 22 ans et autodidacte qui plus est ! Un certain Alfonso Candra (12 ans) aurait tenté d’usurper l’identité du héros, mais une histoire d’auriculaire l’aurait trahi… Entretemps, Jerry C. (Zhang Yi Fang de son vrai nom) s’extasie sur le fait qu’un jeune mais néanmoins talentueux inconnu puisse connaître une telle popularité et avoue avoir été lui-même inspiré par la musique du film coréen My Sassy Girl avant d’écrire son Canon Rock. C’est Pachelbel qui doit être content.
21 août 2006
Cy(ber)world
L’annonce du lancement officiel du SNS (Social Networking System) Cyworld aux Etats-Unis est l’occasion de s’attarder sur un phénomène de société aux proportions ahurissantes. Lancé en Corée en 2001, ce service de minihompy (comprendre mini home-page), sorte de précurseur aux blogs « journaux intimes » d’aujourd’hui, comptait déjà un million de membres. Aujourd’hui, on avance le chiffre de 18 millions d’utilisateurs, soit un tiers de la population coréenne !
L’inscription exigeant le numéro d’identité unique à chaque citoyen de nationalité coréenne, ce service est difficilement accessible aux étrangers (à l’exception des pays ayant leur propre Cyworld tels que la Chine et le Japon). Une fois la procédure fastidieuse d’enregistrement terminée, on se retrouve dans son mini espace, illustré par une mini pièce habité par un mini-moi. Le succès financier de Cyworld repose essentiellement sur son système de micro-paiement permettant l’achat de « glands » (acorn, la monnaie Cyworld) nécessaires à l’acquisition du papier-peint, des meubles, des gadgets, de la garde-robe et des animaux de compagnie qui viendront agrémenter le mini appartement dans lequel évolue notre double virtuel.
Des outils « classiques » tels que forum, albums photos, liste d’amis et clubs sont également disponibles afin de faciliter le tissage de (cyber)liens entre les membres de cette méga-communauté. MySpace, principal concurrent de Cyworld aux Etats-Unis, offre à ses membres des outils similaires, à l’exception de ce « petit » plus qu’est la création d’une ambiance musicale et visuelle autour de son mini-avatar, et qui peut faire toute la différence. Seul risque : devenir un(e) cyholic.

