14 mai 2009
흥부 놀부 - L'histoire de deux frères et de leurs calebasses magiques
Il était une fois un vieil homme riche et généreux qui, au terme d’une vie bien remplie durant laquelle il travailla dur pour assurer à sa famille une vie aisée, fit appelé à son chevet ses deux fils, Nolbu l’aîné, et Hungbu le cadet. Il leur fit promettre de toujours être aimable envers leurs voisins et de continuer à vivre en harmonie, en se partageant la propriété et les terres qu’il leur léguait.
Néanmoins, après sa mort, Nolbu eu tôt fait d’oublier sa promesse et lui et sa femme se mirent à traiter Hungbu et sa famille en domestiques, leur infligeant des tâches toujours plus pénibles. Un beau jour, prétextant une discorde entre les deux épouses, Nolbu finit par chasser son frère de la maison.
Hungbu s’en alla donc avec sa femme et ses enfants, sans un mot. Après avoir errer toute la journée dans la campagne, ils se réfugièrent dans une grotte pour y passer la nuit. Dès le lendemain, Hungbu retroussa ses manches et se mit en devoir de leur bâtir une nouvelle demeure. Construit à partir de tiges de maïs séchées, de bambou et d’argile, l’humble cabanon était petit et inconfortable, mais personne ne s’en plaint. Ils vécurent donc ainsi, travaillant la terre et récoltant les baies et champignons des montagnes avoisinantes. L’hiver s’en vint, puis fit place au printemps.
Un beau jour, un couple d’hirondelle vint construire son nid sous le toit en paille de leur hutte. Le cri des oisillons résonna bientôt dans la maison de la famille de Hungbu. Malheureusement, un serpent affamé qui passait par là en fit un jour son repas. Hungbu ne peut sauver qu’un seul oiseau, qui était tombé du nid et gisait, la patte cassée, dans la cour. Il soigna l’animal et le remit dans son nid.
A l’automne, l’hirondelle s’en alla pour revenir au printemps suivant, avec un cadeau particulier. En effet, à son retour, l’oiseau fit tomber aux pieds de Hungbu une graine blanche. Celui-ci, intrigué, décida de la planter dans le jardin. Une petite pousse apparue bientôt et au bout de quelques semaines, la plante fut en fleur. Hungbu et son épouse eurent un jour l’agréable surprise de voir mûrir cinq grosses calebasses. Ils se réjouirent à l’idée de déguster leur pulpe avant de les sécher pour en faire de belles louches qu’ils iraient ensuite vendre au marché.
Mais le jour où ils décidèrent d’ouvrir le premier de ces gros fruits mûrs, qu'elle ne fut pas leur surprise de voir soudain surgir non pas de la pulpe mais une pile d’or, d’argent et de pierres précieuses. La deuxième calebasse fut toute aussi généreuse et fit apparaître sous leurs yeux ébahis une belle résidence princière. La troisième gourde se mit à déverser de précieux tissus de soie et de brocart. A l’ouverture de la quatrième gourde, d’innombrables sacs de riz s’entassèrent à leurs pieds. Lorsque le dernier de ces fruits magiques fut ouvert, une armée de domestiques s’avança pour saluer Hungbu et sa famille et se mettre à leur service.
La nouvelle de la bonne fortune de Hungbu arriva bientôt aux oreilles de son frère qui, au lieu de s’en réjouir, en éprouva une grande jalousie. Il trouva bientôt un nid d’hirondelle qu’il détruit d’un jet de pierre. L’oiseau tomba à terre, blessé. Nolbu s’en saisi pour le soigner hâtivement avant de le relâcher en criant : « Allez, va-t-en maintenant et dépêche-toi de me rapporter à moi aussi une de tes graines magiques ! »
Et au printemps suivant, l’hirondelle ne manqua pas de faire tomber aux pieds de Nolbu une autre graine blanche. Ce dernier se hâta de la planter. A peine les fruits mûrs, il fit appeler sa femme et tous deux entaillèrent la première calebasse avec frénésie. Alors qu’ils s’attendaient à voir jaillir des richesses, ils furent soudain agressés par une horde d’insectes, de crapauds et de serpents. Nolbu ne baissa pas les bras et se dit qu’ils auraient peut-être plus de chance avec la deuxième gourde. Ses espoirs furent vite déçus tandis qu’une armée de petits diablotins se mit à leur poursuite en faisant tournoyer des massues.
Tout homme raisonnable s’en serait tenu à cela. Mais la convoitise de Nolbu était telle qu’il ne put s’empêcher d’ouvrir un troisième fruit. C’est un déluge de vase qui s’abattit alors sur eux, emportant tout sur son passage, y compris leur maison. Ayant tout perdu, jusqu’à son orgueil, Nolbu se présenta, honteux, devant son frère qui l’accueilli, lui et sa famille, à bras ouverts. Après les avoir nourris et réconfortés, Hungbu les invita à venir vivre sous son toit, sa demeure étant suffisamment spacieuse pour loger confortablement leur deux familles. Ainsi les deux frères furent-ils réunis et leurs familles vécurent heureuses et en harmonie, selon les vœux du grand-père.
Texte adapté du livre :
Two Brothers and Their Magic Gourds
Seoul International Publishing House (1986)
02 juin 2006
Le Soleil et la Lune
Il était une fois, dans la montagne
une petite chaumière qui abritait une grand-mère
et ses deux petits enfants, un
garçon et une fille. Un jour, la grand-mère s’en alla travailler chez un riche
voisin et reçue, en récompense quelques gâteaux
de riz. En pensant à ses petits enfants qui devaient avoir faim, elle se
dépêcha de rentrer, transportant les gâteaux dans un panier sur sa tête. Au
détour d’un chemin, elle se trouva nez-à-nez avec un tigre qui lui demanda sans ambages :
- Grand-mère, que transportes-tu
sur la tête ?
- Quelques gâteaux de riz pour mes
petits enfants, répondit la grand-mère.
- Si tu m’en donne un, je ne te
ferais pas de mal, rugit le tigre.
La grand-mère lui donna donc un
gâteau puis reprit son chemin. Franchissant une colline, elle se retrouva à
nouveau face au tigre, qui l’avait devancé, sans toutefois le reconnaître.
- Que transportes-tu sur la
tête ? gronda-t-il.
- Quelques gâteaux de riz pour mes
petits enfants, répondit à nouveau la grand-mère.
- Si tu m’en donne un, je ne te
mangerais pas.
Un autre gâteau de riz disparu dans
le ventre de l’animal. Et il en fut ainsi jusqu’à ce que le panier fût vide. La grand-mère se retrouve une
nouvelle fois devant le tigre qui demanda :
- Grand-mère, qu’est-ce que tu as
de chaque côté qui pend ?
- Je n’ai rien d’autre que mes pauvres bras.
- Donne-m’en un et je
t’épargnerais.
La grand-mère du donc abandonner
son bras gauche au tigre, puis son bras droit. Puis, au détour d’un petit bois,
le tigre qui l’attendait lui pose encore la même question :
- Grand-mère, qu’elles sont ces
choses qui bougent sous toi ?
- Ah, ce ne sont que mes pauvres jambes. Tes amis m’ont pris
tout le reste.
- Donne-m’en une et je te laisse la
vie sauve.
- Mais comment pourrais-je rentrer
chez moi avec une seule jambe ?
- Tu n’auras qu’à sautiller.
La grand-mère accepta à contrecœur
de lui céder sa jambe droite, puis se remit en route péniblement. Au haut de la
colline suivante, le tigre bondit devant la pauvre femme en rugissant :
- Avec quoi sautes-tu ?
- Avec ma pauvre jambe gauche.
- Donne-la-moi ou je te
dévore ! menaça l’animal sans merci.
- Comment oses-tu me réclamer la
seule jambe qui me reste ? rétorqua la vieille femme. Je ne pourrais
jamais retourner chez moi ni revoir mes petits enfants.
- Tu pourrais toujours avancer en
rampant.
Et cela dit, le tigre avala la
jambe de la grand-mère. Néanmoins, elle poursuivit son chemin en rampant.
Arrivée au pied de la dernière colline, l’insatiable animal l’y attendait déjà.
- Grand-mère ! rugit-il, qu’as-tu
donc à m’offrir en échange de ta vie sauve ?
- Je n’ai rien du tout à t’offrir ! cria la vieille grand-mère,
désespérée.
D’un bond, le tigre fut sur elle et
avala ce qu’il en restait. Mais son appétit et sa convoitise étaient telles
qu’il ne put se contenter de ce seul repas. Sachant que les deux petits enfants
de la grand-mère l’attendaient, il se déguisa
avec les vêtements de sa malheureuse victime, puis suivi le chemin jusqu’à la chaumière.
Arrivé devant la maisonnette, il frappa la porte :
- Ouvrez-moi, les enfants !
Votre grand-mère est de retour.
Les enfants, se souvenant des
paroles de leur grand-mère à propos des dangereux
tigres, verrouillèrent la porte et répondirent :
- Non, ce n’est pas la voix de
notre grand-mère.
- C’est parce que j’ai fait sécher
de l’orge toute la journée et que j’ai passé mon temps à crier après les
oiseaux pour les faire fuir que j’ai la voix un peu rauque, rugit l’animal rusé.
- Alors grand-mère, passe ta main
sous la porte pour qu’on sache que c’est bien toi.
Ils virent la patte poilue et s’écrièrent :
- Mais ta main est toute couverte
de poils !
- J’ai eu froid alors j’ai enfilé
une paire de gants.
L’aîné eu l’idée de regarder dehors
par un petit trou dans la porte et vit alors qui souhaitait si ardemment
rentrez chez eux. Effrayé, et pris sa sœur par la main et tous deux s’enfuirent
par la porte de derrière. Pour se mettre à l’abri, ils grimpèrent à un arbre qui se dressait à côté du puits de leur jardin.
Au bout d’un long silence, le tigre
perdit patience et fracassa la porte. Trouvant la pièce vide, il laissa
échapper de féroces rugissements de colère et saccagea toute la maison. Il
arriva finalement près du puits dans lequel il remarqua soudain le reflet des deux enfants. Il ne put
s’empêcher de sourire.
- Alors mes petits, dois-je vous
remonter à l’aide d’un panier ou d’un sceau ?
Devant la crédulité du tigre, les
enfants ne purent s’empêcher d’éclater de rire.
Le tigre leva la tête et hurla :
- Dites-moi les enfants, comment
êtes-vous montés si haut ?
- Nous avons emprunté de l’huile de sésame à notre voisin et
l’avons étalé sur le tronc pour grimper plus facilement, répondirent-ils.
Le tigre eu beau faire, l’huile ne
rendit que le tronc glissant. Il se tourna à nouveau vers ses deux
proies :
- Mes trésors, vous êtes
formidables d’avoir réussi à grimper dans cet arbre sans l’aide de personne.
C’est un exploit tout à fait extraordinaire.
Les enfants, flattés, tomèrent dans le piège et répondirent :
- Nous avons emprunté la hache de
notre voisin et taillé des marches dans le tronc pour monter plus facilement.
Le tigre saisit la hache et se mit à tailler le tronc.
Horrifiés, les enfants se tournèrent alors vers le ciel et prièrent de toute
leur force :
- Oh Dieu du ciel, aidez-nous ! Si vous souhaitez nous sauver, envoyez-nous
une chaîne solide. Si vous souhaitez
nous abandonner, alors envoyez-nous une corde
pourrie.
Une longue chaîne apparue soudain
au dessus d’eux. Ils s’y accrochèrent et disparurent dans les cieux. Le tigre
arrive à son tour au sommet de l’arbre et se dit que s’il priait de la même
façon qu’il venait d’entendre les enfants prier, le Dieu du ciel allait
certainement lui envoyer une corde pourrie. Telle fut donc sa prière :
- Oh Dieu du ciel, si vous
souhaitez m’aider, envoyez-moi une corde
pourrie. Si vous souhaitez m’abandonner, envoyez-moi une solide chaîne.
Sa prière fut entendue et une corde
toute abimée apparue soudain au dessus du tigre. Ce dernier s’y accrocha mais
la corde se rompit et le tigre s’écrasa dans un champ de mil. Jusqu’à ce jour, on raconte que le millet porte
encore les tâches de sang du tigre.
Lorsque les enfants arrivèrent dans
les cieux, ils se présentèrent devant le Dieu céleste qui leur apprit que tous
ici avaient une tâche bien précise et qu’eux aussi devraient assumer une responsabilité. Il décida que le grand frère
devait briller toute la journée pour éclairer le monde, tandis que sa sœur
deviendrait l’astre de la nuit…


