21 octobre 2009
Riz de saison !
Nous sommes en octobre et le riz récolté cette année arrive enfin sur nos marchés. Il porte fièrement la mention de 햅쌀 (haepssal) par opposition au 묵은쌀 (mugeunssal) qui désigne du « vieux » riz (de la récolte passée.)
Côté primeurs, parmi les 제철과일 (jaecheol gwa-il), ou « fruits de saison, » privilégiez les 햇과일 (haetgwa-il) ou « fruits nouveaux », tels que les 감 (gam), comme on appelle ici le kaki.
Et pour finir, voici une locution et un proverbe mettant en scène… du riz justement :
쌀 독에 앉은 쥐 (comme une) « souris assise sur une jarre de riz. »
Expression qui illustre une situation pleinement satisfaisante.
쌀독에서 인심 난다 « De la jarre de riz jaillit la bonté. »
Difficile en effet de faire preuve de générosité lorsque les réserves de riz sont épuisées.
06 février 2009
Que la vie est dure...
Nous venons d’entrer dans l’année du bœuf, l’occasion pour les retardataires (comme Mme Choi) de se décider à prendre quelques bonnes résolutions, à commencer (en ce qui me concerne) par rayer de son vocabulaire l’expression suivante :
힘들다 (« C’est difficile / pénible. »)
Si l’on écoute les coréens, on a parfois l’impression que la vie n’est qu’une suite d’épreuves toutes plus ardues les unes que les autres, tant cette phrase revient souvent dans les conversions, et parfois dans les circonstances les plus improbables. Je me souviens de mon étonnement lorsqu’une belle-cousine m’a murmuré à l’oreille, le jour de mon mariage : « C’est pénible, n’est-ce-pas ? » Prise au dépourvue par cette interrogation dument accompagnée d’un sourire compatissant, j’ai du mettre quelques instants avant de lui répondre « Oh non, c’est amusant au contraire ! » Jamais il ne m’était venu à l’esprit de considérer cet évènement comme physiquement éprouvant ! J’ai un temps pensé que cette expression devait avoir quelques effets thérapeutiques qui, par la verbalisation, soulageraient en partie l’adversité. Aussi ai-je un jour décidé de tenter l’expérience. Bien mal m’en prit. A peine les mots fatidiques prononcés, ce n’est pas un sentiment de soulagement qui m’envahit mais une cuisante culpabilité : comparée à tant d’autres, ma vie est plutôt facile ; de quoi me plains-je ?! Depuis, j’ai appris à m’en servir de façon plus judicieuse. Ainsi, lorsque Monsieur Choi propose nonchalamment d’aller dîner chez ses parents, je sors cet argument imparable : « hors de question ! C’est trop pénible pour ta maman ! »
고생많다 / 고생하다 (« Se donner du mal ; faire beaucoup d’efforts. »)
Contrairement à la première phrase qui s’utilise souvent à la première personne, cette deuxième expression a toujours pour sujet quelqu’un d’autre que soi et s’emploie souvent au passé. On reconnaît ainsi le travail de la personne, la peine qu’elle s’est donnée… Mon dictionnaire référence même l’expression suivante : 고생끝에 낙이 온다 (« A la fin des épreuves arrive le bonheur. ») Ce qui équivaut à notre beau temps après la pluie. Une fois l’ai-je entendu employée à l’impératif (고생해라), et j’avoue n’avoir pas tout de suite compris que la personne ne me souhaitait pas plus de peines mais qu’au contraire, elle comprenait l’épreuve que j’étais alors en train de traverser et qu’elle me demandait simplement de tenir quelques jours encore, la fin du tunnel n’étant pas loin. (Remerciements à Monsieur Choi pour avoir clarifié ce qui aurait pu devenir un malentendu.)
수고하세요 ! (« Bon travail ! »)
Voilà une locution qui me plaît ! La traduction littérale serait plutôt « donnez-vous de la peine ! » mais le français prête à confusion car il sous-entend que l’autre ne fait pas assez d’efforts. Or ce que les coréens signifient par là est bien à l’opposé : on reconnait et apprécie à sa juste valeur le dur travail fournit et l’on souhaite encourager la personne. En Corée, c’est ainsi que l’on salue la femme de ménage chaque fois qu’on la croise en plein labeur (rassurez-vous : elle ne le prendra pas mal). Utilisée au passée (수고하셨어요), la phrase prend même la dimension d’un remerciement : « merci pour vos efforts. » A employer donc sans compter cette année…
25 novembre 2007
Vive le vent…
A force de vouloir lire tous les blogs d’expatriés que l’on découvre chaque jour, on se réveille un beau matin sous les flocons, sans avoir eu le temps de faire ses adieux à l’automne. Adieu donc, 단풍 (1) flamboyants et 은행나무 (2) lumineux ; bonjour 첫눈 (3), 콧물 (4) et 눈싸움 (5) !
(1) 단풍 = feuille d’érable mais le terme désigne généralement tous les feuillages mordorés de l’automne, particulièrement coloré en Corée ;
(2) 은행나무 = le gingko, un bel arbre aux feuilles pétales dorées…
(3) 첫눈 = la première neige, qui est tombée lundi sur Séoul ;
(4) 콧물 = littéralement, l’eau du nez ou comme l’on dit par chez nous, la goutte au nez – une des joies de l’hiver ;
(5) 눈싸움 = bataille de boules de neige ! (Mais vu comme la première neige a vite fondu, ce ne sera pas pour tout de suite.)
05 septembre 2007
고소한 맛, ce goût mystérieux
Quand on leur demande leur avis, les dictionnaires s’avèrent très peu inspirés lorsqu’il s’agit d’expliquer ce terme, pourtant des plus courants dans la langue coréenne. Le Dictionnaire Coréen-Français de la Société Coréenne de Langue et Littérature françaises de 1978 nous le traduit simplement par « savoureux. » Le Si-sa Elite Little Korean-English dictionnary de 1997 n’est pas plus explicite et ne propose que tasty et savory. Mais la palme du hors sujet revient sans conteste au dictionnaire en ligne Zkorean qui zappe tout bonnement le cœur du problème. Avec si peu d'indices, on comprend que les coréens aient tant de mal à nous expliquer précisément de quelle odeur il s'agit. Heureusement que naver nous met sur une piste en précisant que le goût 고소한 s’apparente à celui d’une noix.
Ainsi, 고소하다 ne s’applique pas à n’importe quelle saveur et les coréens ne n’emploient que pour désigner ce parfum bien particulier et très apprécié en cuisine. C’est aussi un argument de vente redoutable qui fait acheter à Madame Choi tout et n’importe quoi (c’est d’ailleurs à cause de cela qu’elle a fait l’acquisition d’une baguette au 찹쌀 (riz gluant) quasi immangeable tellement elle est… gluante). A titre d’exemple, voici quelques aliments auxquels sied le mystérieux adjectif :
- le sésame et ses dérivés (huile, graines et tout ce qui en est parfumé, comme ce 들깨 Milk tea) ;
- le popcorn ;
- la cacahuète et ses dérivés (beurre de cacahuète & Co.) – en fait, on pourrait citer tous les oléagineux ;
- les chips ;
- le lait de soja ;
- le fromage ;
- le pain ;
- le beurre.
Alors, est-ce que vous commencez à vous faire une petite idée de la saveur que le qualificatif 고소한 désigne ? Madame Choi aurait aimé employer l’adjectif beurré mais il n’existe pas avec ce sens-là. Il faudra donc se contenter des approximatifs goût de beurre ou goût de noisette, souvent évoqués en parlant de fromages tels que le cantal, le comté ou encore, le reblochon, de très 고소한 produits laitiers, à n’en pas douter.
Au fait, saviez-vous qu’en coréen, le contraire du salé (짠맛) n’est pas le sucré mais le fade (싱거운맛)? Et que le contraire de l’acide (새콤한맛) n’est pas l’amer (쓴맛) mais le sucré (단맛) justement ? Quoi de plus logique, n’est-ce-pas ?
26 septembre 2006
Exclamons-nous
De tous les termes exclamatifs illustrant la surprise, les suivants sont certainement parmi les récurrents et, si employés à bon escient, pourront contribuer à vous faire passer pour un(e) presque-vrai(e) coréen(ne) :
- 이런, diminutif de la phrase 세상에 이런 일이 (« qu’une telle chose (puisse exister) en ce monde…»), sous-entendant par là que le fait est de prodigieuse nature ;
- 세상에, diminutif d’une phrase similaire 세상에 이럴수가 (« une telle chose en ce monde »), on n’en revient pas.
Dans un registre moins neutre, on peut exprimer son incrédulité teintée d’un certain désaccord avec le percutant 참 ! qui peut être accompagné des suppléments suivants :
- 기가막혀 (« ça m’en bouche un coin ! »)*
- 어이가없네 (« c'est pas vrai... / j'hallucine. »)*
- 말도안돼 (« c’est n’importe quoi. »)* - sans doute le plus populaire des trois.
Deni de garanties : Madame Choi précise que toutes ces expressions sont familières et qu'elles doivent donc être prononcées en adéquate compagnie, au risque de passer pour un mufle sans une once de savoir-vivre.
* Les traductions ne sont pas littérales mais reflètent une tentative de coller au plus près à l'esprit de l'expression coréenne. Toute (meilleure) proposition bienvenue...
17 juillet 2006
Le jour où le tigre se marie
En ces jours de déluge dont les crues ont désormais entièrement recouvert les voies expresses et pistes cyclables qui longent le fleuve Han, il arrive que le soleil fasse une vaillante percée dans la grisaille, se disputant alors à la pluie la suprématie du ciel. Cette querelle vaporeuse provoque parfois un phénomène tout à fait particulier où l’air baigne soudain dans la lumière et l’onde mêlées. Les français disaient autrefois en cette occasion que le diable battait sa femme et mariait sa fille. En Corée, on dit d’un tel jour qu’il célèbre le mariage du tigre ; un évènement à la fois heureux (comme tout mariage) mais inquiétant, car cette union présume une famille féline qui s’agrandie. Et tandis qu’en France, on racontait des histoires de loup aux dents longues et de chaperons rouges, les petits coréens s’endormaient en rêvant de cordes célestes pour échapper au grand méchant tigre.
04 juin 2006
Séoul, 32.4°C
Quelques phrases utiles en ces
temps de chaleurs pré-caniculaires :
Il fait vraiment chaud !
날씨가 너무 더워요.
Nalshiga nomou towoyo.
De l’eau s’il-vous-plaît.
물 좀 주세요.
Moule djom djousè-yo.
Je me suis fait piqué(e) par un moustique.
모기에 물렸어요.
Mogui-ai moulliosoyo.
Où puis-je trouver de la citronnelle ?
… (Après enquête, il semblerait que la citronnelle
soit inconnue de la flore locale.)

