14 septembre 2008
Le kit de la parfaite myeoneuri
Myeoneuri (며느리) est le mot coréen qui désigne la belle-fille. En ces festivités de Chuseok,* celles-ci sont particulièrement sollicitées, dans la cuisine notamment. Pour ne jamais être prise de cours, voici les trois items indispensables à toute bonne myeoneuri :
- la jupe – après tout, il s’agit d’un jour fête et même si la myeoneuri va passer toute la journée dans la cuisine, elle n’est pas dispensée de bien s’habiller ; la jupe est donc rigueur (mais rien n’empêche qu’elle soit aussi confortable) ;
- les chaussettes – il est bon d’avoir toujours une paire de socquettes blanches propres sur soi car marcher pieds nus devant les doyens de famille est quand même bof bof ;
- le tablier – il témoigne de la connaissances et l’acceptation des devoirs de la myeoneuri, et offre un accès illimité aux effervescentes cuisines et aux conciliabules qu’elles abritent.
Les accessoires de la myeoneuri se nomment humilité et pudeur et se reflètent notamment dans son salut, qu’elle effectue en se penchant en avant, une main sur son col pour éviter le décolleté impudent (même si elle ne porte pas de décolleté). Lorsqu’elle se met à genoux (pour servir ou desservir la table basse), qu’elle pense aussi à bien plier sa jupe sous les jambes. Sa piété filiale lui dicte de toujours servir les aînés et les hommes en premier. Savoir découper et disposer joliment les fruits sur un plat de service rapporte des points de popularité auprès de sa belle-famille non négligeables.
Quant à ces messieurs, qui ont la responsabilité de dresser la table d’offrande, ils ont tout intérêt à bien réviser leurs points cardinaux. Sur ce, joyeuse fête des récoltes à tous !
* Pour illustrer l’importance de cette « fête des récoltes », sachez que certains n’hésitent pas à passer près de 10 heures dans les bouchons pour aller rejoindre leur parenté et célébrer ainsi Chuseok en famille. Bon, avec la construction de nouvelles voies autoroutières, ce chiffre est récemment descendu à 7 pour un Séoul-Busan (deuxième plus grande ville du pays), mais le propos tient toujours.
31 mai 2008
돌잡이 – le choix d’un destin
L’un des temps forts du doljanchi est incontestablement le 돌잡이 (doljabi), la « cérémonie » du choix d’un objet symbolique censé donner une idée de ce que l’avenir réserve au bout’d chou. Autrefois, on plaçait devant l’enfant, vêtu de son plus beau hanbok, une sélection d’objets tous dotés d’une signification précise et qui incluaient en général :
- un bol de riz (cru) ou de l’argent, promesse de prospérité ;
- des crayons ou un livre ou des pinceaux de calligraphie, évoquant l’érudition et le savoir ;
- un arc et des flèches (pour les garçons), représentant les arts de la guerre ;
- un bol de nouilles ou du fil (type pelote de laine), promesse de longévité ;
- des jujubes, assurance d’une descendance prospère ;
- une aiguille et une règle, symbole de dextérité hors du commun…
Aujourd’hui, les objets dangereux obsolètes (tels que arc, flèches, aiguille) ont disparus de la table pour laisser place à de nouveaux symboles correspondant à des orientations professionnelles plus… contemporaines ! En effet, au bol de riz et aux crayons viennent désormais s’ajouter :
- un stéthoscope ;
- une souris d’ordinateur ;
- un micro...
Les parents coréens ne s’en cachent pas : les billets verts de 10 000 won ont leur faveur et sont frénétiquement agités sous le regard perplexe de leur chérubin qui n’a d’yeux que pour le bol de riz par exemple. Certains vont même jusqu’à envelopper le crayon d’un billet – ni vu ni connu – pour mettre le maximum de « fortune » de leur côté (mmm… pas une si mauvaise idée après tout).
Pour ceux qui se demandent qu'est-ce qui a bien pu captiver l'attention de bébé Choi :

Vous remarquerez la bague et le bracelet, en or pur, cadeaux indispensables pour assurer à bébé Choi un avenir prospère et à l’abri du besoin. Quant à la pelote de fil, garantie de longévité, elle est aujourd’hui systématiquement déposée autour du cou de l’enfant par les deux grand-mères. Si l’on devait résumer les vœux du doljanchi, on pourrait simplement dire « sois riche et vis longtemps, mon enfant ! » Mais au fait, où sont les objets symbolisant le bonheur, l’amour… ? (Comment ça, naïve ? Maman Choi ? 돈만 있스면 됀다고… ?!)
Au fait, bravo cousin pour la bonne réponse à notre précédente devinette : l’objet à vendre sur la photo était un essuie-main déguisée en… muffin ! Bon à savoir : la même serviette vient aussi en forme de tranche de gâteau ou de bûche de noël :
09 février 2008
Seollal – Se divertir
Nous sommes entrés dans l’année du Rat, mais les festivités ne sont pas terminées pour autant. En effet, la plupart des palais de la capitale (Changgyeonggung, Gyeongbokgung, Deoksugung) offrent aux visiteurs la possibilité de jouer à divers jeux traditionnels parmi lesquels ceux déjà mentionnés à l’occasion de Chuseok. Pour compléter la liste, voici d’autres activités auxquelles s’adonner au moment des fêtes :
- 연날리기 – faire voler un cerf-volant (le cerf-volant traditionnel coréen est de forme rectangulaire et doté d’un trou en son centre) ;
- 제기차기 – faire rebondir un volant avec le pied ;
- 투호 – une variante du jeu de fléchettes avec de longs bâtons que l’on doit lancer dans une jarre.
Un grand favori de Madame Choi, le 윷놀이 (jeu de Yut) est le divertissement idéal lorsqu’on a une dizaine de personnes à la maison qui s’ennuient et qu’il fait trop froid pour sortir. En voici les règles :
Préparez tout d’abord un tapis de jeu (une fine couverture pliée en deux fait souvent
l’affaire). Divisez tout votre petit monde en deux équipes que vous installez autour du tapis en alternance. Préparez vos quatre bâtonnets de yut, vos chevaux (4 par équipe) et le tablier de yut sur lequel est tracé le chemin à parcourir ainsi que les raccourcis que l’on peut emprunter (illustré ci-dessous).
Une personne de chaque équipe lance les bâtonnets sur le tapis pour déterminer qui démarre en premier. Pour comptabiliser les bâtonnets qui possèdent tous deux faces (l’une bombée et souvent décorée pour la distinguer de l’autre, vierge et plate), il suffit de compter comme suit :
- Une face plate vers le haut = 1 (도)
- Deux faces plates vers le haut = 2 (개)
- Trois faces plates vers le haut = 3 (걸)
- Les 4 bâtonnets faces plates vers le haut = 4 (윷)
- Zéro face plate vers le haut = 5 (모)
Une fois que l’on a déterminé l’équipe qui prend la main, le jeu (dont le but est de faire faire à ses 4 chevaux le tour du tablier le plus rapidement possible) peut commencer.
A chaque fois que l’on obtient un 4 ou un 5, on peut rejouer. On rejoue également lorsqu’on « mange » un pion de l’adversaire (qui se voit alors contraint de recommencer au début).
Pour pouvoir emprunter les raccourcis (les diagonales du carré), il faut impérativement tomber sur l’intersection. Sinon, on est obligé des poursuivre le tracé du carré.
On peut faire se chevaucher jusqu’à trois pions (de la même équipe) maximum. On a alors plus de chance de terminer rapidement mais l’on risque aussi beaucoup gros.
Dans les règles version Gangnung (la ville d’où sont originaires les Choi), l’un des bâtonnets possède un rond noir sur sa face plate. Lorsque l’on obtient ce rond noir (quand tous les autres bâtonnets sont à plats sauf celui-ci), on est obligé de reculer d’une case (ce qui peut ralentir mais aussi, dans certains cas, permettre d’attraper un pion de l’adversaire qui nous suivait de trop près).
Toujours selon la version Gangnung, un autre bâtonnet possède sur sa face plate la mention 서울 (Séoul). Lorsque l’on obtient un « Séoul », on peut alors directement placer son pion sur la case au centre du carré (le raccourci suprême !). Mais un « Séoul » peut aussi être pénalisant si l’on était déjà plus près de l’arrivée.
Sur ce, bon jeu et bonne année !
04 février 2008
Seollal J-3 – Se régaler
Qui dit Seollal dit table d’offrande aux ancêtres (차례상) ; et qui dit table d’offrande dit banquet de fête ! Mais avant de s’empiffrer, festoyons d’abord avec les yeux car cette table d’offrande tient plus de l’œuvre d’art que du repas. En effet, les aliments sont préparés puis posés sur la table selon des règles bien précises :
- Positionnée en direction du nord, la table est garnie en cinq rangées ;
- La première rangée (en partant du sud) est réservée aux fruits et aux gâteaux frits avec les fruits secs (comme les jujubes, les châtaignes et les kakis séchés) posés côté ouest, les fruits frais (poires, pommes) au centre et les gâteaux frits (au riz et au miel) à l’est ;
- La deuxième rangée se compose de légumes et plantes potagères de trois couleurs différentes (épinards, fougères, campanule), de poisson séché et d’une boisson (du 식혜 par exemple, à base de riz fermenté) ;
- On trouve à la troisième rangée une série de consommés (bouillon de bœuf, soupe de poisson, potage de viande) ;
- La quatrième rangée accueille les aliments sautés ou frits tels que brochettes de viandes, crêpes de légumes, poisson sauté « à la milanaise », tofu frit… ;
- Enfin, tout au nord, on trouve les verres d’alcool, les ustensiles (cuillères et baguettes) et les fameux bols de soupe de pâte de riz (떡국), plat emblématique du nouvel an lunaire ; la pâte de riz blanche découpée en rondelles évoque le soleil dont c’est le premier lever de l’année.
Au risque de décevoir les gastronomes, Madame Choi ne donnera pas la recette de cette soupe dont les subtilités lui échappent encore. En revanche, voici celle des 율란, des boules de châtaignes à la cannelle que l’on déguste volontiers au moment des fêtes. (La recette provient du livre Lee Wade’s Korean Cookery, acheté sur Seoul Selection pour la modique somme de 6,50 €).
Ingrédients :
- 600g de châtaignes ;
- 4 cuillères à soupe de miel liquide ;
- 1 cuillère à café de cannelle en poudre ;
- 3 cuillères à soupe de pignons de pin écrasés.
Faites cuire vos châtaignes avec leur écorce dans une casserole d’eau bouillante jusqu’à ce qu’elles soient tendres, puis épluchez-les et écrasez-les dans un saladier.
Assaisonnez avec le miel et la cannelle en mélangeant bien.
À partir de cette purée, modelez des boules que vous roulez ensuite dans vos éclats de pignons de pin (étape que Madame Choi a sauté, faute de pignons).
Vous pouvez aussi tenter de recréer la forme initiale de la châtaigne (sorte de triangle empâté, comme illustré ici). Dans ce cas-là, ne recouvrez que la base de pignons de pin ou de cannelle, au choix. (J’imagine que l’on peut aussi les tremper dans de la poudre d’amande ou de cacao, pour varier les plaisirs.)
PS : depuis l’arrivée de Madame Choi dans la famille, les gâteaux frits ont été remplacés par un kouglof maison, fort apprécié qui plus est.
31 janvier 2008
Seollal J-7 – Saluer les aînés
Une fois toute la famille réunie et avant de commencer les festivités du nouvel an, chacun a le devoir de payer ses respects aux aînés (à l’exception du patriarche, bien évidemment.) Il ne s’agit pas là d’une simple courbette car il faut se prosterner jusqu’à terre. Le 절 (la révérence) s’effectue habituellement en plusieurs temps. Mais avant de commencer, sachez que lorsque vous saluez en couple, l’homme doit se placer du côté est et la femme, du côté ouest. Une fois que vous aurez déterminé la position de vos points cardinaux :
- Croisez vos mains (la main gauche sur la main droite pour les messieurs et la main droite sur la main gauche pour les demoiselles) ;
- Soulevez ensuite les coudes à l’horizontal en portant vos mains à hauteur de poitrine pour les garçons, et à hauteur d’épaule pour les filles, tout en baissant la tête ;
- Agenouillez-vous en pliant d’abord la jambe gauche et en courbant le dos jusqu’à ce que vous posiez les mains (toujours jointes) à terre ;
- Fléchissez ensuite la jambe droite et croisez vos bouts de pied (le pied droit sur le gauche) puis posez les coudes à terre et le front sur vos mains jointes (les femmes sont dispensées de se pencher aussi bas et se contentent souvent de s’incliner à 45° en gardant un genou debout et en posant les mains à terre, de par et d’autre de leur pieds) ;
- Après quelques brèves secondes dans cette position, relevez-vous en soulevant d’abord vos coudes et votre dos (mais en gardant la tête courbée), puis dépliez la jambe droite en premier ;
- Poussez sur votre genoux droit pour vous redresser puis, une fois debout, joignez les pieds ;
- Enfin, effectuez une deuxième révérence, debout (courbez-vous disons à 80° à peu près).
Une image vaut 1000 mots dit-on. Aussi, trêve d’explications tortueuses. Place aux illustrations. Heureusement pour vous, il reste encore une semaine pour vous entraîner.

PS : si vous êtes une femme et que vous portez le hanbok, vous pouvez toujours vous asseoir en tailleur lorsque vous faites la révérence, mais Madame Choi vous met au défi de vous relever avec élégance et dignité de cette position-là…
29 janvier 2008
Seollal J-9 – S’habiller
Les festivités de Seollal (comprendre « Nouvel An Chinois ») sont l’une des rares occasions de voir s’afficher en public le costume traditionnel coréen ou hanbok. Seuls les femmes et les enfants sont concernés, les hommes lui préférant depuis longtemps le costume occidental, plus confortable. Le costume féminin est composé d’une haute jupe ample serré sous les aisselles et d’un boléro tandis que les garçons portent un pantalon large mais serré aux chevilles accompagné d’une veste. Caractérisé par des couleurs éclatantes et une silhouette arrondie, le hanbok semble gagner en popularité en Occident. En plus d’avoir fait l’objet d’une publicité pour de grandes Galeries, il a notamment inspiré le géant Mattel pour sa Barbie® Princess of the Korean Court™ (collection 2005 Dolls of the World) (merci Polly pour l'info !). On le retrouve même dans le jeu de rôle en ligne World of Warcraft en quatre versions ! (Ci-dessous, le hanbok nuptial vert foncé et le hanbok traditionnel blanc.)
Ceux ayant déjà croisé un hanbok dans la rue remarqueront tout de suite que Blizzard a négligé l’une des spécificités de ce costume : le nœud du boléro ! Car c’est tout un art de nouer ce ruban. Voyez un peu :

- Commencer par croiser le ruban court de gauche par-dessus le ruban long de droite ;
- Faites ensuite passer ce ruban court (celui que vous venez de croiser par-dessus) sous le ruban long et faites-le sortir par le haut ;
- Faites une boucle avec le long ruban du bas, puis tirez le ruban court vers le bas ;
- Avec la main gauche, prenez le ruban long et avec la main droite, faites passer le ruban court par dessous puis attrapez-le par le haut ;
- On ajuste ensuite le nœud en tirant délicatement du bas vers le haut ;
- On laisse ensuite les deux bouts de ruban tomber naturellement (il devrait y avoir un écart de 5 à 7cm entre les deux).
Franchement, on a vu plus alambiqué comme nœud. Plus d’excuse pour faire l’impasse sur le hanbok cette année !
PS : Porter le hanbok le 7 février prochain vous permettra en plus d'entrer gratuitement dans les palais et parcs où sont habituellement organisés divers jeux traditionnels à l'occasion de ces jours de fête.
24 septembre 2007
Chuseok
Cette année, le plus grand jour de fête en Corée – à savoir Chuseok – tombe demain, mardi 25 septembre. Les coréens ont donc droit à trois jours fériés, ce qui ne veut pas dire que se sont trois jours chômés, loin de là. Une grande partie de ce long week-end va être passée dans les transports car de nombreux citadins prennent d’assaut les autoroutes pour aller retrouver leur famille en province. Une fois sur place, les femmes investissent la cuisine où sont préparés les nombreux mets qui viendront garnir la table d’offrande. Puis au petit matin du 15 août lunaire se déroule la cérémonie proprement dite, expression de notre gratitude envers nos ancêtres qui veillent sur nous et sur nos récoltes.
Ceux qui sont encore dans la capitale peuvent profiter des jeux traditionnels mis à leur disposition dans l’enceinte du palais de Gyungbok (entrée gratuite pour ceux vêtus du costume traditionnel), et d
ont les plus populaires sont sans doute les suivants :
- 널뛰기, la bascule (deux personnes sautent alternativement sur les extrémités d’une planche posée en équilibre sur un support – pas du tout évident) ;
- 팽이, la toupie
- 윳놀이, le jeu de yut (l’équivalent de notre jeux des petits cheveux avec des bâtonnets en guise de dés)
Sur ce, on vous souhaite un bien joyeux Chuseok et un retour des plus sereins.
12 septembre 2007
백일 – la fête des 100 jours
Héritage d’une lointaine époque où le taux de mortalité infantile était encore élevé, la célébration des cent jours est en quelque sorte le premier anniversaire de bébé. Pourquoi 100 jours ? Parce que si l’enfant survivait ses trois premiers mois d’existence, on pouvait raisonnablement considérer qu’il était en bonne santé et qu’il allait vivre encore longtemps. Les 100 jours sont donc l’occasion d’une célébration en famille durant laquelle le bébé reçoit notamment une bague en or pur (금반지), le précieux métal étant censé lui accorder santé, prospérité et longue vie. En illustration, la bague reçue par bébé Choi, décorée de deux petits piments.
Ce fruit au goût des plus relevés est depuis toujours associé aux garçons (le terme 고추 est d’ailleurs l’équivalent coréen de notre très poétique « zizi ») et à leur naissance, on ne manquait pas de suspendre une guirlande (금줄, un accessoire très chamaniste) de piments rouges et de charbon (parfois en alternance avec des feuilles de papier blanches et des brindilles de pin) devant la porte, pour annoncer la bonne nouvelle. A la naissance d’une fille, on se contentait d’une guirlande de charbon. Là encore, ces symboles ne sont pas anodins : le piment est choisi pour sa couleur rouge qui protège des mauvais esprits ; le charbon aux vertus assainissantes (notamment utilisé dans la fabrication de la sauce de soja) agit comme purificateur pour rendre le lieu sacré ; le papier est la promesse de richesse et d’une vie confortable ; et les brindilles sempervirentes représentent l’intégrité et l’honneur.
Mais revenons aux 100 jours qui requièrent une table de fête bien garnie : on y trouvera invariablement du 백설기 (白雪糕), un gâteau de riz immaculé (d’où son nom, signifiant mot pour mot 흰눈떡, autrement dit, « gâteau de riz blanc comme neige ») que l’on partageait autrefois avec une centaine de personnes. Cette tradition a depuis été abandonnée car relativement contraignante (les 100 personnes en question étant censés offrir un cadeau en retour). Parmi les autres plats typiques de ce jour de fête, l’incontournable soupe aux algues, des légumes verts, du riz blanc, de la viande (un bulgogi par exemple) et pourquoi pas, un festif japchae. Un banquet dont bébé ne profite malheureusement qu’avec les yeux. Il lui faut attendre son premier anniversaire (첫돌) pour pouvoir participer au festin…
16 juillet 2007
Canicule Day
Selon le calendrier coréen, hier était le premier des trois « dog days » (삼복) désignant les jours de grosse chaleur estivale. Appelées 초복, 중복 et 말복 (respectivement premier, milieu et dernier jour de canicule), ces trois journées, espacées de 10 puis 20 jours, sont l’occasion de déguster des plats typiques tels que le 삼계탕 (poule au pot au ginseng) ou encore, le 보신탕 (ragoût de chien) qui, selon la tradition, préserveraient de la chaleur. Questionnés sur le pourquoi de tels plats (servis en ébullition), les coréens risquent de vous donner l’une des deux raisons ci-dessous, héritées d’une sagesse ancestrale et érigées depuis en vérités incontestées :
복날에 개장국을 끓여 양기를 북돋운다.
Faire bouillir un ragoût de viande de chien un jour de canicule
favorise un regain de vitalité.
개장국을 먹으면서 땀을 내면 더위를 물리쳐 허한 것을 보한다.
Suer à grosses gouttes en dégustant un ragoût de chien les jours de canicule
permet de repousser la chaleur et de se fortifier.
Si vous avez fait l’impasse sur le repas traditionnel d’hier, vous pourrez toujours vous rattraper lors des deux prochains dog days (les biens nommés) prévus pour le 25 juillet et le 14 août.
24 mai 2007
석가탄신일 − Anniversaire de Bouddha
Célébré le 8ème jour du 4ème mois lunaire, l’anniversaire de Bouddha (석가탄신일 en coréen) qui serait né en l’an 563 avant notre ère, tombe cette année aujourd’hui, 24 mai, jour férié national. Difficile de ne pas avoir remarqué les lanternes colorées en forme de lotus qui décorent les toits et les rues des villes depuis plusieurs semaines déjà. Celles-ci sont allumées le dimanche précédent la célébration et éclairent les parades nocturnes qui ont lieu ce soir-là. A Séoul, c’est aux alentours du temple de Jogye (station Anguk, sortie 6) que se tient chaque année le grand Festival des Lanternes de Lotus où l’on peut s’essayer à la fabrication de lanternes, écouter des conférences et de la musique traditionnelle bouddhiste, expérimenter la méditation zen, applaudir les nombreuses performances de rue, et même participer à une dégustation de temple food (repas typique des moines bouddhistes). Le soir, c’est l’avenue de Jongno qui est habituellement prise d’assaut par les visiteurs venus assister au défilé des lanternes illuminées. Aujourd’hui cependant, il a fallu se rendre dans l’un des nombreux temples que compte la Corée pour assister à la célébration rituelle et matinale commémorant l’évènement.








