Madame Choi

La Corée au quotidien...

12 juillet 2008

Dokdo - Touche pas à mes îles !

Avant que ce drame ne vienne faire la triste une, les médias coréens se sont fait l’écho d’une publicité publiée récemment sur une page entière du New York Times, intitulé « Le saviez-vous ? » et qui n’est pas sans rappeler celle-ci. Voici en gros ce qu’elle dit :

doyouknow

Depuis 2000 ans,
le bras de mer entre la Corée et le Japon fut appellé « Mer de l’Est. »
Les deux îles de Dok
(Dokdo en coréen – NDT) se trouvent dans la Mer de l’Est et font partie du territoire coréen.
Le gouvernement japonais doit reconnaître ce fait.
Veuillez visiter www.forthenextgeneration.com pour des faits historiques détaillés et plus d’informations concernant la Mer de l’Est et les îles de Dok.


CIMG0150 Depuis que les manuels scolaires au Japon énoncent que les îles de Dok, ou plutôt Takeshima, sont aussi japonaises que Kyushu par exemple, les coréens ont commencé à donner de la voix. Une souveraineté de quatorze siècles contestée suite à une colonisation qui n’a pas durée 40 ans ! On comprend que les coréens en ont gros sur le cœur et pourquoi ils se livrent régulièrement à des manifestations contre cette grossière distorsion de l'histoire. En effet, ce ne sont pas vraiment ces quelques rochers perdus en pleine mer qui ont de l’importance mais le mépris de leur identité et de leur appartenance originelle de la part du Japon qui en revendique la propriété en se basant sur une omission dans le traité de paix de 1951.

Il est plus difficile de trancher en ce qui concerne la Mer de l’Est car selon les époques et les cartographes, elle fut alternativement baptisée « Mer Orientale », « Mer de Corée » et « Mer du Japon ». Sur cette carte par exemple, par Louis Brion de la Tour (1756-1803) on y lit « Océan Oriental. » Sur cette autre, par un certain De La Porte, on lit « Mer de Corée. » Le cartographe Guillaume Delisle (1675-1726) l’avait aussi nommée ainsi sur cette carte.

Pour en finir avec ce débat, je propose de tout bonnement la rebaptiser avec une nouvelle appellation sans précédent : « Mer anonyme » par exemple ? ou peut-être la plus poétique « Mer indigo » ? D'autres propositions ?

EDIT : je rajoute ici ce lien vers un article pertinent, bourré de références, à lire !

 

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09 avril 2008

Dépouillement

Avec un taux de participation ne dépassant pas les 46 %, la mobilisation des coréens pour ces élections législatives est pour le moins décevante, et ce malgré le tapage médiatique autour de l’évènement et le recrutement des Wonder Girls pour la campagne nationale appelant les citoyens à leur devoir :

Surtout, disent-elles :

  • Ne monnayez pas votre vote ;
  • Ne choisissez pas un candidat parce qu’il est diplômé de la même école ou parce qu’il vient de la même région que vous ;
  • Et n’écoutez pas les diffamateurs !

Résultat des courses : un parlement majoritairement bleu

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18 décembre 2007

J-1

Demain, les coréens ont rendez-vous aux urnes. Vous remarquez que nous serons un mercredi. Si en France, les dates de scrutin sont systématiquement fixées le dimanche pour ne pas interférer avec la semaine de travail, le choix du mercredi se justifie ici par le fait que c’est le jour de la semaine le moins susceptible de faire partie d’un week-end prolongé ou d’un pont. On s’assure ainsi d’un maximum de participation.

Ici, le président est élu au premier tour, pour 4 ans, et ne peut renouveler son mandat. L’élection présidentielle de demain sera la dix-septième de l’histoire de la Corée. 12 candidats convoitent les grandes entrées de la maison bleue, dont :

  1. Chung Dong-young ; cet ancien journaliste est le candidat du parti au pouvoir (Parti Uri) ;
  2. Portant le dossard numéro 2, Lee Myung-bak ; c’est à ce candidat du Grand Parti National (droite) que Séoul (dont il fut le maire de 2002 à 2006) doit la résurrection du ruisseau Cheonggye, aujourd’hui devenue une promenade incontournable. Malgré le fait qu’on le soupçonne d’être impliqué dans une manipulation du cours de l’action d’une société appelée BBK, les sondages le donne grand favori et, à moins d’un coup de théâtre, devrait l’emporter demain assez largement. Lee semblant être peu enclin à poursuivre la « politique de la main tendue », on risque de voir les relations Nord-Sud se détériorer, ce qui serait dommage au vue des récents progrès effectués en la matière, fruits des efforts des deux précédents présidents.
  3. Candidat numéro 12, Lee Hoi-chang est troisième dans les sondages ; cet ancien partisan du Grand Parti National se présente aujourd’hui en candidat indépendant et défend des positions plutôt extrémistes.

Chez les Choi, c’est l’indécision. Heureusement, il reste encore une nuit pour faire son choix…

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07 octobre 2007

Bientôt une ?

Bien que tous les médias de la planète (ou presque) aient déjà couvert l’évènement, Madame Choi ne pouvait pas ne pas parler ici de cette semaine riche en temps forts. Non, il ne s’agit pas de la Paris fashion week mais de la rencontre entre le président sud-coréen Roh Moo-hyun et le leader nord-coréen Kim Jong-il. Pendant trois jours, les journalistes ont observé, analysé, disséqué le moindre geste, la moindre parole de l’un ou l’autre des dirigeants afin d’y lire les signes que tous attendent : une réconciliation prochaine. Bien que le chemin soit encore long, l’espoir est pourtant de mise, malgré le pessimisme des investisseurs qui se reflètent dans la pusillanimité des marchés boursiers. On avait de quoi être septique : la première réunion au sommet entre Nord et Sud en 2000 (Kim Dae-jung était alors président de la Corée du Sud) n’ayant pas vraiment fait avancé le smilblick.
sommetMalgré un accueil chaleureux et fleuri de la part des nord-coréens (impossible de s’imaginer Kim Jong-Il reçu avec les mêmes égards à Séoul), le soir du 2 octobre dernier, on ne parlait qu’avec inquiétude de l’attitude distante de l’hôte de ce sommet envers son homologue sud-coréen, de quatre ans son cadet (oui, en Corée c’est important de connaître l’âge de son interlocuteur pour savoir quelle conduite adopter à son égard). Mais le lendemain, après la remise des cadeaux que Roh avait apportés (parmi lesquels un paravent de nacre, un plat en céramique richement décoré, du précieux thé, et quelques centaines de DVDs de films sud-coréens, notamment ceux mettant en scène Lee Young-ae que l’on croit l’une des actrices préférées du leader), l’atmosphère paraissait nettement plus détendue, Kim Jong-il s’autorisant même un peu d’humour devant les journalistes. Il alla jusqu’à s’enquérir du bon déroulement du séjour de Roh : « le divertissement d’hier soir vous a plu ? (il s’agissait en l’occurrence du spectacle de masse intitulé Arirang) ; « vous resterez bien un jour de plus chez nous ! » Mais les deux moments clés que l’histoire retiendra surtout furent :

  • la traversée symbolique de la ligne de démarcation entre les deux Corées par le président Roh et son épouse, à pied ;
  • la ratification d’un texte qui devrait déboucher sur des échanges économiques accrus et surtout, la signature d’un vrai traité de paix qui mettrait enfin un terme à un conflit vieux de plus de cinquante ans.

Il était grand temps. Continuons à croiser les doigts…

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21 septembre 2007

Shin Jeong-ah - un Lewinsky-gate à la Maison Bleue

shinMais qui est donc cette jeune femme qui monopolise toute l’attention des médias coréens ces dernières semaines ? Agée de 35 ans, Shin Jeong-ah, conservatrice du musée Sungkok Art puis maître-assistante à l’Université de Dongguk, s’est vue offerte au mois de juillet le poste de co-directrice d’un évènement culturel majeur, la Biennale de Gwangju, lorsqu’il s’est avéré que son curriculum, dans lequel elle se prévalait d’un doctorat de la prestigieuse université de Yale, était fabriqué de toutes pièces. Depuis, « l’affaire Shin » n’a cessé de prendre de l’ampleur : en effet, même la plus douée des mythomanes n’aurait jamais pu atteindre ces postes à responsabilités sans un petit coup de pouce de quelque personnage haut placé. On découvre bientôt que le patronage confidentiel ne venait rien moins que de la plus haute autorité, j’ai nommé 청와대, la Maison Bleue, résidence du président de la Corée du Sud (l’équivalent de la Maison Blanche) où officiait le l’ex conseiller politique (numéro 3 du gouvernement) de Président Roh, Byeon Yang-kyoon. Celui-ci aurait profité de son statut pour booster la carrière de sa protégée, ce qu’il nie.

En attendant, la Corée est en émoi car dans le sillage de ce scandale surgissent une multitude de cas similaires, certes de moindre ampleur (bien que certaines têtes médiatiques soient en train de tomber) mais dont le nombre interpelle. Le professeur Cho Guk de l'Université Nationale de Séoul va jusqu’à remercier Shin d’avoir par sa chute exposé quelques uns des problèmes dont souffrent la société coréenne à savoir :

  • la corruption au sein du gouvernement ;
  • et le règne absolu du « credentialisme » qui pousse de nombreuses personnes à tout bonnement s’inventer des qualifications et des diplômes qu’elles n’ont pas.

Bref, elle a beau avoir fait son mea culpa, Shin n’est pas prête de se faire oublier. On espère que son exemple qui fait déjà réfléchir incitera à une grande réforme des mentalités, et que l’on accordera désormais plus de poids à la personne et à ses qualités humaines plutôt qu’à quelques bouts de papier somme toute bien insignifiants.

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06 janvier 2007

L'année 2006 de la Corée

Parmi les grands moments de l’actualité 2006, la Corée a d’abord brillé par son absence au festival international de Cannes, qui avait accueilli l’année précédence pas moins de trois réalisateurs sud-coréens, Hong Sangsoo, Kim Jee-woon et Kim Ki-duk.

Puis vint la Coupe du Monde et ce piège de groupe G, qui donna aux rues de Séoul et aux présentateurs télévisés l’occasion de se parer de couleurs écarlates pendant quelques brèves semaines.

Peu de temps après survint la crise des missiles de juillet, suivi à quelques jours près d’un typhon ravageur qui mit à nouveau Pyongyang au cœur des débats diplomatiques internationaux. L’essai nucléaire deux mois plus tard n’a pas arrangé les choses et les sanctions ne se sont pas fait attendre. 

Côté bonnes nouvelles, Shinzo Abe, le nouveau premier ministre japonais, s’est mis en devoir de réparer les dommages causés aux rapports de bon voisinage par son prédécesseur Koizumi en faisant de Pékin et de bankimoonSéoul ses deux premières destinations à l’étranger, devant les Etats-Unis. Quant à Ban Ki-moon, ministre des affaires étrangères, il a été nommé (comme prévu) au poste de secrétaire général de l’ONU, succédant au très médiatique Kofi Annan.

Pour terminer l’année en beauté, une bonne nouvelle pour les poissons de Pusan qui vont sous peu pouvoir se faire soigner dans un nouvel hôpital aquatique. Les contribuables, principaux « actionnaires », ne semblent pas vouloir contester cette initiative du gouvernement sud-coréen.

Et maintenant, reste à deviner ce que nous réserve 2007. Parmi les prédictions faciles, certainement un mini baby-boom, conséquence directe d’une astrologie chinoise pour le moins optimiste.

Mais 2007 sera aussi un premier pas vers les étoiles pour le premier ou la première sud-coréen(ne) à voyager dans l’espace. Les deux candidats ont été sélectionnés le mois dernier pour un vol spatial à destination de ISS, prévu pour avril 2008. Début de l’entraînement dès le mois de mars…

Pour le reste, surprise !

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14 août 2006

Devoir de mémoire

A la veille de l’impopulaire visite annuelle du premier ministre japonais, Monsieur Junichiro Koizumi, au sanctuaire Yasukuni, en mémoire des combattants japonais morts au cours de la seconde guerre mondiale (dont 14 officiers reconnus criminels de guerre, consacrés en tant que « martyrs de Showa »), les associations et particuliers se mobilisent pour manifester leur désaccord face à ce que certains qualifient de « grave violation des droits humains, culturels et religieux (…) ».yasukuni

Il y a tout d’abord le dérangeant choix de cette date du 15 août, date à laquelle, il y a 61 ans, capitulait le Japon face aux alliés. La veille, l’empereur Hirohito annonçait à son peuple, par le biais de Radio Tokyo, sa décision de se rendre afin de « restaurer la paix et faire cesser la terrible menace qui pèse sur le peuple japonais. » Celui-ci venait en effet de subir les deux premières attaques nucléaires de toute l’histoire humaine. Rares sont les pays commémorant ainsi leurs échecs militaires. Et pourtant, Koizumi est le troisième Premier ministre japonais à rendre officiellement visite au Yasakuni Jinja (qui se traduit littéralement par « sanctuaire de nation en paix »).

Pour les pays victimes de l’expansionnisme militaire du Japon (et en Asie, ils sont nombreux), honorer ces martyrs criminels revient à cautionner les antécédents militaristes de cette ancienne puissance impériale et oppressive. Fort heureusement, certains japonais commencent à adresser leur passé sous un nouvel angle, à l’image de cette déclaration de Ken Watanabe, qui affirme que la première étape vers une meilleure compréhension de son histoire passe par l’acceptation de celle-ci. L’Allemagne a reconnu sa dette. Le Japon doit à son tour affronter ses fantômes et prendre enfin ses responsabilités avant de ne s’aliéner les dernières sympathies qui lui restent encore en Asie.

Dans les médias coréens : The Korea Times (EN)

La réponse de M. Koizumi : Cyberpresse

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31 mai 2006

Aux urnes

urnes2Le calme (notion toute relative) est enfin revenu à Séoul ainsi que (on le suppose) dans les autres grandes villes sud-coréennes, qui ont connu ces dernières semaines l’effervescence de bruyantes campagnes précédant les élections des maires, préfets et autres représentants municipaux. Sur un total de 12 194 candidats, 3 867 seront aujourd’hui élus. A cette occasion, la journée a été chômée.

D’ores et déjà, il apparaît que le parti politique de l’actuel président, Roh Moo-hyun, ait été largement battu au profit de Han Nara (Grand Parti National), le parti de l’opposition dont le président n’est autre que Madame Park Geun-hye, fille aînée de l’ancien dictateur Park Chung-hee, assassiné en 1979. Le choix des coréens semble condamner l’apparente incapacité de l’actuel gouvernement à gérer les relations diplomatiques à l’international et notamment, la crise Irakienne (où la Corée du Sud ne représente pas moins que le troisième contingent de troupes après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne), ainsi que les affaires intérieures du pays, tel que le chômage pourtant en légère régression (de 3,9% en mars à 3,5% en avril - des chiffres qui peuvent faire rêver en France, mais qui sont néanmoins très préoccupants quand on sait qu'en Corée, le statut de chômeur ne donne accès à aucune aide de la part de l'Etat.)

Détail d'intérêt : des bulletins de vote en braille avaient été mis à la disposition des non-voyants.

Mise à jour du 02/06/2006 : démission hier de président du parti Uri (parti au pouvoir), suite à l'écrasante défaite de la veille.

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