11 juin 2008
우 생 순 – Notre Grand Moment
Je me doute que vous attendez tous la suite de notre première leçon de hangul (pour bientôt, promis), mais j’ai décidé de ressusciter en priorité la rubrique cinéma, en hibernation depuis cet évènement. Bien que je meure d’envie de vous parler de Iron Man, je vais m’autocensurer pour éviter le hors-sujet et traiter plutôt du dernier film coréen que j’ai vu en salle. Il s’agit de 우리 생애 최고의 순간 que l’on prononce Woo-ri Saeng-ae Choi-go-eui Soon-gan mais que l’on abrège souvent par 우생순 (Woo Saeng Soon), ce qui veut dire « Le plus grand moment de notre vie ».
Avant de vous raconter le film, quelques mots de sa réalisatrice dont c’est là du troisième long-métrage (et le premier succès commercial). Yim Soon-rye (임순례) aime titiller des thèmes souvent délicats voire tabous. Le public français a pu s’en rendre compte lors de la sortie au cinéma en 2003 de 여섯개의 시선 (« If you were me » en anglais), dont je parle plus en détail ici.
Basé sur histoire vraie, le film suit le parcours d’une poignée de femmes, pour la plupart mariées, avec un ou plusieurs enfants, et qui sont au foyer. Une passion toutefois les unie : celle du handball. Elles ont d’ailleurs rapporté de leur voyage en Espagne en 92, à l’occasion des Jeux Olympiques de Barcelone, de jolies médailles d’or pour la Corée du Sud. Un véritable exploit lorsque l’on sait que le handball n’est pas un sport très populaire en Corée et qu’il compte donc peu de clubs et peu de sponsors.
En vue des Jeux Olympiques d’Atlanta, on tente de reformer une équipe et l’on se rend soudain compte que finalement, les bonnes joueuses de hand ne sont pas légions. A court d’effectif, on décide alors de faire appel aux anciennes joueuses victorieuses en Espagne. Et là, comme vous pouvez vous en douter, on va assister à plusieurs clashs. Celui des générations d’une part, car ces vétéranes qui ont l’habitude de gérer leur foyer, leurs enfants, leur époux, se retrouvent du jour au lendemain obligées de partager une chambre avec des jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, un peu rebelles et qui semblent avoir quelques problèmes avec leurs consœurs si autoritaires.
Ce problème avec l’autorité, nos « ajumas » (qui est le terme coréen pour désigner une femme mariée) l’ont aussi car elles n’apprécient guère leur entraîneur, lui-même ancien joueur de handball très populaire mais trop bellâtre à leur goût et dont elles ne vont pas hésiter à contester les méthodes, ni tester la patience d’ailleurs.
Toutefois, malgré leurs différents, nos équipières se serrent toujours les coudes contre un « ennemi » commun : lorsque deux jeunes handballeuses à la cantine se font brimer par d’imposantes athlètes que l’on soupçonne d’appartenir à l’équipe d’haltérophilie, une ajuma qui bien que deux fois plus petite et plus menue, vient tenir tête aux deux brutes qu’elle traite notamment de mauvaise graine. La cantine est soudain plongée dans un silence nerveux tandis que tout le monde essaye de se faire tout petit pour éviter de déplaire à ce petit bout de femme au caractère bien trempé. Ceux qui ont déjà visité la Corée se sont certainement vite rendu compte qu’il était préférable d’être dans les bonnes grâces des ajumas plutôt que de risquer d’encourir leur foudre. Mais c’est là un autre sujet.
Comme je l’ai déjà dit, nos sportives finissent pas trouver une cohésion au sein de leur équipe qu’elles mettent brillamment à profit jusqu’à atteindre la finale aux Jeux Olympiques d’Atlanta. On assiste alors à un match véritablement historique car au bout des deux prolongations, le score est toujours nul. Il faut donc passer l’épreuve des tirs au but. Bref, les amateurs de suspense sont gâtés. Sans vous donner le résultat final (que ceux qui sont fans de handball connaissent sans doute déjà), un dernier mot sur ce fameux « plus grand moment » dont il est question dans le titre et qui fait peut-être allusion à cet instant où l’on donne tout, sans compter, sans se réserver. Et ces femmes ont prouvé qu’il n’était pas nécessaire d’avoir un gros sponsor qui s’affiche ostensiblement sur les vêtements pour devenir des héros – ou dans ce cas précis, des héroïnes. En effet, quelque soit le sport, c’est avant tout l’histoire d’une passion qui se partage.
Autre moralité de l’histoire : ne surtout pas se fier aux apparences. Alors maintenant, lorsque vous croisez une ajuma dans la rue, demandez-vous si elle n’a pas quelques médailles olympiques cachées au fond de ses placards…
Forever the Moment
Titre coréen : 우리 생애 최고의 순간
Réalisé par Yim Soon-rae
Avec Moon So-ri, Kim Jeong-eun, Eom Tae-woong, Kim Ji-young
124 minutes
Sortie en Corée le 10 janvier 2008
13 décembre 2007
Choi Hong Man, le gentil géant
Que faisait donc Madame Choi samedi après-midi (autre que musarder sur son canapé tout neuf en contemplant l’écran plat qui orne le mur autrement vide de son salon) ? Elle admirait un autre phénomène d’une tout autre nature qui faisait son entrée en grande pompe sous le dôme du Yokohama Arena pour la finale du tournoi K1 Grand Prix, une compétition internationale d’arts martiaux qui réunit des sportifs de presque toutes les disciplines de combat. En fin de carrière, cette reconversion permet à ces sumos, boxeurs, lutteurs d’arrondir leurs fins de mois en se mesurant les uns aux autres dans l’espoir d’acquérir le titre de Champion du Monde de K1 et surtout, de toucher un gros chèque (400 000$ cette année). On y a même vu un joueur de football américain… Mais celui qui captivait l’attention des coréens ce jour-là est un ex champion de ssirum (lutte traditionnelle coréenne) de 27 ans mesurant – tenez-vous bien – 2,18m pour 158 kg. Pour l’avoir croisé une fois à l’aéroport de Narita, Madame Choi vous garantit que le terme géant n’est point déplacé. Ni l’adjectif gentil d’ailleurs. C’est sans doute ce côté bisounours qui plait aux coréens et vaut au colosse le surnom de cutie Hong Man. Seulement voilà, ce ne sont pas avec des bisous que l’on gagne un match de K1. Surtout si l’on se retrouve face à Jérôme Le Banner, le p’tit (comparativement parlant) français aux sourcils froncés de 1,90m, généreux en coups de poings directs et qui ne s’est pas démonté face à un Hong Man massif mais trop vite épuisé.
Depuis son premier titre de Champion K1 GP en 2005 remporté "à domicile", les fans de Hong Man attendent qu’il renouvelle l’exploit, en vain semble-t-il. Habitué des plateaux télévisés qu’on lui reproche de fréquenter plus assidument que les salles d’entraînement, Choi Hong Man paraît se soucier plus de la coloration de ses cheveux (teintés en bleu puis en blond, en passant par l’orange) que de son jeu de jambes. D’un autre côté, le tenant du titre pour la troisième année consécutive est un néerlandais de 34 ans. (Aaahh, la Hollande, ses tulipes, ses fromages, ses kick-boxers…) Choi Hong Man, à 27 ans, a donc encore le temps de mûrir afin de prouver sa vraie valeur sur le ring avant de prendre sa retraite. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
En vidéo : le géant muguette.
Pour d'autres vidéos, visitez la minihompy de CHM sur cyworld (cliquez sur l'onglet 동영상 pour les clips).
06 janvier 2007
L'année 2006 de la Corée
Parmi les grands moments de l’actualité 2006, la Corée a d’abord brillé par son absence au festival international de Cannes, qui avait accueilli l’année précédence pas moins de trois réalisateurs sud-coréens, Hong Sangsoo, Kim Jee-woon et Kim Ki-duk.
Puis vint la Coupe du Monde et ce piège de groupe G, qui donna aux rues de Séoul et aux présentateurs télévisés l’occasion de se parer de couleurs écarlates pendant quelques brèves semaines.
Peu de temps après survint la crise des missiles de juillet, suivi à quelques jours près d’un typhon ravageur qui mit à nouveau Pyongyang au cœur des débats diplomatiques internationaux. L’essai nucléaire deux mois plus tard n’a pas arrangé les choses et les sanctions ne se sont pas fait attendre.
Côté bonnes nouvelles, Shinzo Abe, le nouveau premier ministre japonais, s’est mis en devoir de réparer les dommages causés aux rapports de bon voisinage par son prédécesseur Koizumi en faisant de Pékin et de
Séoul ses deux premières destinations à l’étranger, devant les Etats-Unis. Quant à Ban Ki-moon, ministre des affaires étrangères, il a été nommé (comme prévu) au poste de secrétaire général de l’ONU, succédant au très médiatique Kofi Annan.
Pour terminer l’année en beauté, une bonne nouvelle pour les poissons de Pusan qui vont sous peu pouvoir se faire soigner dans un nouvel hôpital aquatique. Les contribuables, principaux « actionnaires », ne semblent pas vouloir contester cette initiative du gouvernement sud-coréen.
Et maintenant, reste à deviner ce que nous réserve 2007. Parmi les prédictions faciles, certainement un mini baby-boom, conséquence directe d’une astrologie chinoise pour le moins optimiste.
Mais 2007 sera aussi un premier pas vers les étoiles pour le premier ou la première sud-coréen(ne) à voyager dans l’espace. Les deux candidats ont été sélectionnés le mois dernier pour un vol spatial à destination de ISS, prévu pour avril 2008. Début de l’entraînement dès le mois de mars…
Pour le reste, surprise !
24 juin 2006
Un drapeau levé
Et un but comptabilisé… à la grande stupéfaction de tous.
Un coup difficile à encaisser pour les coréens dont les espoirs d’égalisation ont été sérieusement plombés par ce qui ressemble à une (autre) grossière erreur d’arbitrage. Pour reprendre les propos de Thierry Henry (concernant un certain but non comptabilisé), le match n’est plus le même. Sauf que ce match-ci devait être le dernier l’équipe coréenne dans cette coupe du monde 2006. Alors un grand bravo à eux pour s’être battu jusqu’au bout. (Et maintenant, tout le monde fait la *Ola* devant son écran. Je commence…) Profitons-en pour souligner le sens de la dérision de LEE Chun-soo qui, d’un doigt et d’un œil, prévient l’arbitre de touche de rester attentif tandis qu’il s’apprête à tirer un corner (malheureusement, impossible de mettre la main sur un cliché.) Encore une fois, « paksou* » (박수) et rendez-vous en 2010. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à enfiler un maillot bleu…
* applaudissements
19 juin 2006
Compromis
L’affrontement France-Corée du Sud s’est donc soldé par un match nul (1-1) qui pénalise un peu les deux équipes. Une victoire du Togo face à la Suisse aujourd’hui donnerait certes un léger avantage aux Coréens qui devront se mesurer aux Helvètes vendredi prochain. Les deux buteurs de la soirée, Thierry HENRY et PARK Ji-sung, se connaissent bien pour s’être déjà affrontés sur les pelouses anglaises (HENRY sous les couleurs d’Arsenal et PARK Ji-sung, celles de Manchester United.) Mention spéciale pour LEE Young-pyo (qui sévit lui aussi en Angleterre, au Tottenham Hotspur F.C.), auteur de quelques dribles et passes décisives.
16 juin 2006
Corée 2-1 Togo
Petit retour en quelques mots sur le match de mardi pour signaler le caractère historique de cette victoire. En effet, depuis sa première participation à la Coupe du Monde il y a 52 ans, la Corée n’avait jamais remporté de victoire à l’étranger au premier tour. Il y a quatre ans, l’équipe nationale jouait à domicile et l’on se souviendra longtemps de la réussite qu’elle avait alors connue. Retenez bien le nom des deux héros du 13 juin dernier : LEE Chun-soo et AHN Jung-hwan, qui n’est autre que le « golden boy » de 2002. Et à dimanche pour la suite de l’aventure…
13 juin 2006
Rêvons encore...
A quelques heures du premier match de l’équipe nationale de Corée du Sud dans cette Coupe du Monde 2006, la péninsule retient son souffle… En 2002, après une victoire à l’arraché contre l’Italie (avec le fameux but en or inscrit après 15 minutes de prolongations), les coréens étaient parvenus en demi-finale. S’en suivi une véritable euphorie qui, pour une fois, fit sauter les barrières des générations en rassemblant jeunes et vieux dans un même élan de soutien à ces joueurs qui les ont fait rêver. D’où le slogan arboré cette année sur de nombreux t-shirts : Again dream. Car la magie d’il y a quatre ans ne s’est pas évaporée. Loin de là.
Les Red Devils (diables rouges) sont en grande forme
et vont donner de la voix et du tambour ce soir. Ils ne seraient pas moins de
330 000 en Corée du Sud, et quelques milliers expatriés à l’étranger. Créée
en 1997, cette association de supporters est loin de ressembler aux incontrôlables
Hooligans qui ternissent l’image des fans de football en Europe. Organisés et disciplinés,
ils sont les chefs d’orchestres d’un véritable spectacle dans les gradins. Les Gwaenggwaris
et les Janggus (instruments de percussion traditionnels coréens) vont ont une
nouvelle fois marteler les cris enthousiastes de « Tae~han minguk »
(le nom de la Corée),
qui se font d’ores et déjà entendre dans les rues de Séoul. Malgré les réserves
que certains peuvent avoir vis-à-vis du nouveau sélectionneur, le néerlandais Dick
Advocaat, on se laisse aller à y croire encore. Sur Internet, les grands
moteurs de recherches et sites d’informations coréens comme Daum se sont
habillés de rouge pour l’occasion (et http://madamechoi.canalblog.com/ en a
profité pour se faire un petit makeover.) Sur le petit écran, les spots TV d’encouragements
se multiplient, et les présentateurs de diverses émissions n’ont pas
hésité à s’habiller
en rouge aujourd’hui, une présentatrice de la météo allant jusqu’à se peindre
un taegukgi (drapeau national coréen) sur la joue ! Bref, c’est tout un
pays qui vit à l’heure allemande aujourd’hui et pendant plusieurs semaines, on
l’espère…


