20 avril 2009
Des fleurs ou des garçons ?
Depuis quelques mois déjà, les gradins des compétitions sportives (ou autre) se remplissent régulièrement d’étranges slogans (« 꽃보다 xxx ») ; les magazines de mode ne parlent plus que du style preppy ; les coiffeurs ne connaissent plus que la coupe à la « Gu Jun-pyo » ; les boulangeries voient leur vente de petits gâteaux à l’effigie du même Gu Jun-pyo s’envoler tandis que les jeunes couples se ruent vers les destinations ensoleillées de la Nouvelle Calédonie pour un pèlerinage romantique (via Upi Bay, Kanumera Bay, Oro Bay, ou encore l’Île des Pins). Mais de quoi parle donc Madame Choi ? De ces quatre garçons (dans le vent) qui ont envahi le petit écran en même temps que le cœur des millions de jeunes coréennes qui ont suivi leurs aventures (amoureuses) depuis janvier, dans la série 꽃보다남자 (« Boys over Flowers ») produite par KBS. Dès les premiers épisodes, les fans répondent présents et l’audimat explose – prouvant une fois de plus que les histoires de Cendrillon feront encore et toujours recettes auprès des adolescentes. Le concept nous vient du Japon où le manga du même nom, composé de quelques 37 volumes (!) était déjà un best-seller avant de devenir une série télévisée.
L’histoire, elle, est toujours la même (pourquoi changer une équipe qui gagne ?). A la base du succès de cette franchise, quatre lycéens aux allures de playboys surnommés les F4. Madame Choi a d’abord cru naïvement qu’il s’agissait peut-être là d’une allusion aux Fantastic Four. Que nenni ! F4 veut tout simplement dire « Flower Four », une expression qui peut faire sourire, mais il faut savoir qu’en Corée (et peut-être aussi au Japon ?), on octroie bien souvent au joli garçon le surnom de 꽃미남 (« beau comme une fleur », ou comme un cœur dirons-nous plutôt en français.) Mais ces F4 possèdent bien d’autres atouts que leur seul apparence : tous héritiers de puissants chaebols, ils sont riches à ne plus savoir que faire de leur argent de poche, qu’ils dépensent en vêtements griffés (car ils sont bien entendu dispensés de porter l’uniforme du lycée, celui-ci appartenant au groupe Shinhwa dont Gu Jun-pyo, chef de notre petite bande d'apprentis gentlemans, n’est autre que le successeur.) Leur passe-temps favori : bizuter les nouveaux élèves par le biais de sous-fifres entièrement acquis à leur cause. C’est là qu’intervient notre Cendrillon, Jan-di, jeune fille de modestes origines et justicière des opprimés, qui, par un heureux concours de circonstances, va être admise dans le prestigieux lycée. L’arrivée de cette « roturière » ne passe pas inaperçue. S’attirant d’abord les foudres des F4, elle va peu à peu susciter l’intérêt de Jun-pyo (le prince charmant de l’histoire), déconcerté par cette fille qui semble insensible à ses charmes (bien enfouis sous son caractère de cochon.) Ayant toujours obtenu ce qu’il voulait, il se met donc en tête de la conquérir…
Depuis la diffusion des 25 épisodes qui composent la série, les parodies se multiplient tandis que les publicitaires font les yeux doux à nos jeunes acteurs, devenus stars du jour au lendemain. (Deux d’entre eux ont d’ailleurs été récompensés lors des derniers Baeksang Arts Awards.) Le tournage ne fut pourtant pas de tout repos et connu son lot de drames : accident de voiture causé par des fans hystériques, suicide de l’une des actrices… des incidents peu banals qui ont alimenté les chroniques de la presse people et des émissions de divertissement qui en ont fait leurs choux gras. La médaille n’en semble pas ternie pour autant et l’on risque fort de devoir subir des rediffusions jusqu’à l’année prochaine. Autant donc se laisser porter par la vague et se préparer à épater ses amis coréens lors de la prochaine soirée noraebang, en s’égosillant sur le générique de cette série déjà culte :
[MV] T-Max - Paradise (Boys Over Flowers OST)
envoyé par Rinoa_Selphie
15 octobre 2008
Internet, ce cinquième pouvoir…
Le décès de l’actrice Choi Jin-sil le 2 octobre dernier a plongé les coréens dans la stupeur et mit en exergue un phénomène qui prend en Corée des proportions terrifiantes : le cyber-harcèlement. Cas d’école : l’infortunée Dog Poop Girl (개똥녀) qui, sans aller jusqu’au suicide (bien qu’elle l’envisagea un temps), fut néanmoins victime d’un cyber-lynchage sans précédent. Qu’avait-elle donc fait pour mériter cela ? L’incident remonte à 2005. Dans une rame de métro à Séoul, son chien a la mauvaise idée de faire soudain ses besoins par terre. Les passagers l’invitent à nettoyer, ce qu’elle refuse de faire. On lui offre même un mouchoir qu’elle utilise pour essuyer le petit derrière de son toutou, ignorant les requêtes indignées des témoins de la scène. Malheureusement pour elle, une photo est prise à son insu. En l’espace de quelques heures, le cliché fait le tour du web coréen et il suffira de quelques jours pour que l’identité de la jeune fille soit dévoilée. Les internautes se lâchent. On ne peut qu’imaginer l’enfer qu’elle vécu pendant les semaines qui suivirent ce qui au départ ne devait être qu’un fait divers parmi d’autres et qui devint scandale par le biais d’Internet. Elle ira d’ailleurs jusqu’à abandonner ses études car on l’a reconnaissait sur le campus.
Le scandale qui éclata à propos de Choi Jin-sil fut d’une toute autre nature. L’affaire remonte à plusieurs semaines, lorsque l’acteur Ahn Jae-hwan fut retrouvé mort dans sa voiture. L’enquête conclut au suicide par empoisonnement au monoxyde de carbone. Jeune mariée d’à peine quelques mois, sa femme, la comédienne Jeong Seon-hee est dévastée. Choi Jin-sil, une proche amie, partage sa peine. Et puis soudain, les médias se font l’écho des problèmes financiers de Ahn, qui l’aurait conduit à commettre cet acte malheureux. Des rumeurs commencent à circuler sur le net, accusant Choi d’avoir elle-même prêté de l’argent à l’acteur. Sans même l’ombre d’une preuve, la communauté des internautes se met en une campagne contre l’actrice qui, au bout de plusieurs semaines très éprouvantes, que l’on suppose faites de nombreuses nuits blanches, ne trouva d’autre moyen pour faire cesser ce harcèlement que de s’ôter la vie.
Choi Jin-sil était une véritable de star du petit écran (où elle apparaissait régulièrement dans des spots publicitaires), même si sa carrière compte également de nombreux long-métrages. On la savait talentueuse mais c’est dans la série My Rosy Life (2005) qu’elle émeut la Corée entière, avec un rôle tragique et une performance sans fausse note. Pourtant, sa vie fut loin d'être rose, au contraire. Pas de cuillère en argent dans sa bouche à la naissance. La famille est pauvre et Choi rêve de devenir star pour échapper à cette vie de misère et de privations. Côté cœur, elle épousera Jo Seong-min, sans doute le plus populaire joueur de baseball de l’époque, une union que les médias qualifient de « mariage du siècle » tant ces deux-là semblaient tout avoir pour être heureux. Mais le mariage ne dure pas. Enceinte de 8 mois de son deuxième enfant, Choi se retrouve à l’hôpital, couverte de bleues, après avoir, dit-on, fait part à son mari de ses soupçons sur une éventuelle liaison qu’il entretiendrait (soupçons qui furent confirmés par la suite.) Quelques mois après le divorce, Jo se remariait, causant un tollé général. Depuis, Choi, qui obtint la garde des deux enfants, se concentrait sur sa carrière.
En réaction contre les causes de son décès, le gouvernement coréen semble vouloir mettre en place un moyen de contrôler les messages publiés sur Internet par ses utilisateurs. Ce projet est-il réaliste ? Et surtout, ne va-t-il pas à l’encontre du principe démocratique selon lequel tout le monde a le droit de s’exprimer librement ?
L’une des premières conséquences de cette veille zélée : une critique dans un reportage télévisé des « cyber-cafés » destinés à recueillir les commentaires acerbes, violents ou menaçants d’élèves (anonymes) qui ont une dent contre l’un (ou plusieurs) de leurs professeurs, avec parfois photo à l’appui (prise bien entendu à l’insu de l’intéressé par l’intermédiaire d’un téléphone portable discret.) Les professeurs se montrèrent pour le moins choqués et inquiets de lire des accusations qu’ils considéraient sans fondement.
Alors, liberté du verbe, oui, mais à quel prix ? Phobie, dépression, suicide… ce sont là des souffrances bien réelles que certains « martyres » se voient obligés d’endurer pour que le reste d’entre nous puissions continuer à profiter d’une plume affranchie de toute censure certes, mais parfois aussi dénuée de bon sens et de réflexion. Et si la liberté d’expression était un peu comme l’eau ? Le fait qu’elle soit courante nous donne-t-il le droit d’en user sans réserve ?
13 décembre 2007
Choi Hong Man, le gentil géant
Que faisait donc Madame Choi samedi après-midi (autre que musarder sur son canapé tout neuf en contemplant l’écran plat qui orne le mur autrement vide de son salon) ? Elle admirait un autre phénomène d’une tout autre nature qui faisait son entrée en grande pompe sous le dôme du Yokohama Arena pour la finale du tournoi K1 Grand Prix, une compétition internationale d’arts martiaux qui réunit des sportifs de presque toutes les disciplines de combat. En fin de carrière, cette reconversion permet à ces sumos, boxeurs, lutteurs d’arrondir leurs fins de mois en se mesurant les uns aux autres dans l’espoir d’acquérir le titre de Champion du Monde de K1 et surtout, de toucher un gros chèque (400 000$ cette année). On y a même vu un joueur de football américain… Mais celui qui captivait l’attention des coréens ce jour-là est un ex champion de ssirum (lutte traditionnelle coréenne) de 27 ans mesurant – tenez-vous bien – 2,18m pour 158 kg. Pour l’avoir croisé une fois à l’aéroport de Narita, Madame Choi vous garantit que le terme géant n’est point déplacé. Ni l’adjectif gentil d’ailleurs. C’est sans doute ce côté bisounours qui plait aux coréens et vaut au colosse le surnom de cutie Hong Man. Seulement voilà, ce ne sont pas avec des bisous que l’on gagne un match de K1. Surtout si l’on se retrouve face à Jérôme Le Banner, le p’tit (comparativement parlant) français aux sourcils froncés de 1,90m, généreux en coups de poings directs et qui ne s’est pas démonté face à un Hong Man massif mais trop vite épuisé.
Depuis son premier titre de Champion K1 GP en 2005 remporté "à domicile", les fans de Hong Man attendent qu’il renouvelle l’exploit, en vain semble-t-il. Habitué des plateaux télévisés qu’on lui reproche de fréquenter plus assidument que les salles d’entraînement, Choi Hong Man paraît se soucier plus de la coloration de ses cheveux (teintés en bleu puis en blond, en passant par l’orange) que de son jeu de jambes. D’un autre côté, le tenant du titre pour la troisième année consécutive est un néerlandais de 34 ans. (Aaahh, la Hollande, ses tulipes, ses fromages, ses kick-boxers…) Choi Hong Man, à 27 ans, a donc encore le temps de mûrir afin de prouver sa vraie valeur sur le ring avant de prendre sa retraite. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.
En vidéo : le géant muguette.
Pour d'autres vidéos, visitez la minihompy de CHM sur cyworld (cliquez sur l'onglet 동영상 pour les clips).
01 septembre 2007
Papotera bien qui papotera la dernière
En zappant sur KBS le lundi soir, on tombe sur cet ovni d’émission télévisée mettant en scène une vingtaine de jeunes étrangères, habillées et maquillées bien comme il faut, et donnant la réplique à des invités qui ne sont autres que des célébrités (mâles s'il-vous-plaît) du showbiz. Portant le sympathique nom de 미녀들의 수다 (« le papotage des belles »), peut-être en clin d’œil au non moins sympathique long-métrage 킬러들의 수다 (« le papotage des tueurs »), l’émission consiste à débattre autour d’un thème culturel afin de confronter les habitudes et traditions étrangères à celles de la Corée. En fil rouge, un sondage auprès d’une centaine de personnes et dont les résultats se dévoilent au cours de l’émission. D’une vingtaine de demoiselles, ce talk show accueille désormais près d'une cinquantaine de papoteuses venus des quatre coins du monde SAUF… de la France (c’est-y pas malheureux, ça*.) En revanche, on peut y faire la connaissance de deux francophones, une camerounaise et une québécoise qui ont toutes les deux été interviewées pour l’émission radio Seoulscope (les écouter ici et là).
Ce papotage semble avoir rapidement trouvé son public puisque sa popularité a profité à quelques unes de ses « vétéranes » qui ont depuis quittées ce tremplin pour se lancer à la conquête du petit écran. On reconnaîtra notamment la britannique Eva, la canadienne Lu-vada et la japonaise Saori dans plusieurs spots publicitaires ainsi que sur les plateaux d’émissions de variétés, ce qui les élèvent désormais au statut de 탤런트 (« talent », à prononcer tai-leun-tte). En attendant d’éventuelles retrouvailles dans 10 ans, on leur souhaite pleins de bonnes choses.
* A toutes les françaises de Corée qui souhaitent remplir la place désespérément vide de la France sur ce plateau, Madame Choi conseille de remplir le questionnaire d’introduction des papoteuses et de l’envoyer directement à KBS pour réparer au plus vite ce grand tort. D’ailleurs, elle va donner l’exemple et s’y coller la première (non qu’elle croit avoir une chance, sauf peut-être pour la version 아주마들의 수다) :
국적 (pays)
프랑스
직업 (occupation)
주부
취미/ 특기 (passe-temps / talent)
글쓰기
한국 거주기간 (temps passé en Corée)
1년 정도
왜 한국에 오게 되었나? (pourquoi êtes-vous venue en Corée)
신랑 따라서 왔어요
가장 좋아하는 한국 연예인 (vos artistes coréens préférés)
가장 좋아하는 한국 음식은? (votre nourriture coréenne favorite)
순대 ; 약밥 ; 회덮밥 ; 삼겹살
평소 즐겨보는 한국 TV프로그램은? (l’émission TV qui vous divertit habituellement)
한국에서 가장 즐겨가는 곳은?/ 이유는? (l’endroit en Corée qui vous plaît/divertit le plus et pourquoi)
광장시장등 시장구경하기 맛있는것과 신기한것도 많기 때문에
한국에서 아름답다고 생각하는 곳은? (le bel endroit en Corée selon vous)
조용하고 자연미가 조화된 정원이 있는 창덕궁
한국에서의 경험 중 가장 재미있었던 경험은? (de toutes vos expériences en Corée, la plus amusante)
미장원에서 염색할때 귀에다 머리에 씌우는것과 같은 귀마개를 씌웠을때
고국의 친구들에게 한국을 소개한다면 뭐라고 하겠는가? (comment présenteriez-vous la Corée à vos compatriotes ?)
한국사람을 만나보고 치해져 보세요.
왜냐하면 정이많고 열정적이고 즐거운 시간을 보낼수 있으니까요!
28 janvier 2007
La « Bokko Dance »
Le « phénomène funtwo » (accès à une célébrité virtuelle mondiale par le biais d’Internet) continue de faire des émules. Ainsi, malgré la fin de l’été 2005, les irritants Ma Ya Hi des Moldaves O-Zone ne se sont pas tus mais ont été repris de plus belles dans d’innombrables parodies, dont celle d’un certain Gary Brolsma qui, depuis, a assumé avec humour son vedettariat et récidive avec le new numa.
Tandis qu’européens et américains ont choisi de porter aux nues cette (damnée) Numa Numa Dance, les japonais eux préfèrent se trémousser au rythme de la Haruhi Suzumiya Dance, une chorégraphie tirée d’une animation du même nom. Et qu’en est-il des coréens ? Ils ont leur propre Bokko Dance, une chorégraphie veillotte remise au goût du jour par la jeune chanteuse Bae Seul Ki et qui donne ceci :
Un mouvement de bras vous a échappé ? Pas de panique. Voici un tutorial qui devrait vous permettre de devenir rapidement la nouvelle star des clubs de Séoul :
Billet inspiré par cet article de Boing Boing.
08 novembre 2006
Du comique des dramas
Prononcé à l’américaine (drwa ma), le drama est un terme qui s’est incrusté dans la langue coréenne pour désigner les séries télévisées. A forte tendance romantico-mélodramatique, certaines séries toutefois ne manquent pas d’humour, à l’image de cette comédie romantique, 포도밭 그사나이 (« Le garçon du vignoble »), minisérie de 16 épisodes (format relativement courant), diffusée cet été en Corée, et qui est une excellente illustration des caractéristiques propres à tous les dramas dont voici les principaux ingrédients :
- deux protagonistes faits l’un pour l’autre mais que tout sépare (en l’occurrence, une jeune citadine ambitieuse et un garçon de la campagne) ;
- des obstacles, souvent incarnés par des parents intransigeants et/ou des ex ou potentiels partenaires (dans ce cas précis, un jeune médecin à la carrière prometteuse et une ancienne petite amie devenue chercheuse mais toujours amoureuse) ;
- des situations romantiques à foison (une chasse au cochon fugueur, une nuit sous la tente, une visite aux lucioles etc.)
- deux fois plus de prises de tête, de malentendus et de je-t’aime-moi-non-plus ;
- no kiss, même pas un petit bécot sur la joue (il faut attendre le 16ème et dernier épisode pour cela) ;
- un épisode final par conséquent ultra-concentré pour dénouer d’un coup tous les fils de l’intrigue (deux bisous plus tard et c’est déjà le mariage !)
Bref, du pur bonheur pour les fleurs bleues comme Madame Choi, élevée malgré elle aux grotesques patins d’Hélène, les garçons & Co (avait-on alors le choix ?). Pourtant, malgré un scénario et des dialogues softissimes, la série est tout de même interdite aux moins de 15 ans !
Le pitch en quelques mots : un grand oncle propriétaire d’un champ de vignes et sans descendance décide de léguer sa terre à sa petite nièce, Ji-hyun (YOON Eun Hye), à condition qu’elle vienne se consacrer à l’élevage du raisin pendant un an. Au début fort réticente, la jeune fille qui vient comme par hasard de perdre son travail finit par changer d’avis en apprenant la valeur immobilière du terrain. S’imaginant y passer un an de vacances, elle va vite déchanter en s’apercevant, une fois sur place, de la difficulté de la tâche. Les incessantes réprimandes de son tuteur, le jeune Taek-ki, (OH Man Suk) rendent son quotidien infernal. Ravalant sa fierté, il lui faut apprendre à obéir et abandonner à contrecœur ses tenues de midinettes et ses chaussures à talons contre des bottes en caoutchouc et des tenues de travail qui sont loin de flatter la silhouette. Malgré les pleurnicheries de l’une (qu’il faut supporter pendant moult épisodes), et les rustreries de l’autre, les personnages deviennent vite attachants. L’accent chantant de Jeollado (province du Sud) aidant, ce petit tableau champêtre qui fleure bon l’été est une vraie bouffée d’air frais qui se distingue par sa gaité candide des autres dramas aux histoires tortueuses et tourmentées.
Le visage de l’actrice vous est familier ? Elle n’était autre que membre du populaire (en son temps) girls band Baby V.O.X et débuta à la télévision dans la série Princess Hours. Quant à son partenaire, également issu de la scène, il fit ses armes au théâtre dans la pièce Yi (qui inspira le fameux King and The Clown) pour lequel il reçu la récompense de Best New Stage Actor en 2001, et la comédie musicale Hedwig, qui lui valu une autre récompense en 2005, celui de Best Musical Actor. Si ça donne pas envie, ça… !
PS : pour découvrir de nouveaux dramas, ce lien vous donnera quelques pistes.
14 septembre 2006
Hallyu, fighting !
« La déferlante de la pop coréenne, dénommée « hallyu » (« la vague coréenne »), s'étend du cinéma à la cuisine en passant par les cosmétiques (…) » pouvait-on lire dans un article* du Monde paru le 4 juin dernier. Les exemples qui illustrent ce propos sont nombreux, incarnés notamment par la jeune JUN Ji Hyun qui, au début de cette année, fut la première coréenne à apparaître sur la couverture du magazine Elle en Asie, tandis qu’au Japon, le seul nom de BAE Yong Joon fait tomber en pâmoison des milliers de japonaises.
Mais depuis peu, cette « vague » a pris des allures de tsunami et déferle soudain sur l’Occident sans crier gare. Pour preuve, la récente adaptation hollywoodienne du film Il Mare (sorti en Corée en 2000) avec Sandra Bullock et Keanu Reeves dans les rôles précédemment tenus pas la même JUN Ji Hyun et LEE Jung Jae. Au mois de mai, le Time Magazine nommait dans sa liste annuelle des 100 personnalités les plus influentes dans le monde l’acteur/chanteur sud-coréen Rain, baptisé le South Korean king of pop (excusez du peu). Et n’oublions pas la nouvelle célébrité outre-Pacifique de KIM Yun-Jin, dont le rôle dans la série Lost (deuxième série TV la plus populaire au monde) a semble-t-il été créé sur mesure, et qui s’émerveille d’être reconnue dans les rues de New York ou de Los Angeles par les américains. Ils sont tout de même quinze millions en moyenne à suivre les aventures de ces nauaérofragés du Pacifique.
Entretemps, les films Time de KIM Ki Duk, The Host de BONG Jun Ho et The King and the Clown de LEE Jun Ki se disputent une place aux prochains Academy Awards. Le Korean Film Council doit rendre son verdict le 1er octobre quant à la nomination du film qui représentera la Corée dans la catégorie Meilleur Film Etranger. Si celui-ci est approuvé par le comité de préselection des Academy Awards (merci Jérôme !), il sera le premier long-métrage coréen à se retrouver dans la course aux oscars. Gageons que le pays du Matin Calme n’a pas encore fini de faire parler de lui.
Et voici en bonus le dernier single de Rain, Sad Tango, distribué au Japon (d’où les paroles en japonais) :
boomp3.com* L’article entier est lisible ici.
19 août 2006
Karaoké made in Korea
Voici, en guise de billet paresseux du samedi, le définition de 노래방 (noraebang), qui traduit mot à mot, donne « pièce à chansons. » Mentionnés dans les annales de l’histoire de la Chine sous le terme de « peuple qui chante », les coréens font encore honneur à cette antique réputation et fréquentent assidument les quelques (dizaine de ?) milliers de noraebangs du pays. Assis dans une salle privée (dont la taille varie en fonction du nombre d’invités), on boit entre amis en poussant la chansonnette que l’on aura préalablement sélectionnée à partir d’un catalogue aussi épais que les pages jaunes. Comparé au karaoké classique, l’avantage du noraebang est évident : le ridicule n’est pas public !
Parce que mes chers lecteurs le valent bien, voici pour illustrer ce billet une vidéo des championnes du monde du noraebang toutes catégories, connues ici sous le nom de 두여자 (deux filles), tout simplement :
Cela vous a plu ?! Allez, en voici une autre où elles interprètent "Chat romantique"...
07 août 2006
Ida Daussy, vous connaissez ?
En tant que française fraîchement débarquée en Corée, la question m'est systématiquement posée.
- Pardon ? Qui donc ? Ida comment ?
Intriguée, on fait appel à son ami Google qui a tôt fait de nous livrer toutes les réponses. Il suffit d’allumer son poste TV pour constater l’évidence : cette normande de 37 ans, mère de deux ‘chits eurasiens, est une véritable personnalité du petit écran, où elle sévit depuis maintenant une douzaine d’années. Son atout ? Une joie de vivre contagieuse mais surtout, une verve pressée et expansive parsemée de Oh lala ! bien français
qui ont séduit tous les coréens et qui fait dire à son fils « je peux pas… arrêter maman de parler ! » Le premier à être tombé sous le charme de cette pétillante fécampoise est bien entendu son mari, qu’elle a connu sur place alors qu’elle n’était là que pour un « court » séjour d’un ou deux ans. Ah, l’amour… sournois squatteur de nos cœurs autrement vides… Mais je m’égare. Cette histoire est bien belle et donne espoir aux couples internationaux et interraciaux qui, en dépit des obstacles qu’ils rencontrent (notamment en Corée), sont de plus en plus nombreux à échanger anneaux et vœux de fidélité et d’amour éternels.
Maintenant que cet article va me permettre de doubler la fréquentation du blog, je serais très reconnaissante si Ida pouvait nous refiler sa fameuse recette de fondue de tokk.*
Portrait d'Ida Daussy (vidéo de 7m30, 2004)
* gâteau de pâte de riz

