Madame Choi

La Corée au quotidien...

09 février 2008

Seollal – Se divertir

Nous sommes entrés dans l’année du Rat, mais les festivités ne sont pas terminées pour autant. En effet, la plupart des palais de la capitale (Changgyeonggung, Gyeongbokgung, Deoksugung) offrent aux visiteurs la possibilité de jouer à divers jeux traditionnels parmi lesquels ceux déjà mentionnés à l’occasion de Chuseok. Pour compléter la liste, voici d’autres activités auxquelles s’adonner au moment des fêtes :
Coree2007_052

  • 연날리기 – faire voler un cerf-volant (le cerf-volant traditionnel coréen est de forme rectangulaire et doté d’un trou en son centre) ;
  • 제기차기 – faire rebondir un volant avec le pied ;
  • 투호 – une variante du jeu de fléchettes avec de longs bâtons que l’on doit lancer dans une jarre.

Un grand favori de Madame Choi, le 윷놀이 (jeu de Yut) est le divertissement idéal lorsqu’on a une dizaine de personnes à la maison qui s’ennuient et qu’il fait trop froid pour sortir. En voici les règles :

Préparez tout d’abord un tapis de jeu (une fine couverture pliée en deux fait souventyut l’affaire). Divisez tout votre petit monde en deux équipes que vous installez autour du tapis en alternance. Préparez vos quatre bâtonnets de yut, vos chevaux (4 par équipe) et le tablier de yut sur lequel est tracé le chemin à parcourir ainsi que les raccourcis que l’on peut emprunter (illustré ci-dessous).

yut_tablier

Une personne de chaque équipe lance les bâtonnets sur le tapis pour déterminer qui démarre en premier. Pour comptabiliser les bâtonnets qui possèdent tous deux faces (l’une bombée et souvent décorée pour la distinguer de l’autre, vierge et plate), il suffit de compter comme suit :

  • Une face plate vers le haut = 1 (도)
  • Deux faces plates vers le haut = 2 (개)
  • Trois faces plates vers le haut = 3 (걸)
  • Les 4 bâtonnets faces plates vers le haut = 4 (윷)
  • Zéro face plate vers le haut = 5 (모)

Une fois que l’on a déterminé l’équipe qui prend la main, le jeu (dont le but est de faire faire à ses 4 chevaux le tour du tablier le plus rapidement possible) peut commencer.

A chaque fois que l’on obtient un 4 ou un 5, on peut rejouer. On rejoue également lorsqu’on « mange » un pion de l’adversaire (qui se voit alors contraint de recommencer au début).

Pour pouvoir emprunter les raccourcis (les diagonales du carré), il faut impérativement tomber sur l’intersection. Sinon, on est obligé des poursuivre le tracé du carré.

On peut faire se chevaucher jusqu’à trois pions (de la même équipe) maximum. On a alors plus de chance de terminer rapidement mais l’on risque aussi beaucoup gros.

Dans les règles version Gangnung (la ville d’où sont originaires les Choi), l’un des bâtonnets possède un rond noir sur sa face plate. Lorsque l’on obtient ce rond noir (quand tous les autres bâtonnets sont à plats sauf celui-ci), on est obligé de reculer d’une case (ce qui peut ralentir mais aussi, dans certains cas, permettre d’attraper un pion de l’adversaire qui nous suivait de trop près).

Toujours selon la version Gangnung, un autre bâtonnet possède sur sa face plate la mention 서울 (Séoul). Lorsque l’on obtient un « Séoul », on peut alors directement placer son pion sur la case au centre du carré (le raccourci suprême !). Mais un « Séoul » peut aussi être pénalisant si l’on était déjà plus près de l’arrivée.

Sur ce, bon jeu et bonne année !

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04 février 2008

Seollal J-3 – Se régaler

Qui dit Seollal dit table d’offrande aux ancêtres (차례상) ; et qui dit table d’offrande dit banquet de fête ! Mais avant de s’empiffrer, festoyons d’abord avec les yeux car cette table d’offrande tient plus de l’œuvre d’art que du repas. En effet, les aliments sont préparés puis posés sur la table selon des règles bien précises :

  • Positionnée en direction du nord, la table est garnie en cinq rangées ;
  • La première rangée (en partant du sud) est réservée aux fruits et aux gâteaux frits avec les fruits secs (comme les jujubes, les châtaignes et les kakis séchés) posés côté ouest, les fruits frais (poires, pommes) au centre et les gâteaux frits (au riz et au miel) à l’est ;
  • La deuxième rangée se compose de légumes et plantes potagères de trois couleurs différentes (épinards, fougères, campanule), de poisson séché et d’une boisson (du 식혜 par exemple, à base de riz fermenté) ;
  • On trouve à la troisième rangée une série de consommés (bouillon de bœuf, soupe de poisson, potage de viande) ;
  • La quatrième rangée accueille les aliments sautés ou frits tels que brochettes de viandes, crêpes de légumes, poisson sauté « à la milanaise », tofu frit… ;
  • Enfin, tout au nord, on trouve les verres d’alcool, les ustensiles (cuillères et baguettes) et les fameux bols de soupe de pâte de riz (떡국), plat emblématique du nouvel an lunaire ; la pâte de riz blanche découpée en rondelles évoque le soleil dont c’est le premier lever de l’année.

seollal_table

Au risque de décevoir les gastronomes, Madame Choi ne donnera pas la recette de cette soupe dont les subtilités lui échappent encore. En revanche, voici celle des 율란, des boules de châtaignes à la cannelle que l’on déguste volontiers au moment des fêtes. (La recette provient du livre Lee Wade’s Korean Cookery, acheté sur Seoul Selection pour la modique somme de 6,50 €).

Ingrédients :

  • 600g de châtaignes ;
  • 4 cuillères à soupe de miel liquide ;
  • 1 cuillère à café de cannelle en poudre ;
  • 3 cuillères à soupe de pignons de pin écrasés.

Faites cuire vos châtaignes avec leur écorce dans une casserole d’eau bouillante jusqu’à ce qu’elles soient tendres, puis épluchez-les et écrasez-les dans un saladier.

Assaisonnez avec le miel et la cannelle en mélangeant bien.

À partir de cette purée, modelez des boules que vous roulez ensuite dans vos éclats de pignons de pin (étape que Madame Choi a sauté, faute de pignons).

Vous pouvez aussi tenter de recréer la forme initiale de la châtaigne (sorte de triangle empâté, comme illustré ici). Dans ce cas-là, ne recouvrez que la base de pignons de pin ou de cannelle, au choix. (J’imagine que l’on peut aussi les tremper dans de la poudre d’amande ou de cacao, pour varier les plaisirs.)

chestnutballs



PS : depuis l’arrivée de Madame Choi dans la famille, les gâteaux frits ont été remplacés par un kouglof maison, fort apprécié qui plus est.

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31 janvier 2008

Seollal J-7 – Saluer les aînés

Une fois toute la famille réunie et avant de commencer les festivités du nouvel an, chacun a le devoir de payer ses respects aux aînés (à l’exception du patriarche, bien évidemment.) Il ne s’agit pas là d’une simple courbette car il faut se prosterner jusqu’à terre. Le 절 (la révérence) s’effectue habituellement en plusieurs temps. Mais avant de commencer, sachez que lorsque vous saluez en couple, l’homme doit se placer du côté est et la femme, du côté ouest. Une fois que vous aurez déterminé la position de vos points cardinaux :

  1. Croisez vos mains (la main gauche sur la main droite pour les messieurs et la main droite sur la main gauche pour les demoiselles) ;
  2. Soulevez ensuite les coudes à l’horizontal en portant vos mains à hauteur de poitrine pour les garçons, et à hauteur d’épaule pour les filles, tout en baissant la tête ;
  3. Agenouillez-vous en pliant d’abord la jambe gauche et en courbant le dos jusqu’à ce que vous posiez les mains (toujours jointes) à terre ;
  4. Fléchissez ensuite la jambe droite et croisez vos bouts de pied (le pied droit sur le gauche) puis posez les coudes à terre et le front sur vos mains jointes (les femmes sont dispensées de se pencher aussi bas et se contentent souvent de s’incliner à 45° en gardant un genou debout et en posant les mains à terre, de par et d’autre de leur pieds) ;
  5. Après quelques brèves secondes dans cette position, relevez-vous en soulevant d’abord vos coudes et votre dos (mais en gardant la tête courbée), puis dépliez la jambe droite en premier ;
  6. Poussez sur votre genoux droit pour vous redresser puis, une fois debout, joignez les pieds ;
  7. Enfin, effectuez une deuxième révérence, debout (courbez-vous disons à 80° à peu près).

Une image vaut 1000 mots dit-on. Aussi, trêve d’explications tortueuses. Place aux illustrations. Heureusement pour vous, il reste encore une semaine pour vous entraîner.


reverence


PS : si vous êtes une femme et que vous portez le hanbok, vous pouvez toujours vous asseoir en tailleur lorsque vous faites la révérence, mais Madame Choi vous met au défi de vous relever avec élégance et dignité de cette position-là…

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29 janvier 2008

Seollal J-9 – S’habiller

barbiecorenneLes festivités de Seollal (comprendre « Nouvel An Chinois ») sont l’une des rares occasions de voir s’afficher en public le costume traditionnel coréen ou hanbok. Seuls les femmes et les enfants sont concernés, les hommes lui préférant depuis longtemps le costume occidental, plus confortable. Le costume féminin est composé d’une haute jupe ample serré sous les aisselles et d’un boléro tandis que les garçons portent un pantalon large mais serré aux chevilles accompagné d’une veste. Caractérisé par des couleurs éclatantes et une silhouette arrondie, le hanbok semble gagner en popularité en Occident. En plus d’avoir fait l’objet d’une publicité pour de grandes Galeries, il a notamment inspiré le géant Mattel pour sa Barbie® Princess of the Korean Court™ (collection 2005 Dolls of the World) (merci Polly pour l'info !). On le retrouve même dans le jeu de rôle en ligne World of Warcraft en quatre versions ! (Ci-dessous, le hanbok nuptial vert foncé et le hanbok traditionnel blanc.)

hanbokwow

Ceux ayant déjà croisé un hanbok dans la rue remarqueront tout de suite que Blizzard a négligé l’une des spécificités de ce costume : le nœud du boléro ! Car c’est tout un art de nouer ce ruban. Voyez un peu :

hanboknoeud

  1. Commencer par croiser le ruban court de gauche par-dessus le ruban long de droite ;
  2. Faites ensuite passer ce ruban court (celui que vous venez de croiser par-dessus) sous le ruban long et faites-le sortir par le haut ;
  3. Faites une boucle avec le long ruban du bas, puis tirez le ruban court vers le bas ;
  4. Avec la main gauche, prenez le ruban long et avec la main droite, faites passer le ruban court par dessous puis attrapez-le par le haut ;
  5. On ajuste ensuite le nœud en tirant délicatement du bas vers le haut ;
  6. On laisse ensuite les deux bouts de ruban tomber naturellement (il devrait y avoir un écart de 5 à 7cm entre les deux).

Franchement, on a vu plus alambiqué comme nœud. Plus d’excuse pour faire l’impasse sur le hanbok cette année !

Coree2007_034

PS : Porter le hanbok le 7 février prochain vous permettra en plus d'entrer gratuitement dans les palais et parcs où sont habituellement organisés divers jeux traditionnels à l'occasion de ces jours de fête.

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16 février 2007

Nouvel an lunaire

Ce dimanche 18 février très précisément, les coréens fêteront ce que nous autres appelons le nouvel an « chinois ». Pour ceux qui l’auraient oublié, les pâtissiers se font un plaisir de nous rappeler que l’année du cochon est bel et bien arrivée et déclinent l’heureux porcelet en version glacé, meringué, fourré, chocolaté…

cochons

설날 (Seollal) est avec 추석 (Chuseok) une célébration essentielle aux yeux des coréens qui à cette occasion se réunissent en famille pour une cérémonie matinale consistant à se prosterner devant les aînés et à recevoir à son tour l’hommage des cadets. Les enveloppes garnies sont le cadeau de rigueur ce jour-là. Une table d’offrande – comparable à celle de 추석 – est également dressée. Les mets sont ensuite consommées lors du repas qui réuni toute la famille autour d’un grand festin dont le menu inclus l’incontournable 떡국 (soupe de pâte de gâteau de riz garnie de raviolis, de bœuf haché et d’œufs), symbole de maturité ou de l’année passée que l’on « mange » et qui nous fait donc vieillir d’un an.

Pour comprendre l’importance du calendrier lunaire en Corée, il faut se souvenir de la tradition agricole du pays, qui s’en est longtemps remis aux cycles lunaires pour optimiser ses cultures. En effet, le calendrier lunaire, décomposé en 24 segments (절기) répartis tout au long de l’année (« petit froid », « grand froid », début du printemps, réveil des insectes, équinoxe vernal et ainsi de suite), a l’avantage de « coller » au climat et permet ainsi de faire des prévisions relativement fiables (nos météorologues pourraient d’ailleurs s’en inspirer…)

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