Madame Choi

24 septembre 2011

Toilettes mixtes et piment-souvenir

Photo423Non, pardon. Ce ne sont pas des toilettes mixtes mais des toilettes « famille ». Quand on sait qu’une maman + un enfant, ça ne tient pas dans une toilette publique normale (taille mouchoir de poche), on peut apprécier le bon sens de l’initiative.


Les souvenirs de bébé, il semble n’en avoir jamais assez. La frénésie du parent collectionneur commence dès avant la naissance, bien évidemment, avec les photos des premières échographies. Cela se poursuit à la maternité, où l’on récupérera les bracelets d’identification, les étiquettes portant le nom du bébé collées sur la porte de la chambre et sur son premier berceau. Puis viendront plus tard la première mèche de cheveux coupée, la première dent de lait tombée… On n’aura pas oublié entretemps lesPhoto360 empreintes en plâtres des petites menottes, des petits petons, et du petit « piment » du poupon garçon. Si si. Voici d’ailleurs un beau spécimen de ce quinté gagnant, destiné à être encadré et donc exposé à la maison. Au moins jusqu’à l’adolescence. (Bébé devenu grand vous saura certainement gré d’en faire disparaitre toute trace.)

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10 février 2011

Les pérégrinations coréennes d’Eric Bidet

Loin des jolis portraits qu’en font certains guides touristiques racoleurs, « Pérégrinations coréennes » entraine le lecteur sur les chemins de traverses qu’a empruntés son auteur, Eric Bidet, durant son séjour d’une douzaine d’années au pays du matin clair.

A moins d’être épouse de diplomate et ne fréquenter que les coréens aisés qui « ont tous deux voitures, » la réalité des inégalités de la société coréenne n’aura pas échappée au touriste étranger, de même que certains paradoxes assez caractéristiques de la mentalité coréenne. Ainsi, le peuple coréen a beau être des plus fiers de son héritage culturel et de ses traditions, il n’en demeure pas moins très complexé, comme l’illustre le recours quasi-systématique à toute une panoplie d’artifices pour paraître « mieux que ce que l’on est réellement. » L’auteur consacre d’ailleurs tout un chapitre au « simulacre. »

De même, les valeurs de fidélité que les coréens encensent ne concerneraient que les femmes, les hommes n’étant pas tenus d’être à la hauteur des normes de vertu auxquelles doivent en revanche se plier les épouses. Notons que c’est dans le chapitre « Cafés » que l’auteur titille le sujet, le café typiquement coréen étant pour lui le dabang, où l’on boit en compagnie de la serveuse…

Enrichi d’extraits et de citations tirés d’autres témoignages parfois ayant valeur historique (tels les récits de Baudens, Frandin ou Ducrocq parmi d’autres), les pérégrinations de Bidet sont pour l’ensemble empreintes d’une nostalgie assez pesante. On pourrait presque croire que l’auteur exprime du regret pour « les vieilles prostituées qui tenaient boutique dans une pauvre venelle menant au marché (…). » Certes, je partage son affliction quant à la disparition des arrières-ruelles de Séoul qu’il qualifie à juste titre de musée « à ciel ouvert, vivant (…) de cette culture populaire (…). » Mais je ne vais pas pleurer la disparition du « quartier chaud » de Cheongyangni, à proximité du marché de la médecine traditionnelle, où les filles tapinaient « en toute naïveté au milieu des légumes et des étals de poulet. »

peregrinationsPour le reste, nos expériences des bains publics, de la cuisine, de la « Corée de peu, » de  ce « mélange préservé de ville et de nature » se rejoignent. Et si le sort de ce qu’il reste aujourd’hui de Pimatgol semble joué, si le marché de Gileum est désormais assiégé par une triste armée d’appartements, si les vieillards « continent à travailler pour gagner de quoi vivre, » on se demande parfois si le prix à payer pour un développement économique aléatoire n’est pas un peu trop élevé…

Pérégrinations coréennes
de Eric Bidet
Illustrations de Nicoby
L'Atelier des Cahiers

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08 février 2011

Bonne année du lièvre !

Ou du chat, c’est selon…

Quelques "bonnes paroles" pour bien commencer l’année :

토끼를 다 잡으면 사냥개를 삶는다
Quand on a attrapé tous les lièvres, on fait bouillir les chiens de chasse.
(Métaphore du gaspillage des choses qui deviennent précieuses
quand elles viennent à manquer.)

토끼 둘을 잡으려다가 하나도 못 잡는다
Qui court deux lièvres n’en prend aucun.
(Même le français est d'accord là-dessus.)

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10 octobre 2010

La Corée en 10 choses…

En cette 10ème journée du 10ème mois de l’année 2010, j’ai décidé de faire, pour la première fois sur ce blog, un top 10. Pas très original, certes. Des tops 10 sur la Corée, on en trouve à la pelle sur Internet. Néanmoins, je tiens à rappeler à toutes fins utiles que ce blog étant celui de Madame Choi, vous ne risquez pas d’y trouver le sempiternel « les filles coréennes, trop belles ! » Je pourrais, pour faire bonne mesure, le remplacer adéquatement par « les garçons coréens, trop beaux ! » (Après tout, j’ai bien craqué pour l’un d’entre eux.) Mais bon, est-il vraiment nécessaire de préciser que non, les garçons coréens ne sont pas tous beaux ? Et puis, si j’ai décidé qu’il n’y aurait pas de place pour eux dans ce top, c’est aussi parce que celui-ci est rempli de choses encore mieux !! A commencer par…

10. Les poissons ! Je trouve ici des maquereaux deux voire trois fois plus grands qu’en France. Les eaux du Pacifique réussiraient-elles mieux à la faune marine locale ? Autre poisson très charnu que j’ai découvert il y a peu : le samchi ou Scomberomorus niphonius de son nom scientifique (on l’appellerait en anglais le « maquereau espagnol japonais, » sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre…) Moi qui ne cuisine jamais de poisson en France, je n’hésite pas ici à parcourir le rayon poissonnerie. Une fois que j’ai fait mon choix, j’explique ce que je souhaite faire de la bête (la frire en général) et voilà qu’on me l’a découpe, nettoie, assaisonne bien comme y faut…
Puisqu’on parle de nourriture, j’accorde un bon point aux fruits, dodus et sucrés et qui déçoivent très rarement (contrairement à ceux que l’on trouve en France, pays obsédé par la chaîne du froid, adepte de la cueillette précoce et des produits pas mûrs et trop acides.)

9. Le naebok ou sous-vêtement coréen à manches et jambes longues et  qui est en réalité bien plus qu’un sous-vêtement. C’est l’habit passe-partout des enfants qui leur sert de pyjamas, de jogging, de tenue de jeu… A quoi cela sert-il de tirer nos bambinos à quatre épingles si c’est pour qu’ils aillent user leurs jolies culottes courtes sur les balançoires et toboggans ? Moi je dis, longue vie au naebok !

8. L’ambiance pyjama party des les halls d’immeubles à la nuit tombée. Bon. Le terme « party » est peut-être un peu fort, mais c’est assurément très « pyjama. » On se ballade en chaussons et en bermuda ou jogging (non, pas en naebok quand même – enfin, je parle pour les adultes, hein). D’aucuns fument leur dernière cigarette de la journée. D’autres font le tri de leurs ordures ménagères, promènent le chien, ou berce bébé qui a le sommeil difficile. Plus personne ne fait attention à son apparence et c’est amusant de pouvoir constater que le monsieur du 9ème a le mollet bien poilu.

7. La salle de bain coréenne. Toute carrelée, entièrement étanche, elle est équipée d’un siphon d’évacuation, façon douche italienne, qui rend donc son nettoyage d’une facilité déconcertante. Armé du pommeau de douche, c’est parti pour un arrosage intensif des murs, du sol, de la cuvette des toilettes…

6. Le symbolisme ambiant, essentiellement issu de croyances superstitieuses ou chamanistes. Si l’on creuse un peu, on finit toujours par trouver un symbole caché (ou évident) derrière toute chose, que ce soit dans la forme du ravioli du nouvel an ou la couleur du naebok (encore lui !) offert aux parents avec l’argent de son premier salaire. C’est assez fascinant, la façon dont les coréens s’en accommodent au quotidien. Prenons par exemple le nane, cette plante de la famille des orchidées qui se retrouve systématique dans les bureaux des administrations et des entreprises. De part ses feuilles, poussant droit, chacune dans une direction mais sans jamais se croiser, la plante incarnerait les vertus – très appréciées – de l’intégrité et de la droiture. Lorsque l’on sait la corruption qu’il peut exister dans certains milieux, la profusion de nanes dans certains lieux très fréquentés (public ou clientèle) peut prêter à sourire.

5. Le moyushil, une pièce (propre et au calme) spécialement réservé aux mamans qui allaitent et que l’on trouve aux endroits stratégiques (aéroports, parcs, grands magasins…) On peut aussi y changer bébé et le coucher pour sa sieste en toute sérénité. Très appréciable.

4. La langue coréenne, à commencer par son alphabet, le hangeul. Parce que visuellement, c’est quand même bien joli. Et puis le coréen, c’est amusant à apprendre, surtout lorsqu’on commence à décortiquer les expressions, locutions, dictons etc. En ce moment, je me régale de tous ces mots-valises que j’entends dans la bouche des jeunes et qui sont souvent de savants jeux de mots. (J’ai beaucoup rigolé à 생파  qui veut a priori dire « poireau cru » mais qui est en réalité la contraction de… 생일 파티 !) 

3. Le hyodo. Traduit en français par « piété filial, » ce concept semble fermement ancré dans le cœur des coréens. Bien qu’il me soit encore difficile d’en sonder la profondeur, ce sentiment de devoir vis-à-vis des parents est – comme tout sentiment ardent – mieux exprimé par des gestes et des actions. Les plus bels preuves de hyodo dont j’ai pu témoignées étaient télévisées. Dans cette émission consacrée à la réunion entre parents ayant été d’une façon ou d’une autre séparés de leurs enfants et ces derniers, devenus grands, j’ai notamment vu ce jeune homme s’agenouiller à terre (preuve ultime de respect) devant sa vieille mère qui l’avait tout bonnement abandonné lorsqu’il était gamin. Décidément, il n’y a pas plus beau que le hyodo (dit-elle en essuyant une larmounette.)

2. L’éducation, l’affaire de tous ! En France, faire une sortie avec ses enfants est une épreuve pour les parents. Au moindre caprice de leur progéniture, les voici crucifiés du regard par la foule des spectateurs affligés. En Corée, dans cette même situation, je m’attire des sourires de sympathie tandis que l’on demande à mon fils de ne pas « rendre la vie difficile » pour sa maman ! De même, Monsieur Choi ne va pas hésiter à remonter les bretelles du garçon qui traverse la rue en courant devant sa voiture. En l’absence des parents (où sont-ils d’ailleurs ?), il faut bien que quelqu’un fasse le travail ! Et si l’on en croit les titres que la langue coréenne attribue aux adultes, nous en avons l’autorité car nous sommes toutes et tous les tantes (이모 ou아줌마) ou les oncles (아저씨) des petits enfants coréens.

1. Le hanbok, ou le costume traditionnel coréen (pour femme, je précise, car je n’ai pas essayé le costume masculin.) Avec sa jupe ample que l’on serre non pas autour de la taille mais au-dessus de la poitrine (sous les aisselles si vous voulez), elle gomme toute silhouette ! Très pratique lorsqu’on a des petits « excès » à dissimuler et que l’on n’a pas le temps de faire un régime. Hop. On enfile un hanbok et d’un coup, on retrouve toute la grâce et l’élégance d’un as de pique. Et, cerise sur la gâteau : c’est bien plus confortable qu’un kimono ou une qipao ! On peut même faire de la balançoire avec. Je trouve bien dommage qu’on ne le sorte plus que 2 fois par an. Aussi, après le hangeul day, je propose l’instauration d’un hanbok day avec obligation de le porter toute la journée !

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27 juin 2010

김씨 표류기 – Castaway On The Moon

castaway05Chaque année, près de 500 personnes se jettent de désespoir dans les eaux du fleuve Han qui traverse Séoul d’Est en Ouest. Monsieur Kim est de ceux-là. Mais le fleuve a fait la fine bouche et l’a rejeté sur les berges d’un îlot désert, où les seules traces d’une civilisation toute proche sont un pied de pont de quelques dizaines de mètres de hauteurs, et un tas de détritus. Le voici naufragé en plein cœur de la capitale.

Si la perspective de mourir noyé lui semblait plus douce que sa propre existence, celle de mourir de faim s’avère en revanche bien plus angoissante. Pour échapper à cette indésirable fin, il va lui falloir apprendre à approvisionner son environnement, domestiquer les maigres ressources à sa disposition. De suicidaire il devient survivant et découvre – non sans joie – que la faim rend intelligent (ou du moins débrouillard), et que bonheur et paresse font finalement bon ménage.

Son « HELP », tracé à la hâte sur la plage dès le premier jour de son exil forcé, s’est transformé en un triomphant « HELLO » narguant les quelques 18 millions d’habitants de cette métropole hyperactive dont Kim se croit dorénavant affranchi. Jusqu’au jour où il fait la découverte d’une bouteille contenant une réponse à son message…

Des personnages cocasses, maladroits, attachants et de peu de mots. L’histoire d’une rencontre si peu anodine qu’on aimerait y croire (ou l’avoir écrite). Bref, un grand « j’aime » pour Madame Choi qui ne regrette pas cette petite séance de rattrapage. Le film est pourtant passé inaperçu lors de sa sortie en salles en 2009, alors qu’il avait pas mal d’atouts pour plaire, à commencer par son improbable pitch, puis son casting (dont l’increvable Jeong Jea-yeong qui décidément excelle dans les rôles comiques).

Titre VO : 김씨 표류기
Titre anglais : Castaway On The Moon
116 minutes
Réalisé par Lee Hae-jun
Avec Jeong Jae-yeong, Jeong Nyeo-weon
Sorti en corée : 14 mai 2009
http://www.kims2009.com/

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16 juin 2010

단오 – Dano : offrez un éventail pour souhaiter un agréable été !

단오 선물은 부채요, 동지 선물은 책력이라.
Le présent de Dano est un éventail,
celui de Dongji est un calendrier.

Selon le calendrier lunaire, Dano, que l’on appelle également suritnal ou cheonjungjeol, correspond au cinquième jour du cinquième mois de l’année, et coïncide souvent avec le solstice d’été, dont il marque le début. En 2010, Dano tombe aujourd'hui, 16 juin. Cette fête est aussi célébrée en Chine et au Japon où on l’appelle respectivement Duanwu jie (plus communément connu sous l’appellation de « fête des Bateaux-Dragons ») et Tango no Sekku.

Autrefois considéré comme l’un des quatre jours de fête les plus importants du calendrier coréen, Dano était l’occasion pour les villageois de se rassembler pour des festivités qui pouvaient durer plusieurs jours, et durant lesquels l’alcool coulait à flot. Des tables d’offrandes étaient dressées devant lesquelles on se prosternait en priant pour d’abondantes récoltes. On participait également à de multiples jeux et divertissements. Les jeunes filles s’envolaient sur les balançoires tandis que les hommes se mesuraient les uns aux autres dans des tournois de ssireum (lutte coréenne, au corps à corps et à mains nues.) On pouvait aussi assister à des spectacles de talchum (danse du masque) et de théâtre masqué.

La gourmandise emblématique de Dano est un petit gâteau de riz plat, rond, coloré et décoré de motifs en relief. Il est notamment assaisonné à l’armoise ou à diverses plantes médicinales (qui lui donnent ses couleurs.)

Superstitions et croyances

L’armoise médicinale baignée de rosée au matin de Dano servait à soigner les plaies, traiter les coliques et soulager les accouchées. Les femmes se lavaient les cheveux avec de l’eau parfumée à l’iris pour les renforcer et les rendre brillant, tandis que les hommes inséraient une racine d’acore dans leur ceinture, pour rester en bonne santé.

dano

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06 avril 2010

한식 – Hanshik, l’autre Toussaint

On fait souvent le parallèle entre la Toussaint et la fête coréenne des récoltes Chuseok, durant laquelle on rend hommage aux ancêtres. Néanmoins, le calendrier coréen compte une autre journée consacrée à la visite des tombeaux ancestraux : Hanshik, dont la date est fixée au cent-cinquième jour suivant le solstice d’hiver. Ce jour de fête d’origine chinoise, que l’on trouve également au Japon, était autrefois considéré comme aussi important que les célébrations de Seollal, Chuseok et Dano. En Corée, les sépultures qui parsèment les montagnes prennent la forme de petits monticules de terre recouverts de gazon, et nécessitent donc un entretien régulier. Dès l’époque de Goryeo (918-1392), les fonctionnaires obtenaient, le jour de Hanshik, une permission spéciale pour aller se recueillir sur les tombes de leur famille (et procéder à leur désherbage par la même occasion.)

Par ailleurs, le terme Hanshik se traduit par « nourriture froide ». En effet, il était autrefois coutume de ne servir ce jour-là à table que du riz cuit la veille et des aliments crus. A l’origine de cette tradition, un mythe impliquant un haut dignitaire chinois du nom de Gaejachu (ou Jiezitui en chinois) qui vécu durant la dynastie Jin. Chassé par un perfide ministre, il se serait exilé sur le mont Myeon. Le souverain parti à la recherche de ce précieux conseiller mais ne put le convaincre de quitter son ermitage. Aussi mit-on le feu à la montagne dans l’espoir de le contraindre à fuir son repaire. Or personne ne sorti du brasier. Ainsi, en mémoire de Gaejachu qui fut brûlé vif ce jour-là, on n’allume pas de feu le jour de Hanshik.

Cette légende est parfois dédaignée en faveur d’une autre tradition qui voulait qu’au début du printemps, on éteigne le « vieux feu » pour en rallumer un nouveau. C’était l'empereur en personne qui avait la tâche d’allumer un nouveau feu au sein de palais. Celui-ci était ensuite distribué aux haut dignitaires et fonctionnaires de la cour qui se devaient de le transmettre aux gens du peuple. Contraintes logistiques obligent, cette cérémonie revêtait plus une valeur symbolique et le peuple se contentait d’éteindre le feu de l’année passé puis d’en rallumer un nouveau au lendemain de Hanshik.

Les paysans choisissaient également cette date pour commencer à semer leurs champs. On croyait que s’il pleuvait le jour de Hanshik, les récoltes seraient bonnes. Cette pluie porte d’ailleurs le nom de mulhanshik et est associée aux larmes destinées à apaiser l’âme de Gaejachu.

물한식에 불단오라.
Pluie de Hanshik, soleil de Dano.
C’est le vœu des agriculteurs qui espèrent ainsi optimiser leurs récoltes.

한식에 죽으나 청명에 죽으나
Mourir le jour de Hanshik ou mourir le jour de cheongmyeon…
Expression qui équivaut en français à notre bonnet blanc ou blanc bonnet
car la date du jeolgi cheongmyeon coïncide avec celle de Hanshik.
(En 2010, cheongmyeon était le 5 avril et Hanshik, le 6.)

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06 mars 2010

경칩 (Gyeongchib) – Le jour où les p’tites bêtes se réveillent

Vous l’aurez sans doute constaté, ce blog est était en hibernation. Nous sommes entretemps entrés dans l’année du Tigre, et Daeborum (première pleine lune de l’année selon le calendrier lunaire) est déjà dernière nous. Il est donc grand temps de sortir Madame Choi de sa torpeur. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, il se trouve qu’aujourd’hui, sur mon calendrier coréen, il est inscrit sous la date, en petits caractères : 경칩 (Gyeongchib)

Il ne s’agit pas d’un jour férié mais d’un jeolgi (절기) que l’on peut traduire par segment, période, solar term en anglais, ou encore jieqi (le terme chinois). Au nombre de vingt-quatre (soit 2 par mois), ils rythment depuis des millénaires le calendrier solaire agricole en vigueur en Corée mais aussi en Chine, au Japon et au Vietnam. (Wikipedia vous en dit plus.)

Selon ce calendrier donc, aujourd’hui marque la fin du long sommeil hivernal pour les animaux. C’est à cette période que l’on faisait autrefois la chasse aux grenouilles dont les œufs étaient censés fortifier le corps. On récoltait aussi la sève des arbres pour entre autre soigner les maux d’estomac, et l’on entreprenait de nombreux travaux tels que terrassement ou construction de murs, en vue de passer une année à l’abri du malheur.

A ce propos, vous aurez peut-être remarqué que certains arbres chanceux ont passé l’hiver bien au chaud, emmitouflés d’une parure de paille, dont ils devront d’ailleurs se séparer incessamment. Qui saura deviner à quoi sert ce rustique manteau ?

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