Ni fumée, ni brouillard, ni même pollution (quoique…), cette purée de pois qui s’était installée sur la capitale pendant deux jours (mais que les averses d’hier et d’aujourd’hui ont dissipée) était en fait composée de particules de sable en provenance des déserts chinois et mongols, de l’autre côté de la Mer Jaune. Phénomène typiquement printanier, le 황사 (“Asian dust”) est surveillé de près par l’équivalent de Météo France en Corée et il est fortement conseillé, lorsque ces nuages jaunes viennent balayer la péninsule, de ne pas s’attarder dehors trop longtemps pour éviter « d’ensabler » ses voies respiratoires.

Bien que ce phénomène météorologique ne soit pas nouveau*, il semble chaque année s’aggraver. Parmi les solutions mises en œuvre pour tenter d’enrayer le problème, la plantation de jeunes arbres destinés à « fixer » le sable des zones désertiques concernées. Le gouvernement coréen a d’ailleurs annoncé son intention d'investir 950 000 $ dans le projet Greenbelt, dont l’objectif est de planter 3 000 hectares de forêt en Mongolie d'ici 2016. Une solution à long terme dont les effets ne seront pas perceptibles avant un moment…


* On en retrouve la trace jusque dans les annales de Silla de l’an 174, qui à l’époque faisait référence à une « pluie de terre », 우토 (雨土) en coréen.