Au marché de Gyeongsan (Séoul), il y a deux semaines :
AJUMA (en regardant Bébé Choi) – Oh, mais qu’il est beau votre petit-fils !
BELLE-MAMAN – Merci bien.
AJUMA – Il ressemble à sa maman, dis donc.
BELLE-MAMAN – Oui, c’est vrai. Mais il a aussi un peu du papa quand même.
AJUMA – Qu’est-ce qu’il marche bien.
BELLE-MAMAN (en s’adressant à Bébé Choi) – Non, non ! Pas par là ! Et on ne touche pas aux affaires des autres.
AJUMA – Non, laissez faire. Cela ne me dérange pas. Tiens (en parlant à Bébé Choi), tu peux monter là si tu veux. Tu as soif ? Attends, j’ai quelque chose pour toi. (Elle ouvre le petit frigo de sa boutique et en sort une bouteille de soda). Tiens, c’est pour toi. Tu aimes ça, non ?
BELLE-MAMAN – Oh mais ce n’est pas la peine.
AJUMA – Mais si, c’est pour le petit, hein.
BELLE-MAMAN – Merci bien alors.

Un peu plus tard, j’ose demander :
MADAME CHOI – Au fait, cette dame, vous la connaissez ?
BELLE-MAMAN – Du tout. C’est la première fois qu’on s’adresse la parole.
MADAME CHOI – Ah.


J’ai déjà été témoin à maintes reprises de la générosité des gens en Corée. De parfaits inconnus qui, à la vue de Bébé Choi, deviennent tout sourire, farfouillent dans leur sac et en sortent une boîte de gâteaux, une sucette, un fruit, ou encore des bonbons « pour le petit ». Il faut croire que Bébé Choi sait déjà charmer son monde, avec son sourire et ses faux airs de grand timide. Lorsque je vais faire les courses à la supérette du coin, Bébé Choi ne repart jamais les mains vides. Une ajuma particulièrement fan lui offre systématiquement quelque chose à grignoter (petits gâteaux, riz soufflé, tomate cerise…) Conclusion : si vous faites de beaux bébés, d’autres se chargeront de vous les gâter !