A la veille de l’impopulaire visite annuelle du premier ministre japonais, Monsieur Junichiro Koizumi, au sanctuaire Yasukuni, en mémoire des combattants japonais morts au cours de la seconde guerre mondiale (dont 14 officiers reconnus criminels de guerre, consacrés en tant que « martyrs de Showa »), les associations et particuliers se mobilisent pour manifester leur désaccord face à ce que certains qualifient de « grave violation des droits humains, culturels et religieux (…) ».yasukuni

Il y a tout d’abord le dérangeant choix de cette date du 15 août, date à laquelle, il y a 61 ans, capitulait le Japon face aux alliés. La veille, l’empereur Hirohito annonçait à son peuple, par le biais de Radio Tokyo, sa décision de se rendre afin de « restaurer la paix et faire cesser la terrible menace qui pèse sur le peuple japonais. » Celui-ci venait en effet de subir les deux premières attaques nucléaires de toute l’histoire humaine. Rares sont les pays commémorant ainsi leurs échecs militaires. Et pourtant, Koizumi est le troisième Premier ministre japonais à rendre officiellement visite au Yasakuni Jinja (qui se traduit littéralement par « sanctuaire de nation en paix »).

Pour les pays victimes de l’expansionnisme militaire du Japon (et en Asie, ils sont nombreux), honorer ces martyrs criminels revient à cautionner les antécédents militaristes de cette ancienne puissance impériale et oppressive. Fort heureusement, certains japonais commencent à adresser leur passé sous un nouvel angle, à l’image de cette déclaration de Ken Watanabe, qui affirme que la première étape vers une meilleure compréhension de son histoire passe par l’acceptation de celle-ci. L’Allemagne a reconnu sa dette. Le Japon doit à son tour affronter ses fantômes et prendre enfin ses responsabilités avant de ne s’aliéner les dernières sympathies qui lui restent encore en Asie.

Dans les médias coréens : The Korea Times (EN)

La réponse de M. Koizumi : Cyberpresse