Célébrée depuis l’époque de Silla, la fête de 대보름 (Daeboreum) a lieu 15 jours après le commencement de la nouvelle année lunaire, à l’occasion de la première pleine lune du calendrier. Les amateurs de noix et de cacahouètes peuvent s’en régaler à volonté ce jour-là. Traditionnellement, on les décortiquait avec les dents afin de renforcer ces derniers et les garder en bonne santé jusqu’à l’année suivante. Le bruit de ce dépiautage en règle était également censé faire fuir les mauvais esprits.

collageA table, on fait honneur aux légumes, habituellement au nombre de neufs, qui accompagnent le riz garni appelé 오곡밥 (qui veut dire « riz aux cinq céréales ») agrémenté de haricots rouges, de châtaignes, de sorgho et de millet. Le 약밥 ou 약식 (gâteau de riz parfumé à la cannelle et garni de châtaignes, pignons de pin, dates séchées et noix) vient à point clôturer ce banquet végétarien très well-being en somme, destiné à réveiller l’appétit perdu durant les mois d’hiver ainsi qu'à se prémunir de la canicule estivale. Daeborum est aussi certainement l’une des rares occasions où l’on autorise les enfants à jouer avec le feu. Ce jeu traditionnel s’appelle 쥐불놀이 (« jeu du feu et de la souris ») et consiste à faire tournoyer un récipient dans lequel rougeoie un petit feu. Il servait autrefois à faire fuir, en prévision des semailles printanières, les souris et rats des champs qui auraient niché dans les meules (que l'on brûlait par la même occasion).

L’importance que l’on accorde encore aujourd’hui à cette fête tient en la croyance du pouvoir de cette première pleine lune de réaliser les vœux et de prédire les évènements à venir. Une pleine lune grisâtre promet une année de famine tandis qu’une lune rougeâtre est annonciatrice de sécheresse. Croisez donc les doigts pour une lune claire, brillante et bien visible, celle qui prédit une période faste et prospère.